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naphtalène

F AROMATIQUES (hydrocarbures).

Napier ou Neper

(John), baron de

Merchiston

Mathématicien écossais (Merchiston, près d’Édimbourg, 1550 - id. 1617).

À l’âge de treize ans, John Napier fut envoyé à l’université de Saint Andrews, la doyenne des universités d’Écosse, où il fut formé à la bonne latinité et à la théologie. Toute sa vie, il resta un protestant convaincu, et se rendit célèbre dans toute l’Europe réformée par son ouvrage A Plain Discovery of the Whole Revelation of Saint John (1593), qui eut de nombreuses éditions et traductions. On ne sait s’il fit des voyages à l’étranger suivant la coutume des jeunes nobles écossais, mais on ne retrouve ses traces au pays natal qu’en 1571.

Son oeuvre mathématique fonda-

mentale est la découverte des logarithmes, qui lui demanda une vingtaine d’années de travail continu. Il la rendit publique en 1614 dans son ouvrage Mirifici logarithmorum canonis descriptio, édité à Édimbourg, puis traduit en anglais par Edward Wright (1560-1615) et publié à Londres en 1616. Une réédition posthume du texte latin, de 1619, contient en plus la Mirifici logarithmorum canonis constructio, qui donne les procédés de construction des tables du premier ouvrage. La même année 1619, l’ensemble des deux traités fut réédité à Lyon. Comme Wright, Henry Briggs (1561-1631) s’intéressa à la découverte de Napier. S’étant mis en rapport avec l’inventeur, tous deux convinrent de modifier le système et de leur collaboration naquirent les tables des logarithmes décimaux en usage à l’heure actuelle. Rarement une telle découverte mathématique se répandit avec autant de rapidité : de 1614 à 1631, plus de vingt ouvrages sur cette question furent imprimés.

Indépendamment de Napier, les logarithmes furent découverts par Jost Bürgi (1552-1632), horloger et astronome suisse dont les tables ne furent publiées qu’en 1620, mais sont anté-

rieures à 1610. Le premier traité sur les logarithmes écrit en français parut à Paris en 1625. L’auteur en est Edmond Wingate, « gentilhomme anglois »

(1596-1657). En 1626, Denis Henrion (v. 1580 - v. 1632) publia, encore à Paris, son Traicté des logarithmes.

En 1624, Edmund Gunter (1581-

1626) fit graver sur cuivre une règle logarithmique, ancêtre de nos règles à calcul qui prirent leur forme à peu près définitive en 1654, grâce à Seth Partridge.

En plus de ses logarithmes, Napier a donné dans sa Rabdologiae, seu nume-rationis per virgulas libri duo, de 1617, un procédé semi-automatique de multiplication : les bâtonnets ou réglettes de Neper. Il définit le logarithme d’un nombre d’une façon cinématique, qui est très voisine de la définition actuelle, où le logarithme est une primitive de 1/x. Mais, comme il veut appliquer sa théorie à la trigonométrie, il prend un cercle de rayon R = 107 : Si « x » est un sinus, nombre positif inférieur à R, alors son logarithme est R.Log(R/x), l’opérateur Log désignant le logarithme hyperbolique ou naturel ou népérien :

J. I.

R. Taton (sous la dir. de), Histoire générale des sciences, t. II : la Science moderne (P. U. F., 1958). / P. Dedron et J. Itard, Mathématiques et mathématiciens (Magnard, 1960). / C. Naux, Histoire des logarithmes de Neper à Euler (Blanchard, 1966-1971 ; 2 vol.).

Naples

En ital. NAPOLI, v. d’Italie, capit.

de la Campanie ; 1 233 000 hab.

(Napolitains).

LA GÉOGRAPHIE

La ville

Naples est le principal centre urbain et

économique de tout le Mezzogiorno.

C’est la troisième ville d’Italie, après Rome et Milan. Son passé et les conditions présentes de son économie en font une cité prestigieuse, fascinante et décriée, « grande cité vivante, fébrile, malade. C’est une ville d’activité productrice et c’est une ville de misère et de chômage » (M. Coquery).

