Читать онлайн "Baisse la pression, tu mes les gonfles !" автора Дар Фредерик - RuLit - Страница 1

 
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San-Antonio

Baisse la pression, tu me les gonfles!

roman

A mon cher Fred HIDALGO en souvenir des temps anciens

SAN-A.

En ce temps-là, San-Antonio dit à ses disciples

— Regardez bien les hommes. Et maintenant, regardez-moi!

«Vous ne trouvez pas que je leur ressemble?»

AVANT-PROPOS

Elle avait travaillé en qualité d'infirmière, dans sa jeunesse — ce qui remontait à lurette. Il lui en restait une certaine connaissance des maux et des mots.

Elle dit au médecin, alors qu'il examinait son bonhomme:

— Cela a commencé par des frissons, une très forte température, de la céphalée, une rachialgie lombaire, des vomissements, de la constipation et des douleurs épigastriques.

Le toubib auscultait Sammy Ferguson en pensant qu'au retour il devrait montrer sa Chevrolet au garagiste. Elle produisait un cliquetis inquiétant et il craignait pour ses soupapes.

Mrs. Ferguson ajouta:

— Vous savez à quoi j'ai pensé, docteur, quand j'ai vu surgir une éruption de type morbilliforme?

Le médecin ne répondit pas. Il était en train de se dire qu'il consulterait le garagiste plus tard car il devait passer visiter Molly Heigerter, laquelle se plaignait de n'importe quoi pour le seul plaisir de le faire venir chez elle. Pendant qu'il l'examinait, elle lui caressait la queue à travers son pantalon. Il feignait de ne pas s'en apercevoir mais prolongeait l'auscultation pour permettre à la salope de mener les choses à leur terme. La dernière fois, il avait déchargé dans son calbute, ce qui procure un bonheur intense, mais se révèle source d'ennuis par la suite, à moins de disposer d'une salle de bains et d'un slip de rechange. Il avait demandé «après» la permission d'aller «se laver les mains», ce qu'on lui avait accordé bien volontiers et en toute compréhension, mais il avait eu beaucoup de mal à remettre de l'ordre dans son futal. Néanmoins, ce nouvel appel de Molly Heigerter allumait tous les feux de l'enfer sous sa peau!

Mrs. Ferguson ne se laissa pas déconcerter par son silence et reprit:

— J'ai pensé à la variole, docteur.

Cette fois, le médecin haussa les épaules.

— La variole n'existe plus, mistress Ferguson. Elle a été totalement vaincue et même dans les contrées les plus reculées d'Afrique, elle se tient tranquille.

Il bandochait confortablement en songeant à Molly Heigerter. La hâte du cul l'emparait et le vieux Ferguson commençait à lui battre les roustons avec ses vésicules rosâtres pleines d'un liquide transparent (il lui en avait pressé une pustule!).

La vieille dame n'insista pas.

— Alors ce serait quoi, selon vous, docteur?

— Une grippe intestinale d'origine virale entraînant une éruption de boutons.

Si Molly Heigerter «remettait ça», tout à l'heure, il est probable qu'il réagirait et même participerait. Il avait envie de lui faire minette car elle possédait des cuisses pulpeuses et une chatte qu'il devinait délectable. Pour terminer, il l'amènerait au bord du lit, les jambes pendantes et l'enfilerait à la langoureuse, se tenant appuyé au matelas, de part et d'autre de la patiente, du plat des mains, ce qui lui permettrait de la voir prendre son pied. Pourtant, il s'était toujours promis de ne jamais copuler avec une cliente. Nombre de ses confrères qui s'étaient laissés aller à ce genre de faiblesse avaient eu à la regretter par la suite. S'il sautait Molly Heigerter, devrait-il lui faire cadeau de la consultation?

— Vous dites qu'il n'a plus de température? grommela le bon docteur Smith.

— La fièvre est tombée brusquement, au quatrième jour, et cela aussi m'a fait penser à la variole, assura-t-elle timidement.

Le toubib prit une voix grondeuse:

— Ecoutez, mistress Ferguson, je ne veux plus entendre ce mot de variole tombé en désuétude! Si quelqu'un d'autre, appartenant au corps médical, vous entendait, il se moquerait de vous!

