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Le cheptel est estimé à 2,5 millions de bovins, plus de 3,5 millions de moutons et 1,5 million de chèvres. Le Sud est une région d’élevage extensif du mouton, et en particulier du mouton karakul (la production de peaux d’agneaux karakul approchait 4 millions en 1969), tandis que le Centre et le Nord sont surtout des régions d’élevage bovin extensif par les Bantous et, pour une faible partie du troupeau, dans de vastes fermes européennes de plusieurs milliers d’hectares, autour de Windhoek.

Mais la principale ressource du territoire est l’industrie minière (environ la moitié du produit intérieur brut et le tiers de celui-ci pour la seule extraction des diamants). Le diamant est exploité en gisements alluviaux le long du lit-

toral et sur le plateau continental, au nord de l’embouchure de l’Orange.

Le cuivre, le plomb et le zinc sont exploités dans les districts de Tsumeb et Grootfontein dans le nord du territoire, et le manganèse à Otjiwarongo.

De nouveaux gisements d’étain ont été découverts à Cape Cross, au nord de Walvis Bay.

L’industrialisation concerne surtout le traitement du poisson (env. 1 Mt de prises par an), seconde richesse de la Namibie, à Walvis Bay notamment : pilchards et langoustes en conserve ou congelés, huile et farine de poisson. Il existe aussi des brasseries, des tanneries et quelques conserveries de viande.

Le territoire possède 2 325 km de voies ferrées. L’axe principal relie Windhoek à Upington (et donc au ré-

seau ferré de la république d’Afrique du Sud) avec des bretelles vers les ports de Lüderitz et de Walvis Bay. Il existe deux bretelles vers l’intérieur, l’une vers Otjiwarongo et les districts miniers de Tsumeb et Grootfontein, l’autre vers Gobabis.

R. B.

L’histoire

Avant l’arrivée des Européens

Les plus anciens occupants du pays, les Bochimans, ont laissé une étrange sculpture, qui a longtemps intrigué les spécialistes, et des peintures rupestres, telle la Dame blanche, du Brandberg.

Les Bochimans ont été rejoints par les Namas, branche des Hottentots ; les Namas résulteraient d’un ancien métissage entre des Bochimans et des Hamites : les migrations des Bantous les auraient peu à peu refoulés. En pratique, venus d’Afrique orientale, les Namas arrivent en Afrique australe vers le XIIe s.

Vers 1550-1600, des Bantous (ce

terme désigne essentiellement des ethnies assez diverses parlant des langues voisines), Hereros et Ovambos, apparaissent dans la région ; ils refoulent les aborigènes, mais ne dépasseront guère la région de Windhoek. Au

XIXe s., les Namas, dominés pendant

trois siècles par les Bantous, regagnent du terrain ; les uns sont des « Néo-Namas », repoussés de la colonie du Cap par la colonisation boer, les autres sont des « Basters », métis de Namas et de Boers, à qui ils ont emprunté la langue afrikaans, et de qui ils ont appris l’usage des armes à feu.

Ces migrations, ces mouvements

de populations, fort complexes, expliquent la dispersion actuelle des groupes ethniques : les Bochimans ont été refoulés dans les zones désertiques et semi-désertiques, les Namas sont confinés dans le sud du pays, les « Basters » dans le centre, les Hereros dans le centre-nord, et les Ovambos dans le nord, au sud du territoire de l’Angola.

La pénétration allemande

Si on excepte l’expédition de Willem Van Wick en 1738 et plusieurs incursions le long des côtes du Sud-Ouest à partir du Cap, les Boers ne s’intéressent guère au pays ; c’est une région peu attrayante, dont la côte est désertique ; on trouve très vite, à l’est, le Kalahari, ce qui réduit sensiblement la surface utile. Cependant, des missionnaires allemands, agissant pour le compte de la London Missionary Society, avaient créé, dès le début du XIXe s., un centre de prédication ; cet établissement connut des difficultés lors des conflits entre les

« Néo-Namas », venus de la colonie du Cap, et les Bantous. À partir de 1840, la London Missionary Society cède la place à des missions allemandes ; des postes sont alors fondés : Windhoek (1842), Rehoboth (1845). Tandis que la lutte entre Néo-Namas et Bantous se poursuit, les « Basters » effectuent une migration tout à fait semblable aux trek des Boers ; ils s’installent en 1870 au sud de Windhoek. Des Boers, quittant l’Afrique du Sud, pénètrent aussi dans le pays, mais, le trouvant trop aride, partent s’installer en Angola (1877).

