Le nationalisme marque le monde
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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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politique (Maurice Barrès*, Louis Marin). Mais l’université reste le principal foyer d’animation. L’expansion démographique ne se ralentit guère ; cependant, l’absence d’un plan d’urbanisme conduit à un développement anarchique des faubourgs. Les grandes industries continuent à faire défaut ; le commerce suffit à occuper une agglomération qui a fortement accru sa population au XIXe s. (de 31 000 hab. en 1836 à 102 900 en 1914).
M. P.
L’urbanisation
contemporaine
La croissance de la ville s’est poursuivie, entre les deux guerres, mais à un rythme modéré, la Moselle voisine et l’Alsace étant redevenues françaises.
Par contre, depuis 1955 environ, le taux de croissance a augmenté. Cependant, l’urbanisation s’est toujours faite selon le processus de la tache d’huile. Ainsi, au sud, à l’ouest et à l’est quelques importants lotissements
(Z. U. P. de Vandoeuvre-lès-Nancy, Cité des Provinces à Laxou, quartier de la Californie à Jarville-la-Malgrange) ont été réalisés. L’ensemble du Haut du Lièvre, qui groupe une vingtaine de milliers de personnes, a été implanté sur le rebord du plateau de Haye. La rive droite de la Meurthe a été plus difficile à urbaniser. Ce n’est qu’au cours des dernières années que Saint-Max, Malzéville et Essey-lès-Nancy ont été saturés de constructions, surtout individuelles. L’inconvénient de ce système de conquête du sol est que les équipements collectifs n’ont pas suivi.
La population de la ville, qui était de 119 900 en 1911, retombe à 113 000
en 1921 pour ne plus augmenter que faiblement (et même régresser récemment). Cette évolution est liée au fait que les communes de l’agglomération s’accroissent. La population de cette dernière (Nancy inclus) est ainsi passée de 229 400 habitants en 1962 à 289 000
en 1975.
Les fonctions
L’ancienne capitale du duché de Lorraine n’a pas la réputation d’être un grand centre de l’industrie, qui y emploie 35 p. 100 de la population active. Néanmoins, on trouve un certain nombre d’usines importantes (alimentation, métallurgie de transformation, chaudronnerie, machines, cristallerie).
L’essentiel de la production est exporté. Le voisinage immédiat est plus industrialisé : Pompey (aciérie), Champigneulles (brasserie), Dombasle et La Madeleine (sel-soude), Frouard (chaudronnerie). Une partie de la main-d’oeuvre travaillant dans ces communes habite, néanmoins, Nancy. L’industrie nancéienne contraste avec celle des communes voisines, où le grand établissement l’emporte. À Nancy, il est difficile de distinguer un quartier vraiment industriel. Le fait que la population de la ville n’augmente pas et que celle-ci manque d’emplois secondaires a entraîné la constitution d’un district urbain en 1959. Douze communes le constituent. Le district s’occupe des problèmes de l’eau, des transports en commun, de l’enseignement secondaire, des acquisitions foncières, des ordures ménagères, de l’éclairage pu-
blic, de la sécurité, de l’équipement et de la voirie. Il a été décidé d’aménager deux zones industrielles, à Ludres et à Heillecourt. Malheureusement, les usines sont assez rares ; on a dû faire appel à des entreprises relevant du secteur tertiaire.
Nancy est avant tout une ville tertiaire. Sur le plan de la distribution des produits, son aire d’influence s’étend surtout dans le sud de la Lorraine et les Vosges. Vers le nord, elle est en concurrence avec Metz, la limite correspondant à peu près aux limites de l’ancien département de la Meurthe (avant 1871). Le commerce est concentré dans le quartier délimité par la gare, la rue Saint-Jean, la rue Saint-Dizier et la place Stanislas. Bien que Nancy soit une ville où pratiquement toutes les rues se coupent à angle droit, de sérieuses difficultés de circulation subsistent. Eurofoire, foire européenne installée à l’extérieur, marque l’ouverture de la ville sur l’Europe. La ville compte un certain nombre de directions régionales à l’échelle de la Lorraine : Postes, Impôts, E. D. F., Chèques postaux, I. N. S. E. E., etc. Mais c’est surtout l’enseignement supérieur qui donne son cachet à la ville, où le grand nombre de jeunes frappe le visiteur. Les trois universités nancéiennes groupent plus de 23 000 étudiants (en comprenant les I. U. T. de Longwy et d’Épinal). Nancy possède toutes les facultés dites « traditionnelles ». Il s’y ajoute deux I. U. T. et huit écoles d’ingé-
nieurs. Les constructions universitaires du centre de la ville ne permettant plus d’absorber le nombre croissant d’étudiants, de nouveaux bâtiments ont été implantés à Vandoeuvre-lès-Nancy ; les services administratifs, néanmoins,
restent en ville.
