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publique Parthénopéenne en janvier 1799. Restaurée au profit des Bourbons après le départ de ces dernières, mais déconsidérée par les massacres opé-

rés en juin 1799 par le cardinal Ruffo, compromise par la reine, qui s’allie aux Anglais lors de la troisième coalition, la dynastie est écartée du trône par Napoléon Ier, qui lui donne pour souverains son frère Joseph (1806-1808), puis son beau-frère Murat* (Joachim Napoléon [1808-1815]). Doté d’un

Conseil d’État, d’une Sommaria, ou cour des comptes, divisé en provinces subdivisées en districts, délivré de la féodalité, abolie le 2 août 1806, bénéficiant en 1807 d’une réforme agraire qui prescrit le partage des terres livrées à la transhumance, le royaume de Naples est enfin pourvu d’un statut constitutionnel par l’acte de Bayonne du 20 juin 1808, qui institue un Parlement de 100 membres et réserve les emplois publics aux seuls Napolitains. La mise en vigueur du Code civil en 1809, l’action du ministre des Finances, Agar, comte de Mosbourg, facilitent la rénovation du royaume. Mais l’opposition d’une partie de la noblesse et celle du clergé, l’incompréhension des populations rurales, trop pauvres pour rache-

ter les redevances, la menace navale anglaise obligent Murat à maintenir le royaume en état de siège. Ainsi s’expliquent le maintien du banditisme illustré par Fra Diavolo et le ralliement facile des Napolitains aux Bourbons, restaurés malgré la tentative faite par Murat dans sa proclamation de Rimini du 30 mars 1815 pour exploiter le sentiment national italien.

Murat, vaincu à Tolentino par les Autrichiens le 2 mai 1815, débarque le 28 septembre en Calabre pour tenter de reconquérir son royaume, mais il est capturé et fusillé le 13 octobre au Pizzo par les forces de Ferdinand IV. Restauré, celui-ci réunit Naples et la Sicile en 1816 en un second « royaume des Deux-Siciles ».

P. T.

F Aragon / Charles Ier d’Anjou / Espagne / Italie

/ Italie (guerres d’) / Médicis (les) / Murat / Sicile.

G. Yver, le Commerce et les marchands dans l’Italie méridionale au XIIIe et au XIVe siècle (Fontemoing, 1903). / R. Romano, le Commerce du royaume de Naples avec la France et les pays de l’Adriatique au XVIIIe siècle (A. Colin, 1951).

/ Y. et E. R. Labande, Naples et la Campanie (Arthaud, 1954). / E. G. Léonard, les Angevins de Naples (P. U. F., 1954). / G. Garofalo, La Monar-

chia borbonica a Napoli (Rome, 1962). / P. Vil-lani, Mezzogiorno tra Riforme e Rivoluzione (Bari, 1962). / F. Caracciolo, Il Regno di Napoli nei secoli XVI e XVII, t. I : Economia e societa downloadModeText.vue.download 118 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

7561

(Rome, 1966). / G. et H. Vallet, Nous partons pour Naples et l’Italie du Sud (P. U. F., 1966).

Napoléon Ier

(Ajaccio 1769 - Sainte-Hélène 1821), empereur des Français de 1804 à 1814

et en 1815.

Introduction

Ogre ou bien héros ? Pour condamner ou magnifier l’Empire, adversaires ou partisans ont, d’un siècle à l’autre, jugé le régime à travers l’aventure individuelle de celui qui bâtit l’Europe moderne où ils vécurent. Pour les uns, il est ce général « étranger » qui subjugue le peuple français et le sacrifie à son insatiable ambition, et qui, « pour mieux mettre tous les gens en chair à pâté, invente toutes sortes d’amusettes pour les distraire » (pamphlet contre-révolutionnaire). Pour les autres, il est, militaire et homme d’État de génie, celui qui, sauvant la France de l’Angleterre, reste à jamais « ce cavalier devant qui s’inclinent les rois » (Pouchkine). Et l’on sait comment Victor Hugo s’est fait le chantre de ce Napoléon-là : C’était un beau spectacle !

Il parcourait la terre

Avec ses vétérans, nation militaire Dont il savait les noms ;

Les rois fuyaient ; les rois

N’étaient point de sa taille

Et vainqueur, il allait

Par les champs de bataille

Glanant tous leurs canons.

Comment prendre la mesure d’un

homme déformé, de son vivant déjà, par les passions partisanes ? Guizot donne-t-il le moyen d’y parvenir ?