De leur côté, les Anglais, sous

l’égide de la Royal Geographic Society, explorent partiellement le pays (1836-1861) ; en 1878, ils annexent Walvis Bay. C’est un commerçant allemand, installé à Angra Pequeña, qui, après avoir baptisé ce site de son nom (Lüderitzbucht), achète des terres avec

l’appui des missions installées à Betha-nie et permet la pénétration allemande.

En avril 1884, Bismarck assure Adolf Lüderitz (1834-1886) et ses établissements de la protection du Reich.

Les Allemands créent alors plusieurs compagnies, une pour l’élevage, une autre pour les mines, une enfin, à vocation multiple, où sont associés des capitaux allemands et britanniques. Le pays, d’abord confié à la Société coloniale allemande, est officiellement pris en charge par l’État en 1892.

La lutte contre les tribus

Les tribus, surtout les Hereros, ayant refusé de se placer sous la tutelle allemande, incitées parfois à la résistance par des agents anglais, les Allemands passent à l’offensive : après plusieurs semaines de lutte, les Hereros signent un « traité de protection » le 15 septembre 1884. Le Sud-Ouest africain, à partir de cette date, devient une terre d’élevage (dans la zone fertile) ; des colons allemands obtiennent de vastes domaines au détriment des Africains.

Le soulèvement des Hereros

(1904)

En dépit des traités de protection, les Hereros demeuraient en état d’insoumission ; toutefois, les Allemands, jouant habilement sur les antagonismes entre les diverses tribus, avaient pu se maintenir. En 1904, un mouvement

plus important se développe, dirigé par un chef que les Allemands avaient eux-mêmes placé à la tête des Hereros, Samuel Maharero (1856-1923) ; pendant ce temps, certaines tribus namas se révoltent aussi. Les Hereros gardent downloadModeText.vue.download 100 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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l’initiative pendant plusieurs mois ; mais, à partir d’août 1904, ils sont refoulés vers le nord, puis écrasés à la bataille de Hamakari. La répression qui suit est très dure ; elle soulève des protestations en Allemagne elle-même : en effet, le général L. von Trotha organise des ratissages où il fusille tous les

Hereros qu’il rencontre, combattants ou non. La révolte des Namas est également écrasée.

L’opinion internationale vit dans cette campagne un génocide ; les autorités anglaises publièrent, à ce sujet, un Livre blanc, en 1918, dénonçant les atrocités des Allemands dans le Sud-Ouest africain.

L’installation de l’Afrique du Sud Pendant la Première Guerre mondiale, le général Louis Botha (1862-1919), Premier ministre de l’Afrique du Sud, cède aux injonctions des Anglais et attaque le Sud-Ouest africain. Dès 1915, le territoire passe sous l’autorité de l’Afrique du Sud ; les attaques, en effet, aboutissent à la prise de Windhoek le 11 mai 1915, et les troupes allemandes se rendent le 9 juillet de la même année. En 1920, l’Afrique du Sud obtient un mandat de type B

(administration directe) ; les Africains passent donc sous l’autorité du Cap, mais leur situation ne s’améliore pas pour autant.

La domination allemande, qui a duré trente ans, a laissé peu de traces : actuellement, 24 p. 100 de la population parlent allemand, 67 p. 100 afrikaans et 9 p. 100 anglais.

La colonisation prend une grande

extension après 1915, favorisée par une importante aide publique. La lé-