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de 700 MW en construction en 1974).

Entre Lavau et Saint-Nazaire, un port polyindustriel de plus de 1 000 ha accessible à des navires de 120 000 tpl doit accueillir des entreprises mécaniques et pétrochimiques.

La construction d’un pont à l’en-

trée de l’estuaire entre Saint-Nazaire et le Mindin, commencée en janvier 1973, donnera à la ville du front de mer l’hinterland qui lui manque. La région se prête à un aménagement en vue des loisirs : de part et d’autre de Nantes sur l’Erdre et la Sèvre Nantaise, entre Nantes et Saint-Nazaire sur les hauteurs du Sillon de Bretagne exposées au midi, en Grande Brière, futur parc naturel régional, autour du lac de Grand-Lieu et de la Martinière, sur la Côte d’Amour autour de La Baule (15 193 hab.), sur la Côte de Jade autour de Pornic (8 163 hab.). Dans Nantes, un axe d’urbanisation préfé-

rentiel nord-sud a été défini de la Beau-

joire à Pirmil.

La basse Loire pourrait enfin trouver dans le contexte communautaire européen les conditions d’un bénéfique renouveau. Bien reliée à l’intérieur par chemin de fer, mais médiocrement desservie par la voie d’eau et même par la route, elle tourne un peu le dos au continent. Toutefois, la basse Loire, largement ouverte sur l’Atlantique, peut établir avec la Grande-Bretagne, l’outre-mer, le tiers monde de fructueux échanges. Déçue dans ses ambitions continentales, elle place dans sa vocation maritime ses espoirs de croissance.

Y. B.

F Bretagne / Loire (Pays de la) / Loire-Atlantique.

A. Durand, Nantes dans la France de l’Ouest (Plon, 1941). / P. Lelièvre, Nantes au XVIIIe siècle.

Urbanisme et architecture (Durancé, Nantes, 1942). / J.-S. Gauthier, Nantes (Van Oest, 1947).

/ M. Barbance, Saint-Nazaire (Crépin-Leblond, Moulins, 1948). / G. Le Guen, Aspects économiques et urbains de la reconstruction de Saint-Nazaire (Impr. réunies, Rennes, 1954).

/ C. Cabanne, Nantes-Saint-Nazaire (la Documentation française, « Notes et études documentaires », 1967). / Nantes (la Documentation française illustrée, 1967). / Organisation d’études d’aménagement de l’aire métropolitaine Nantes-Saint-Nazaire, bilan et perspectives (la Documentation française, « Notes et études documentaires », 1969). / J. Meyer, l’Armement nantais dans la deuxième moitié du XVIIIe s. (S. E. V. P. E. N., 1970). / Schéma d’amé-

nagement de l’aire métropolitaine Nantes-Saint-Nazaire (la Documentation française, 1970). / Institut de géographie et d’aménagement régional de l’université de Nantes, Atlas régional des Pays de la Loire (Technip, 1973).

Nantes, ville d’art

Nantes est l’une des plus vieilles villes de France. César y fit construire les bateaux qui portèrent ses légions en Angleterre. De son lointain passé reste un pan de mur, de petit appareil, qu’on date du IIIe s. ; d’une seconde enceinte dont la ville s’entoura au XIIIe s. demeure la « tour Neuve » du châ-

teau, que compléteront au XVe s. les puissantes fortifications subsistantes, jadis baignées par la Loire. Leurs salles des gardes conservent de belles voûtes et des chemi-

nées monumentales.

Celles du bastion dit « en fer à cheval », par sa disposition peu commune, sont particulièrement intéressantes.

Derrière ces murailles s’élèvent les anciens corps de logis ; le « Grand Gouvernement », en partie du XVIe s., converti en musée d’Art populaire régional, et le « Grand Logis », devenu musée d’Art décoratif. L’ensemble du château, respectant les éléments de la forteresse médiévale, date en fait du règne de François II, qui en fit composer les plans en 1461 par Mathelin Rodier († av. 1483).

Il fut le dernier réduit de l’indépendance bretonne.