L’un des premiers, il le décrit comprenant mieux que tout autre « les besoins

de son temps, les besoins réels, actuels, ce qu’il faut à la société contemporaine pour vivre et se développer régulièrement ». S’emparant de toutes les forces sociales, il les dirige vers ce but, « de là son pouvoir et sa gloire ». Mais le grand homme finit par détourner « la force publique au service de sa propre pensée, de son propre désir », et non plus « au service de la pensée générale, du voeu commun » ; et le demi-dieu n’est plus alors qu’un tyran.

Héros ramené au niveau de l’histoire collective, l’Empereur, dans sa nation retrouvée, reprend-il ainsi ses véritables traits ?

Du noble corse au

Premier consul

(1769-1799)

Au début de tout il y a la Corse, où Napoléon Bonaparte naît le 15 août 1769. De l’île, à peine rattachée à la France, la tendre et ferme Maria Le-tizia lui transmettra l’héritage de la religiosité plus que de la religion, de l’orgueil tempéré par le prêche de la raison.

Corse, il se défait mal de la crainte superstitieuse : au jour des mauvaises nouvelles, il retrouve d’emblée les gestes appris étant enfant pour exor-ciser la « jettatura ». Quand, en 1804, par exemple, il connaît les premières trames du complot ourdi contre lui par Cadoudal, il croise, derrière son dos, les doigts puis laisse aller la passion :

« Le sang appelle le sang ! » s’écrie-t-il. L’homme d’État qu’il est devenu devra plus d’une fois lutter contre le désir de la vendetta.

De ces années où l’enfant est le père de l’homme, il reçoit le sens de la famille, cette première et petite patrie.

Noble corse, plus riche de parenté et de clientèle que d’écus, il sait que l’individu n’est rien en dehors des alliances tissées et de la parole donnée ou reçue.

Orgueilleux, il l’est, mais d’abord pour les siens et pour le pays réprouvé par la défaite subie. Par eux, pour eux, il a très tôt la grandeur du refus.

Son père, après avoir combattu aux côtés de Paoli, se rallie à la France et obtient pour deux de ses fils des

bourses dans les écoles du roi. À Autun (1779) comme à Brienne (1779-1784), le jeune Bonaparte est l’objet des quolibets de ses camarades. Ils rient du garçon qui prononce si mal son nom qu’on croirait qu’il se nomme « Paille-au-nez ». Mais les sarcasmes touchent d’abord son patriotisme. À ceux qui se gaussent de la défaite corse, il répond :

« Si les Français avaient été quatre contre un, ils n’auraient jamais eu la Corse, mais ils étaient dix contre un ! »

Quand l’un de ses maîtres veut, pour le punir, le faire dîner à genoux, il s’écrie : « Je dînerai debout, Monsieur, et non à genoux. Dans ma famille, on ne s’agenouille que devant Dieu. »

Il est Corse, mais aussi membre de la petite noblesse, et pour cela même plus étranger encore au milieu d’enfants qui se targuent d’être de plus haute extraction que lui. À l’expérience du mépris, il devient très vite « sombre et même farouche, renfermé presque toujours en lui-même ». Et le condisciple qui le dépeint ainsi d’ajouter : « On eût dit qu’étant sorti tout récemment d’une forêt et s’étant soustrait jusqu’alors aux regards de ses semblables, il éprouvait pour la première fois un sentiment de surprise et de méfiance. »

Désormais, il se replie dans l’étude.

Dévorant tous les livres, « il se distingue plus particulièrement par son application aux mathématiques », ce qui lui vaut d’être reçu au concours d’entrée à l’École royale militaire de Paris en 1784. Il en sortira 42e sur 137

et sera envoyé, en 1785, comme lieutenant d’artillerie à Valence. Son père vient de mourir ; il lui faudra rogner sur son maigre pécule pour aider sa mère à élever ses frères et soeurs. Le sacrifice va de soi ; il est ressenti, car chaque denier envoyé à la mère pour Elisa, Lucien ou Louis, c’est autant en moins pour le libraire. La passion de lire n’a pas quitté Napoléon. Il lit vite, laisse de côté un livre qui ne lui apporte pas le plaisir attendu pour le reprendre et le terminer plus tard. Parmi ses auteurs favoris, il y a les philosophes, Rousseau et Voltaire, d’autres penseurs politiques aussi, Mably, Mirabeau ou Necker. Mais sa faveur va surtout aux historiens, aux géographes et aux auteurs qui traitent d’art militaire. Il sait