Les conditions géographiques sont bonnes. C’est le seul site portuaire vraiment favorable de Gênes à Messine, avec des possibilités de relations aisées vers un vaste arrière-pays. Le site urbain, d’une grande beauté, s’inscrit sur les dernières pentes des champs Phlégréens, qui se terminent ici en deux amphithéâtres principaux. Mais les extensions actuelles dépassent largement les limites de cette implantation primitive. Sur le littoral, de Pouzzoles jusqu’au Vésuve et aux premiers

contreforts des monts Lattari, sur près de 40 km, c’est une succession d’aires résidentielles et industrielles. L’urbanisation se diffuse vers l’intérieur, respectant encore des zones rurales. Un

« archipel métropolitain » (A. Aqua-rone) s’est constitué, mais il évolue vers une aire urbaine qui compte plus de 2,7 millions d’habitants.

Le paysage urbain est le résultat d’une longue évolution historique.

Ancienne cité grecque, puis romaine, pendant tout le Moyen Âge, Naples est enfermée dans les murs érigés au Bas-Empire, avec un faubourg important vers la mer. Le choix de Naples comme capitale par les Angevins

apporte la prospérité, et la ville commence à prendre un aspect monumental. La période espagnole est marquée par de nombreuses constructions. Sous les Bourbons, les embellissements de la ville vont de pair avec un processus d’industrialisation assez vif. Mais les conséquences économiques de l’Unité sont graves pour Naples. En dépit de dispositions visant à améliorer la situation de l’emploi, le problème chronique de cette ancienne capitale devient celui du chômage, auquel il faut ajouter un déficit permanent de logements.

Les destructions liées à la guerre aggravent les difficultés. Depuis, de gros progrès ont été réalisés. Le nombre

d’habitants par pièce est tombé de 2,11 en 1951 à 1,49 en 1961, 1,10 en 1971. L’ampleur des constructions a modifié la physionomie des quartiers et crée, par manque de concertation, d’inextricables problèmes de circulation. En arrière du port, jusqu’à la place Dante, s’étend le vieux noyau citadin. Il se signale par la densité des constructions et la pluralité de ses fonctions. On y trouve l’université, les organismes judiciaires, la Bourse, les musées. De beaux palais sont enchâs-sés dans les taudis, avec le maintien d’habitations en rez-de-chaussée (les bassi) et une prolifération de commerces. Ce quartier se soude à l’ouest avec le nouveau quartier administratif, commercial et touristique autour de Piazza Municipio, et à l’est avec le quartier commercial de Piazza Garibaldi. Vers le port, un quartier très populaire, en cours de rénovation, montre encore des baraques nées de la guerre. Sur les pentes des collines de San Martino et Capodimonte, la résidence modeste l’emporte, alors que sur celles du Vomero, du Posillipo, de Santa Lucia, Chiaia et Mergellina les belles demeures s’étalent face à la mer.

Plus loin vers l’ouest, dans la plaine de Fuorigrotta et Bagnoli, les industries, quelques services (exposition d’Outre-Mer) et les habitations sociales voisinent. De grands quartiers autonomes ont été bâtis sur le revers du Vomero et vers Capodimonte. Quant à la partie est de l’agglomération, elle est également marquée par l’alternance de complexes industriels et d’unités résidentielles, dans la plaine formée par le Sebeto (Ponticelli, Barra, San Giovanni a Teduccio), et elle se relie sans solution de continuité à Portici, Torre del Greco ou Casoria. L’extension se continue rapidement. Ces agrandissements sont le reflet du peuplement intense de la région napolitaine. En 1861, Naples comptait 447 000 habitants, elle était alors la ville la plus peuplée d’Italie ; elle le resta jusqu’en 1921. Mais, si la population a triplé en un siècle, son accroissement est plus lent que celui des autres grandes métropoles italiennes.

Cela est dû aux caractères de l’évolution démographique. C’est l’accroissement naturel qui concourt à la montée de la population. Naples a conservé de forts taux de natalité (supérieurs à

24 p. 1 000) face à des taux de mortalité très faibles (moins de 9 p. 1 000), en dépit d’une très notable mortalité infantile. L’excédent naturel est donc élevé, plus du double de la moyenne nationale. Par contre, l’apport migratoire n’a cessé de s’amenuiser. Il a été de 52 000 personnes de 1930 à 1938, de près de 12 000 personnes de 1951