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Nanterre, très vaste (1 220 ha), s’urbanisa d’abord au sud-est au contact de Puteaux et le long de la route de Saint-Germain-en-Laye, puis au nord, au contact de Colombes, avec l’hospice départemental de vieillards, construit de 1875 à 1883. Le centre de la commune fut longtemps rendu inutilisable par de vastes carrières de plâtre et de moellons (la Carrière aux Loups) couvrant plusieurs dizaines d’hectares. Les plus anciennes activités industrielles consistèrent dans la fabrication de diverses matières premières chimiques à partir des produits d’équarrissage ; l’élevage de porcs fut longtemps très important.

Des usines importantes se sont installées dès avant 1914, surtout à l’ouest et au nord-ouest, le long de la Seine, à la place d’anciennes sablières : usine à gaz, centrale thermique, entrepôts d’hydrocarbures, papeterie, entrepôt de tabac, mais aussi les automobiles Simca au sud-est, puis, pendant la Première Guerre mondiale, un important entrepôt de matériel aéronautique militaire. Il fut remplacé à partir de 1964

par les premières facultés de lettres et de droit, détachées de la Sorbonne, devenues en 1969 l’université de Paris X.

Nanterre est une commune très in-

dustrielle qui renferme quelques gros établissements : sept de plus de 500 salariés, dix-sept de 200 à 500 salariés, plus quelques dizaines de plus petits.

Les branches les mieux représentées

sont, par ordre décroissant : les accessoires et pièces détachées pour cycles et autos, les matériaux et fournitures pour le bâtiment et les travaux publics, l’électricité et l’électronique, la fonderie et grosse chaudronnerie, les industries alimentaires (margarine, pâtes, condiments), la papeterie, la parfume-rie, les machines-outils et l’outillage mécanique.

La plus grande partie de la commune est située dans la zone B du secteur d’aménagement de la Défense. Elle a recueilli des entreprises industrielles chassées de Courbevoie et Puteaux. On y a construit l’importante préfecture du département des Hauts-de-Seine et une école d’architecture. Il est question d’y édifier un musée du XXe s. et le ministère de l’Éducation nationale. Nanterre est desservie par le R. E. R. (ligne Auber-Saint-Germain-en-Laye), avec la station Nanterre-Université (autrefois Nanterre-La Folie) et sera ainsi reliée directement au Châtelet, au centre de Paris. Elle sera traversée également par l’autoroute A 14 venue de la Défense, et qui rejoindra à Orgeval l’autoroute de Normandie.

J. B.

F Hauts-de-Seine.

Nantes et

Saint-Nazaire

Villes et ports du départ. de Loire-Atlantique, dans la Région des Pays de la Loire.

Nantes, chef-lieu du départe-

ment et capitale de la région, compte 263 689 habitants, son agglomération 462 134 (septième agglomération

française). Saint-Nazaire, chef-lieu d’arrondissement, compte 69 769 habitants, son agglomération 120 252

(jusqu’au Croisic). Les deux villes ont été associées, en décembre 1964, dans une même reconnaissance de

« métropole d’équilibre » de la France de l’Ouest ; leurs deux ports sont gérés par un même organisme autonome.

La situation

Nantes et Saint-Nazaire occupent,

dans une disposition classique de doublet portuaire, les deux extrémi-tés de la Loire maritime. Sur le fleuve lui-même, à 54 km de la mer et 16 de l’estuaire, Nantes jouit d’avantages de situation et de site tôt appréciés. En un point où la marée se fait encore sentir, une profonde mouille en Loire, la Fosse (le nom lui est resté dans son célèbre quai), fixe le terme de la navigation océanique, à sa jonction avec la batellerie et les routes de terre vers l’intérieur. La confluence en vis-à-vis de l’Erdre et de la Chézine, descendues du nord, ainsi que de la Sèvre Nantaise, débouchant de la Vendée et du Poitou, servait les relations transversales, aidées dans le franchissement du fleuve par la présence de grandes îles.

