gislation sud-africaine est introduite ; elle permet de confiner les Africains dans les réserves, de fournir une main-d’oeuvre abondante et bon marché aux entreprises agricoles et industrielles.
Cependant, le gouvernement du Cap cherche à se débarrasser de la tutelle internationale. Il affirme bientôt sa souveraineté sur le Sud-Ouest africain —
ce que la S. D. N. conteste — et envisage d’incorporer le pays dans l’Union comme cinquième province. En fait, le statu quo juridique est maintenu, mais une intégration de fait s’accomplit.
L’annexion totale
Dès 1946, Le Cap réclame l’annexion et rejette la tutelle des Nations unies ; en 1948, le docteur Daniel François Malan (1874-1959) accède au pou-
voir. L’annexion est réalisée. Elle se traduit d’abord par l’intégration politique et administrative à l’Union sud-africaine ; en second lieu, le système de l’apartheid est étendu au Sud-Ouest africain.
Un conflit permanent oppose
l’Afrique du Sud aux Nations unies, aux États africains, à l’O. U. A. (Organisation de l’unité africaine) et à l’opinion publique mondiale. Mais les textes, les résolutions multiples restent sans effet.
Depuis août 1966, un mouvement
de libération, le S. W. A. P. O. (South West African People’s Organization) a engagé un processus de résistance militaire.
A. S. et P. P.
F Afrique du Sud (république d’).
R. I. Lovell, Struggle for South Africa, 1875-1899 (New York, 1934). / C. A. Lüderitz, Die Erschliessung von Deutsch Südwest-Afrika (Oldenbourg, 1945). / C. Dundas, South West Africa : The Factual Background (Le Cap, 1946).
/ J. P. Van S. Bruwer, South West Africa, the Disputed Land(Le Cap, 1966). / J. H. Wellington, South West Africa and its Human Issues (Oxford, 1967).
Namur
Province de Belgique ; 3 660 km 2 ; 384 000 hab. Ch.-l. Namur.
La province est une zone de den-
sité plus faible entre des régions très peuplées de l’Europe du Nord-Ouest.
Située de part et d’autre du sillon Sambre-Meuse, elle s’étend surtout au sud et comprend la partie peu industrialisée de ce sillon, entre Charleroi et Liège.
Six régions orientées O.-S.-O. - E.-
N.-E. s’y succèdent du sud au nord : l’Ardenne au sens strict, plateau de roches siliceuses vers 300 à 400 m ; une bande de roches calcaires, plus basse, puis une bande de roches schisteuses, plus basse encore (100 à 200 m) : Famenne à l’est, Fagne à l’ouest ; le Condroz, des reliefs allongés formés de grès, vers 300 m, alternent avec des
creux dans les calcaires ; une étroite bande de roches siliceuses, plus éle-vée, l’Ardenne condruzienne ; le sillon Sambre-Meuse ; un morceau de Hes-baye, plateau de craie recouvert de limons vers 150 à 200 m.
À chacune de ces régions corres-
pondent un paysage et une économie agricole différents. En Ardenne, la forêt occupe 60 p. 100 du sol, l’élevage est prépondérant avec quelques cultures ; dans de petits villages se groupent des maisons-blocs, massives. En Famenne, la forêt couvre les hauteurs, ailleurs l’herbe domine. En Condroz, l’herbe occupe plus de la moitié de la S. A. U.
(surface agricole utile), l’élevage est prépondérant, les maisons-cours se groupent en gros villages. Au nord du sillon, le paysage est très différent, une grande place est accordée au blé (20 p. 100 de la S. A. U.) et à la betterave à sucre ; l’habitat est toujours groupé. L’agriculture n’emploie plus que 9 000 personnes (22 000 en 1947) ; les exploitations se sont agrandies ; les trois quarts de la surface sont occupés par des exploitations de plus de 20 ha.
La forêt couvre le tiers de la province ; l’agriculture, sauf dans le nord, est essentiellement orientée vers l’élevage bovin, qui assure les deux tiers du revenu. Mais rendements et revenus sont inférieurs à la moyenne nationale.