Ses richesses artistiques (musées historique lorrain [dans le palais ducal], du Fer, de l’École de Nancy, des Beaux-Arts, de Zoologie, place Stanislas, etc.) font de Nancy un centre touristique important. La ville est reliée quotidiennement par avion à downloadModeText.vue.download 103 sur 625
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Paris. D’autres relations aériennes sont à l’étude.
F. R.
F Lorraine / Meurthe-et-Moselle.
L’art à Nancy
L’élégante capitale de l’ancien duché de Lorraine se compose de deux secteurs distincts, encore appelés Vieille Ville et Ville neuve. Le premier est celui du Moyen Âge, irrégulier et pittoresque, où s’élèvent les restes du palais ducal, maintes fois incendié, mais dont subsistent, du début du XVIe s., l’élégante Porterie et la « galerie des cerfs », qui abrite aujourd’hui le Musée historique lorrain : on y admire les tapisseries de Charles le Téméraire, des oeuvres des peintres lorrains du XVIIe s. (gravures de Cal-lot*), etc. Non loin de là s’élève l’église des Cordeliers, construite sous le duc René II : elle abrite le tombeau du duc (par Man-suy Gauvain) et celui de sa femme Philippa de Gueldre, un des chefs-d’oeuvre de la Renaissance française dû à Ligier Richier*.
La Vieille Ville offre d’autres exemples de l’architecture nouvelle avec sa place des Dames (auj. Colonel-Fabien) bordée de façades de noble caractère, et des hôtels comme celui d’Haussonville (1550). À
Germain Boffrand* sont dus, au XVIIIe s., les hôtels des Loups (ou de Curel), Ferrari, de Vitrimont…
La Vieille Ville communique avec la Ville neuve par quatre portes monumen-
tales dont l’une est décorée de sculptures d’Israël Sylvestre. La Ville neuve, créée par Charles III, est pratiquement l’oeuvre de Stanislas Leszczyński, qui, attaché à préparer l’annexion de la Lorraine par la France, chercha à effacer, en y substituant de nouveaux bâtiments, les souvenirs de l’indépendance régionale. Le palais de la Malgrange, où les ducs avaient installé une manufacture de tapisseries (conservées au musée de Vienne), fut démantelé, ses matériaux servant à la construction en 1738, au sud-est de la ville, de l’église Notre-Dame-de-Bon-Secours, où sont les tombeaux de Stanislas et de son épouse, dus le premier à Louis Claude Vassé, le second à Nicolas Sébastien Adam* Le nouveau duc conçut de vastes projets urbanistiques, que réalisa son architecte nancéien Emmanuel Héré de Corny (1705-1763). La place Stanislas, aménagée de 1751 à 1755
pour relier la Vieille Ville à la Ville neuve, est bordée de bâtiments d’un classicisme gracieux dont l’un est occupé par l’hôtel de ville, un autre par le musée des Beaux-Arts, riche d’un Ribera, d’un Philippe de Champaigne, d’un Poussin, de la fameuse Bataille de Nancy de Delacroix et, joyau de la collection, de la Vierge à genoux du Pé-
rugin. Délimitée par les célèbres grilles du ferronnier nancéien Jean Lamour (1698-1771), associées aux fontaines de Barthé-
lemy Guibal (1699-1757), la place Stanislas se relie par un arc de triomphe à la place de la Carrière, également aménagée par Héré. Les bâtiments de celle-ci sont d’un style plus sobre ; au fond se trouve l’ancien palais du gouvernement, précédé d’une élégante colonnade ionique.