Elle eut un acquiescement éperdu, pétri d'excuses en vrac.

— Je disais parce que…

— Alors ne dites plus, je vous en conjure!

Il se redressa, rabattit la veste de pyjama de son patient et fourra son stéthoscope dans sa grande trousse noire.

— Je vais vous faire une ordonnance, dit-il. Le fait que la température soit tombée indique que nous sommes dans la phase finale de cette grippe. Surtout: ni laitages, ni végétaux crus jusqu'à nouvel ordre!

Il eut de la peine à marcher, à cause de son sexe dilaté. Décidément, il s'embroquerait la Molly, c'était décidé. Il avait passé une nuit blanche à l'hôpital où il était de garde et la fatigue attisait ses sens.

A trente-cinq ans, tu ne peux pas charrier un membre de cette vigueur tout au long de la journée. D'autant que son épouse n'était pas opérationnelle depuis la veille et que son assistante avait congé.

Il rédigea l'ordonnance promise, adressa un hello distrait au malade, donna une tape sur l'épaule de sa rombière et s'éclipsa.

Sa chignole cliquetait de plus en plus. Smith en fut chagriné; ces sales cons de garagistes jouent de l'ignorance de leurs clients plus impunément que les toubibs, retenus par leur conscience. Peut-être que le bruit de la Chevrolet était dû à une cause bénigne mais le père Cassidi, le garagiste, prétexterait des avatars compliqués pour lui présenter à l'arrivée une note longue comme un rouleau de papier peint! Salaud!

Quand il atteignit le cottage des Heigerter, posé, tel un jouet, sur une pelouse vert pomme, il fronça les sourcils en apercevant la camionnette du mari devant l'entrée. Son désir se mit à panteler. Merde! Si les époux se mettaient à rester chez eux dans la journée, son job allait perdre une bonne partie de ses attraits!

Fred Heigerter vint lui ouvrir, le visage soucieux.

— Ah! vous voilà, doc! Je me fais du souci pour Molly.

— Qu'est-ce qui se passe?

— Elle est en pleine anorexie: quatre jours qu'elle n'a rien avalé, sinon du thé froid! A croire qu'elle a décidé d'entreprendre une grève de la faim, cette connasse!

— Des problèmes dans le ménage? questionna Smith, l'œil vaseliné.

— Bon, disons qu'elle n'est guère en train pour accomplir son devoir conjugal.

Il rit, comme un con qu'il était. Un beau vrai et total con, songea le docteur. Un con indéniable, flagrant! Presque réconfortant si on y réfléchissait.

— Et ça crée un conflit? insista le praticien.

— Ben, ça crée que je déteste me mettre la ceinture, doc, comprenez-moi! Un couple, il est fait pour fonctionner, non?

— Certes, admit loyalement l'arrivant. Bon, je suppose qu'un peu de déprime passe par là; les femmes sont des bibelots fragiles, vous savez, Fred. Je vais essayer de voir ce qu'il y a dans sa petite tête. Vous devriez nous laisser. Si elle vous sent présent dans la maison, elle risque de ne pas se confier pleinement.

— Vous avez raison. J'ai quelques sacs d'engrais à livrer à Lake City, je vais en profiter!

Il grimpa sans plus attendre dans sa camionnette et ce que le docteur Smith ressentit pour lui à cet instant ressemblait à une solide amitié d'enfance.

Il était reconnaissant à cet indicible cocu de se retirer si volontiers, si prestement, lui laissant le champ et le cul de sa femme absolument libres.

Le docteur regarda s'éloigner la camionnette blanche où s'étalait, en vert végétal, la raison sociale du cornard.

Réconforté par tant d'infinie complaisance, il gagna la chambre de Molly. Elle l'attendait dans une chemise de nuit transparente, décolletée jusqu'aux abords du nombril. C'était une jolie fille aux cheveux châtain foncé avec des reflets roux, et à la peau très pâle parsemée de taches de son. Elle possédait un regard bleu sombre, pratiquement marine, qui faisait passer des messages.

     

 

2011 - 2018