La remontée du socle armoricain sur la rive droite, amorçant à la colline de l’Ermitage (belvédère Sainte-Anne) la cassure tectonique du Sillon de Bretagne, mettait la ville à l’abri des inondations et définissait, dans la dernière courbure de l’Erdre, un site propice à la défense. Ici est née la ville primitive, dès l’Antiquité. Saint-Nazaire, sur le front de mer, commande l’entrée de l’estuaire. Le bloc cristallin sur lequel il s’appuie, basculé au nord, lui fait au sud une côte rocheuse, l’isole au downloadModeText.vue.download 107 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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revers des marais de la Grande Brière.

Saint-Nazaire est beaucoup plus récent que Nantes. Ce n’était en 1830 encore qu’un bourg de pêcheurs et de pilotes lamaneurs de 80 feux. Ses origines sont directement liées à l’histoire contemporaine du grand port nantais.

Y. B.

Nantes des origines

à la fin du XVIIIe s.

Nantes est fondée par la tribu gauloise des Namnètes. Les Romains l’appelle-ront Condevicnum ou Condevincum ; elle se compose alors d’une bourgade au confluent de l’Erdre, d’un port et d’une autre bourgade sur la rive gauche, Ratiatum, l’actuelle Rezé, au confluent de la Sèvre Nantaise.

Le christianisme est prêché dans la région nantaise par saint Clair vers la fin du IIIe s. Rogatien et Donatien, dits

« les Enfants nantais », et l’évêque Si-milien y seront martyrisés (IVe s.).

Ville de commerce et d’administration sous les Romains, Nantes est ravagée ensuite lors des invasions barbares par les Huns (453), les Saxons (480) et les Wisigoths (490). Clovis s’en empare en 497, puis les Bretons d’Armo-rique y établissent leur domination. Le roi Clotaire Ier en 560 reprend la ville et la fait administrer par l’évêque saint Félix, qui y entreprend d’importants travaux (568), entre autres un canal de jonction entre la Loire et l’Erdre.

Charlemagne au IXe s. soumet les

Bretons ; ses successeurs donnent Nantes en fief au comte Lambert Ier (827). En 843, son fils, Lambert II, opposé à Charles le Chauve, livre par vengeance la ville aux Normands, qui la saccagent. Les Normands sont repoussés successivement par Alain Ier le Grand (888) et Alain Barbe-Torte (937).

Au XIIe s., Nantes, comme le reste de la Bretagne, devient l’objet de la convoitise des Capétiens et des Plantagenêts : la victoire capétienne est assurée par le mariage d’Alix, héritière du duché de Bretagne avec Pierre Ier Mauclerc (1213-1237), l’arrière-petit-fils de Louis VI le Gros, qui défend la ville contre les Anglais en 1214. À partir de cette époque, le comté de Nantes se fond dans le duché de Bretagne, dont il va partager le sort. La cité fait figure de seconde capitale des ducs, qui y établissent leur Cour des comptes, y tiennent leurs états et, à partir du XVe s., y résident.

Louis XI ne réussit pas à s’empa-

rer du duché, mais à la mort du dernier duc, François II (1488), la fille de celui-ci, Anne, par son mariage avec Charles VIII (1491), puis avec Louis XII (1499), apporte Nantes et le duché à la couronne de France.

Fief catholique, Nantes, durant les guerres de Religion, se donne à la Ligue sous l’influence du gouverneur

de la Bretagne, le duc de Mercoeur. À

la fin de la guerre, le duc remet la ville à Henri IV, qui promulgue, le 13 avril 1598, le fameux édit accordant aux protestants la liberté de pratiquer leur religion.

La situation de Nantes a fait de la ville, depuis le XVe s., un important centre commercial (sel, toiles), mais ce sont les XVIIe et XVIIIe s. qui voient l’apogée de sa prospérité, favorisée par l’établissement de colonies aux Antilles. Au XVIIIe s. surtout, lorsque le commerce avec les Antilles devient libre (en 1726, la Compagnie des Indes rend leur liberté aux armateurs), le commerce triangulaire avec la traite des Noirs, celui du sucre, du tabac, du rhum, des bois précieux et de l’indigo font la fortune des grandes familles d’armateurs et de commerçants nantais, qui subventionnent l’établissement de distilleries, de raffineries et de chantiers de construction navale.