L’industrie utilise 45 000 personnes (38,6 p. 100 seulement des actifs) ; les petites et moyennes entreprises dominent. Les parties ardennaise et condruzienne ne sont pas dépourvues de ressources : bois, eau, carrières, tradition métallurgique, mais on n’y rencontre que quelques petits centres industriels, métallurgiques notamment (Couvin, Ciney, Thy-le-Château, Anhée). Les fermetures ont été nombreuses. Au nord, autour de Gembloux, sont produites des machines agricoles, de la coutellerie, des matières plastiques. Dans le sillon Sambre-Meuse, le bassin houiller s’interrompt ici, et la province constitue un secteur peu industrialisé entre les régions de Charleroi et de Liège. Au centre, à Namur, existent des industries alimentaires, des papeteries, un peu de métallurgie ; à l’est, vers Andenne, des carrières, des fonderies, des usines de produits
réfractaires, de matières plastiques.
Mais c’est à l’ouest que se situe le seul grand ensemble industriel, celui de Basse-Sambre, groupant 22 p. 100
de la main-d’oeuvre industrielle. On y extrayait du charbon encore récemment ; à côté d’industries mécaniques et métalliques, les deux branches les plus importantes sont la glacerie-verrerie (quatre usines à Auvelais, Jemeppe, Moustier, Franière) et l’industrie chimique (groupe Solvay à Jemeppe), installée sur le charbon ; elle reçoit par pipe-line de l’éthylène d’Anvers et de la saumure d’Allemagne. Cet ensemble se rattache, industriellement, à Charleroi.
Le tourisme dispose de nombreux
atouts : forêts, rivières célèbres : Se-mois, Viroin, la partie la plus belle de la vallée de la Meuse, etc., les grottes dans les calcaires (Han, Frasnes, Couvin), des villes pittoresques, riches d’art et d’histoire, Dinant, Philippe-ville. Cependant, la province ne béné-
ficie que de 4,5 p. 100 des nuitées du royaume.
Le tertiaire occupe plus de la moi-tié des actifs et c’est le secondaire qui doit être renforcé. Le produit intérieur brut est faible et la croissance est lente.
Pourtant, la situation démographique est satisfaisante (ce qui est exceptionnel en Wallonie) : la population augmente alors que les emplois stagnent.
Mais 25 000 personnes travaillent en dehors de la province ; dans le sud surtout, les densités risquent de devenir trop faibles.
La province espère valoriser sa position sur la voie d’eau Sambre-Meuse, et sur la route Charlemagne (Paris-Dinant-Ciney-Ruhr) et surtout sur le carrefour de E41 (l’autoroute de Wallonie) et de E40 (Bruxelles-Namur-Ardenne).
Ce réseau routier devrait contribuer à renforcer le réseau urbain autour de la ville de Namur, qui regroupe, dans son agglomération, un peu plus du cinquième de la population provinciale.
La ville de Namur
Elle compte 32 000 habitants, au coeur d’une agglomération de l’ordre de 80 000 ; le taux de croissance est appréciable
(9 p. 100 de 1961 à 1969), et le solde migratoire est positif.
Le site est intéressant : à la confluence de la Sambre et de la Meuse, au croisement de l’axe sambro-mosan et de la route Bruxelles-Ardennes-Luxembourg, un promontoire entre les deux rivières a servi de site primitif pour la défense. Occupé actuellement par la citadelle et des espaces culturels et de loisirs, il est devenu un des éléments attractifs. Le noyau de la ville actuelle est localisé sur la rive gauche de la Sambre, les remparts successifs dessinant des auréoles dont la dernière est occupée par le boulevard Léopold et le boulevard Cauchy. La route méridienne se retrouve dans le tracé de la rue de Fer et de la rue de l’Ange. Au nord, Saint-Servais et au sud, de l’autre côté de la Meuse, Jambes ont un caractère plus industriel.
La ville a relativement peu d’industries : le bassin houiller s’interrompt à cet endroit ; le secondaire n’occupait que 47 p. 100 des actifs en 1961, et sa part a encore reculé. Les industries se situent à la périphérie : papeteries à Saint-Servais, meunerie à Beez, conserverie alimentaire à Jambes, un peu de métallurgie.
Le tertiaire, par contre, occupe 70 p. 100