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Habitué de la Revue blanche et de journaux comme le Rire, il exécute des gravures sur bois d’une facture large, aux noirs et blancs vigoureusement tranchés. Les nabis influencent sa peinture, surtout de 1892 à 1898. Par la suite, il revient au réalisme minutieux de ses débuts, poussé jusqu’au trompe-l’oeil et en même temps stylisé. Citons : le discordant et savoureux Bain au soir d’été (1892, musée des Beaux-Arts, Zurich) ; la Source, un de ses premiers nus (1897, Modern Art Foundation Oscar Ghez, Genève) ; le Bon Marché, triptyque (1898, coll. priv., Suisse) ; le Dîner, effet de lampe (1899, musée national d’Art moderne).

Édouard Vuillard (Cuiseaux, Saône-et-Loire, 1868 - La Baule 1940). Nul autre nabi n’a été plus intimiste que lui. Le paysage, à part quelques rares essais, l’a peu attiré, les nus pas davantage.

Vuillard emploie pour ses nombreuses downloadModeText.vue.download 96 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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décorations d’appartements bourgeois un procédé de décorateur de théâtre, la peinture à la colle, qui donne un aspect satiné à la surface de ses oeuvres : panneaux pour l’appartement de Paul Desmarais (1892, coll. priv., Paris) ; salle à manger d’Alexandre Natanson (Jardins publics, 1894, musée national d’Art moderne et musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles) ; appartement de Claude Anet (1898, coll.

priv., Londres)… Dans ses premières oeuvres de nabi, qui le rapprochent le plus de Bonnard, vers 1890-1892, son style s’apparente à celui des estampes japonaises : la Ravaudeuse (1891, mu-sée national d’Art moderne). Ses tons préférés sont pendant toute sa vie les gris, les verts rompus, les blancs très discrets.

B. C.

F Gauguin / Symbolisme.

M. Denis, « Étude sur Sérusier » in P. Sérusier, A. B. C. de la peinture (Floury, 1943). /

S. Barazzetti-Demoulin, Maurice Denis (Grasset, 1945). / T. Natanson, Peints à leur tour (A. Michel, 1948). / F. Jourdain, Félix Vallotton (Cailler, Genève, 1953). / A. Humbert et J. Cas-sou, les Nabis et leur époque, 1888-1900 (Cailler, Genève, 1954). / P. Mornand, Émile Bernard et ses amis (Cailler, Genève, 1958). / C. Chassé, les Nabis et leur temps (Bibl. des arts, 1960). /

J. Salomon, K. X. Roussel (Bibl. des arts, 1967) ; Vuillard (Gallimard, 1968). / M. Vallotton et C. Goerg, F. Vallotton, catalogue raisonné de l’oeuvre gravé et lithographie (Bonvent, Ge-nève, 1972).

Nabuchodonosor

Transcription hébraïque de NABOU-

KOUDOUR-OUTSOUR II, roi de Babylone (605-562 av. J.-C.), le plus illustre de cette dynastie chaldéenne (626-539 av.

J.-C.) qui a créé un empire à partir de la basse Mésopotamie.

Les conquêtes

Fils du fondateur de cette lignée, Nabou-apla-outsour (Nabopolassar)

[626-605], Nabuchodonosor dirige les armées de son père en 607 et en 605, au moment où les Babyloniens prennent la succession des Assyriens en Asie occidentale. Il vient de battre les Égyptiens à Kargamish (Karkemish) et à Hamâ-

tou (Hamath), et de les expulser du couloir syrien, lorsque la nouvelle de la mort de son père l’oblige à revenir à Babylone. Le nouveau roi de Babylone consacre un grand nombre de campagnes à écraser les révoltes que les pharaons ne cessent de susciter contre lui dans le couloir syrien : à Ascalon (604), chez les Arabes (599), en Juda (601-597 et 589-587), à Tyr (v. 585-572). Il finit par détruire Jérusalem,

annexer le royaume de Juda et déporter une partie de sa population en Mésopotamie ; il oblige les Tyriens à accepter sa domination, mais il échoue à plusieurs reprises dans l’invasion du delta du Nil. Il fait également campagne en Cilicie (592 et 570) et dans le royaume d’Élam, à qui il aurait enlevé la ville de Suse.

Les constructions

Tirant d’énormes ressources des tributs des cités du couloir syrien et du commerce qui traverse son empire, Nabuchodonosor s’illustre également par ses grands travaux, qui continuent l’oeuvre de son père à Babylone et dans les autres villes de basse Mésopotamie. Le roi, qui dispose des matériaux les plus recherchés de son temps, achève la restauration des temples et des ziggourats ainsi que la construction des palais de la capitale. Et c’est lui qui est le seul auteur des fortifications de tout ordre qui protègent la ville de Babylone et les principales agglomérations de la basse Mésopotamie contre les Mèdes : en effet, les Babyloniens redoutent maintenant une brusque attaque contre leur pays, dont les richesses doivent tenter ces demi-Barbares campés dans l’extrême nord du pays des Deux-Fleuves depuis la destruction de l’Assyrie (612-609).