Mais la duchesse Anne, devenue reine de France, restait fidèle au pays breton. Elle voulut que son coeur, enfermé dans une reliquaire d’or, fût déposé à Nantes, dans l’ancienne église des Carmes, d’où il est passé au musée Dobrée. Certains bâtiments du château servirent de prison, puis plus tard d’arsenal : ils seront ravagés en 1800 par une explosion des poudres.

La cathédrale, élevée sur les substructions d’une église romane dont la crypte subsiste, fut commencée en 1434. Elle présente une originalité rare : de ses cinq portails, si les trois principaux s’alignent en façade, les deux autres sont percés en retour d’équerre, au pied des deux tours.

Le portail médian est sculpté d’un Jugement dernier. L’intérieur, remarquable par la pureté des lignes de la nef, est un bel exemple de gothique flamboyant.

Dans le transept droit se voit un chef-d’oeuvre de la statuaire française de la Renaissance, le monument funéraire de Fran-

çois II et de Marguerite de Foix, sa femme, par Michel Colombe*. La sculpture du XIXe s.

est dignement représentée par le tombeau du général de Lamoricière (1879), oeuvre de Paul Dubois, qui occupe le transept gauche.

Nantes conserve de remarquables monuments d’architecture civile médiévale : la porte Saint-Pierre, assise d’énormes blocs de granit, restes de bâtiments primitifs, la Psalette, ancienne maison du chapitre de la fin du XVe s., accolée d’une tourelle où s’élève un curieux escalier à vis hélicoïdale, et tout un groupe de maisons

en pans de bois du XVIe s. Le siècle suivant est illustré par l’église de l’Oratoire, de style classique. Le XVIIIe s. est magnifiquement représenté par les hôtels du quai de la Fosse et de l’ancienne île Feydeau, dont une ligne continue de balcons de fer forgé signale le « bel étage », les balcons des étages supérieurs se limitant à la largeur des baies. Nombre de ces hôtels ont conservé leurs cheminées sculptées, leurs lambris et leurs parquets mosaïques en bois « des îles ».

L’évolution du style classique s’est poursuivie : à la générosité du style rocaille s’oppose bientôt la simplicité du néo-classicisme. Face au quai de la Fosse, d’autres quais sont aménagés et bordés de nouveaux hôtels, dessinés par deux architectes nantais : Jean-Baptiste Ceineray (1722-1811), à qui l’on doit l’élégante Chambre des comptes, aujourd’hui pré-

fecture (1764), et l’hôtel d’Aux (1765), puis son élève Mathurin Crucy (1749-1826), qui donne les plans de l’hôtel de Montaudoin, de la Bourse (1792-1812) et du théâtre Graslin (1788). L’hôtel de la Chambre des notaires reste un magnifique exemple de la décoration intérieure de style Empire.

Emules de Crucy, Pierre Rousseau (v. 1750-1810) et Pierre Vigne de Vigny (1690-1772)

construisent l’hôtel de l’armateur Grou, qu’on appela, pour l’originale disposition de son escalier, le « temple de goût ».

Créé en 1800 et constamment enrichi, le musée des Beaux-Arts de Nantes est installé dans les bâtiments construits pour lui à la fin du XIXe s.

Au début du XXe s., un charme mys-térieux se dégageait de la ville, qui sera sacrée haut lieu du surréalisme par André Breton*. Malheureusement, les destructions dues à la Seconde Guerre mondiale furent nombreuses : témoins de l’architecture moderne, les magasins Decré (1931), construits en fer et en verre par Henri Sauvage (1873-1932), disparurent sous les bombardements.

Après la guerre, Nantes bénéficie d’un vaste programme de reconstruction et d’extension, auquel participe Le Corbusier*, entre 1952 et 1957, avec la Cité radieuse de Rezé.

G. J.

P. Lelièvre, Nantes au XVIIIe siècle. Urbanisme et architecture (Durancé, Nantes, 1942).

/ Le Musée des Beaux-Arts, catalogue et guide (Nantes, 1953). / H. de Berranger, Évocation du vieux Nantes (Éd. de Minuit, 1966). / A. de Wismes, Nantes et le pays nantais (France-Empire, 1968).

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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14