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Les industries alimentaires comptent 7 500 actifs, 8 p. 100 des emplois industriels. Tenues par leurs origines, elles sont pour 90 p. 100 d’entre elles localisées à Nantes. Parmi les principales, on notera le raffinage du sucre (un millier d’emplois), la chocolaterie, la semoulerie de tapioca, la rizerie, la minoterie, la féculerie, les huileries, la laiterie, la fromagerie, les crèmes glacées ; la conserverie et la biscuiterie surtout. De Nantes, dont l’un des industriels exploitait un brevet pris par Appert en 1809 sur la « confiserie » (la conserverie), sortaient en 1824 les premières boîtes métalliques de sardines, alors soudées. Saint-Nazaire, Le Croisic et La Turballe ont des conserveries de sardines et de thon. À

la conserverie de poissons se sont ajoutées celles des viandes et surtout des lé-

gumes. La basse Loire produit 20 millions de boîtes de conserves de 1 kg par an (2 200 salariés). La biscuiterie nantaise, rendue célèbre par ses grandes maisons (deux à Nantes, une à Saint-Michel-Chef-Chef), livre 20 p. 100 de la production française de gâteaux et biscuits (2 000 salariés). Nantes a aussi une importante brasserie.

Le secteur chimique est plus res-

treint : 5 000 emplois, 5 p. 100 du secteur secondaire. Nantes fabrique des briquettes et agglomérés de charbon, des engrais, des savons, des vernis, des peintures, des pièces de caoutchouc pour chaussures et automo-

biles, des encres, du papier carbone, des stencils ; Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire, des engrais ; Paimboeuf, des produits de synthèse.

À Donges, une raffinerie de pétrole du groupe Antar, construite en 1932, a une capacité de production annuelle de 8 Mt (s’y est adjoint un complexe

pétroléochimique) et approvisionne en brut la raffinerie de Vern-sur-Seiche près de Rennes (Ille-et-Vilaine). Les industries textiles, beaucoup plus mal partagées (3 000 emplois), se limitent à la confection et à quelques entreprises de bonneterie et, nouvelles venues, de bas sans couture à Nantes et Saint-Nazaire. Nantes a enfin une manufacture de tabacs, une papeterie-cartonnerie, des imprimeries, des verreries, des tanneries, des fabriques de pantoufles, de chaussures, de meubles ; Saint-Nazaire, une grosse usine de trituration de soja pour l’alimentation du bétail.

Le palmarès est imposant : au total, 80 établissements de plus de 200 salariés, dont 10 de plus de 1 000 ; une production qui place la basse Loire au premier rang en France pour la construction navale, le fer-blanc, le tapioca, les conserves de thon, les vernis et peintures pour boîtes métalliques et tubes plastiques, le papier carbone, les encres d’héliogravure, les dumpers, les sacs en papier pour l’alimentation du bétail, au deuxième pour les conserves de sardines, les encres d’aniline, au troisième pour les réfrigérateurs ménagers ; au premier rang dans le monde pour les navires méthaniers, transportant du gaz naturel liquéfié.

Le secteur tertiaire

Avec 88 800 emplois sur 107 600 rassemblés à Nantes (83 p. 100), le secteur tertiaire est plus groupé encore que l’industrie. Au service de la grande ville, dont il représente 56 p. 100 des emplois, il en exprime aussi l’audience régionale. Centre de redistribution, Nantes compte 16 000 personnes dans les commerces de détail, 7 300 dans les commerces de gros. Elle multiplie depuis 1955 chaînes d’alimentation et grandes surfaces, a créé en 1964 le premier centre commercial de gros en France (Carquefou, 24 ha) et en 1968 un marché d’intérêt national pour la commercialisation de ses produits maraîchers. Sa foire-exposition souligne chaque année l’importance de ses transactions agricoles (grains, vins, produits d’élevage). Nantes est un gros marché de cuirs et peaux, l’un des premiers marchés mondiaux du poil angora. Centre de banques et d’assu-

rances (3 400 emplois), elle est la seule ville de l’Ouest à posséder une Bourse des valeurs. Elle a aussi une Bourse des bois. Cité d’art dans un cadre agréable, sur les routes de la Bretagne et des plages atlantiques, elle anime un mouvement touristique intense (cathédrale, églises, château ducal, musées, visite du port, promenades sur l’Erdre et la Sèvre Nantaise, fritures, parc zoologique de la Jonelière, circuit du muscadet). De Nantes rayonne sur toute la Bretagne, la Vendée, l’Anjou une puissante firme de transports routiers.