Une figure prestigieuse

Cette oeuvre considérable de guerrier et de bâtisseur qu’il évoque dans ses inscriptions nombreuses et stéréotypées est tout ce qui nous permet d’entrevoir la personnalité de Nabuchodonosor.

Elle invite à voir en lui un grand roi, à qui la civilisation babylonienne (VIIe-VIe s.) devrait tout son éclat, car l’ordre et la prospérité qui l’avaient rendue possible ne survivent pas à la mort du vainqueur de Jérusalem, suivie d’une série de drames de palais et d’un déclin irrémédiable.

G. L.

F Babylone / Mésopotamie.

S. H. Langdon, Die neubabylonischen Kö-

nigsinschriften (Leipzig, 1912). / L. Delaporte, les Peuples de l’Orient méditerranéen (P. U. F.,

coll. « Clio », 1938). / D. J. Wiseman, Chronicles of Chaldaean Kings (Londres, 1956).

Nagoya

V. du Japon, dans l’île de Honshū.

La conurbation de Nagoya (5 mil-

lions d’habitants, dont 2 millions environ pour la ville proprement dite) se situe sur le Pacifique, à 180 km d’Ōsaka et à 360 de Tōkyō. Nagoya exerce entre les deux métropoles une fonction dirigeante sur quatre préfectures environ, méritant le nom de « Chūkyō » (capitale du Centre) que lui donnent aussi les Japonais. Son essor est cependant bien plus récent et ne remonte guère qu’à la restauration de 1868. Jusque-là, cette grosse capitale féodale ne se distinguait guère des autres cités provinciales, tout en étant une des plus importantes (100 000 hab.). Elle béné-

ficiait, il est vrai, d’avantages substantiels : une vaste plaine (Nōbi) comme arrière-pays, une baie peu profonde à proximité (site semblable à ceux de Tōkyō et d’Ōsaka) et surtout sa position sur le Tōkaidō, axe majeur de la vie japonaise, reliant la capitale féodale d’Edo (Tōkyō) à la métropole religieuse de Kyōto et au grand centre commercial d’Ōsaka. Ces avantages se concrétisèrent à la construction de la voie ferrée, sur laquelle Nagoya devint le centre d’un réseau local très dense.

L’essor de l’industrie textile attira dès lors à Nagoya une main-d’oeuvre abondante, venue de l’arrière-pays montagneux. La chance de Nagoya fut d’avoir des édiles clairvoyants, qui, à la différence de tant de municipalités japonaises, surent guider très tôt la croissance de leur ville et l’adapter de façon concertée aux exigences de la vie économique moderne, lui donnant ainsi une avance dont son essor actuel n’a fait que profiter.

La ville résulte de la fusion de deux noyaux urbains, l’un situé dans la plaine autour de la butte portant le châ-

teau et l’autre centré sur le vieux sanctuaire d’Atsuta, dont l’annexion, en 1907, dota l’agglomération d’un rivage et d’un port. Rivage dangereux, toutefois, que celui de la baie d’Ise, ravagé par de terribles typhons, alors que la baie est sujette à une lente subsidence,

génératrice d’inondations redoutables.

De 250 000 habitants en 1898, Nagoya passa à 600 000 en 1920 et à 1,5 million en 1940. À ce moment, la guerre rasa à peu près complètement la moitié de la ville, et, sur le terrain ainsi dé-

blayé, celle-ci amorça sa remarquable croissance actuelle.

Le paysage urbain s’ordonne en

fonction de cette évolution. Le quartier des affaires, qui forme un quadrillage régulier de larges avenues, s’étend au sud du château ; banques, sièges sociaux des grandes compagnies, grands magasins, hôtels s’y alignent en blocs de hauteur régulière. Ce réseau divise la cité en carrés de 500 m de côté, dans les mailles desquels des rues également perpendiculaires mais moins larges assurent la circulation locale. Au croisement de deux avenues larges d’environ 100 m se trouve le carrefour de Sakae, coeur de l’agglomération. Les commerces de gros sont ici nombreux, une des principales fonctions de la ville étant la redistribution. Au sud de la voie ferrée, les quartiers industriels se déploient jusqu’au port, traversés de nombreux canaux. Filatures de coton (qui ont fait la fortune de la ville à ses débuts), scieries, cimenteries, industries diverses confèrent à ces quartiers un aspect manufacturier. Sur la mer, enfin, des polders qui s’étendent sans cesse au large portent des installations sidérurgiques et pétrochimiques.