Le rôle de Nantes n’est pas moins prépondérant sur le plan des services publics et de l’enseignement. Sa gestion locale, son autorité départementale, sa promotion, en 1960, à la tête de la région de programme des Pays de la Loire portent à une vingtaine de directions et à 25 000 emplois son potentiel administratif. Elle abrite le service de l’état civil des Français de l’étranger, le service du casier judiciaire central, 13 consulats. Son centre hospitalier est le mieux équipé de toute la France de l’Ouest. Sa consécration intellectuelle est brillante. Nantes a une école nationale de la marine marchande (ancienne école d’hydrographie fondée en 1671

par les Jésuites), une école des beaux-arts, une école d’architecture, un conservatoire, des écoles techniques supérieures de mécanique, électricité, télécommunications, industries agricoles et alimentaires, commerce, un centre de promotion industrielle jouant le rôle de Bourse de sous-traitance, un centre de productivité commerciale, une école de commerce de détail, un institut des pêches maritimes. Son université, rétablie en 1962, groupe des enseignements et des centres de recherche scientifiques, littéraires, juridiques, économiques, médicaux, pharmaceutiques ; elle compte plus de 12 000 étudiants. La zone d’influence de Nantes, qui couvre la Loire-Atlantique, trois de ses quatre départements limitrophes, Vendée, Maine-et-Loire et Morbihan, et le Sud-Finistère, rassemble deux millions d’habitants.

Le rôle régional de Saint-Nazaire, en regard, paraît mince : 18 800 emplois tertiaires, 41 p. 100 de ses actifs.

Nantes l’assumait depuis longtemps

quand la ville est née. La coupure de l’estuaire l’a toujours interdit vers le sud : le pays de Retz, qui lui fait face, est dans la dépendance nantaise. Le développement de la ville en a en partie pallié le handicap. Saint-Nazaire ravissait à Savenay (en 1868) sa sous-préfecture ; il emploie 4 000 personnes dans ses administrations, 7 000 autres dans le commerce ; s’étant émancipé de la tutelle nantaise, il a sa propre chambre de commerce. Saint-Nazaire, enfin, emploie dans son port un millier d’actifs.

Le port

Le trafic du port autonome de Nantes-Saint-Nazaire atteignait, en 1974, 14,5 Mt, le classant au cinquième rang des ports français. Les échanges sont très déséquilibrés : 85 p. 100 aux en-trées, 15 p. 100 aux sorties. Les hydrocarbures représentent à eux seuls les quatre cinquièmes du total. Donges, par sa raffinerie et l’approvisionnement de celle de Vern-sur-Seiche, pèse dans le mouvement d’un poids considérable : 7 Mt de pétrole brut et 1,5 Mt de produits raffinés aux entrées, 2 Mt de raffinés aux sorties (75 p. 100 de l’ensemble du trafic). Nantes et Saint-Nazaire se partagent le reste, à raison de 19 et 6 p. 100. Nantes (importations, 2,5 Mt ; exportations, 0,3 Mt) a gardé de ses relations coloniales un important commerce de bois, de sucre, de tapioca, de bananes, d’agrumes, d’épices, reçoit des houilles (0,3 Mt contre 1 Mt avant la Seconde Guerre mondiale), des engrais (phosphates), des tourteaux, des produits métallurgiques, des métaux non ferreux, des pyrites, du soufre, du papier, des goudrons, des primeurs, des pommes de terre, des vins, des viandes, expédie ou réexpédie du fer-blanc pour un tiers de ses exportations, des houilles, des produits d’épicerie, des céréales, des matériaux de construction, des cendres de pyrites, des articles manufacturés (machines, moteurs,

objets métalliques, équipements).

Saint-Nazaire reçoit pour plus de moitié de ses importations (400 000 t sur 750 000) des oléagineux (arachide), et, pour le reste, des métaux, des engrais, des bois, des tourteaux. Il exporte des downloadModeText.vue.download 109 sur 625