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Une carrière, un règne

1808 20 avril : naissance à Paris de Louis Napoléon, troisième fils de Louis Bonaparte, roi de Hollande, et de Hortense de Beauharnais.

1815-1830 Hortense et ses enfants se ré-

fugient à Aix-les-Bains (Savoie), puis errent de domicile en domicile pour s’installer finalement au château d’Arenenberg, en

Suisse, sur les bords du lac de Constance.

Louis Napoléon a pour précepteur Philippe Le Bas ; il fréquente le gymnase d’Augsbourg et suit les cours de l’école militaire de Thoune.

1831 Avec son frère aîné, Napoléon Louis (qui meurt en Romagne), il participe à une insurrection libérale dans les États pontificaux.

1832 À la mort de « Napoléon II », Louis Napoléon se considère comme le chef dynastique des Bonaparte.

1836 30 octobre : échec à Strasbourg d’une tentative de prise du pouvoir.

1837 Séjour aux États-Unis ; retour en Suisse où, le 5 octobre, meurt Hortense.

1838 Installation à Londres.

1839 Publication des Idées napoléoniennes.

1840 6 août : échec d’un nouveau coup de main à Boulogne. Louis Napoléon est condamné à la détention perpétuelle au fort de Ham, où il écrira l’Extinction du paupérisme.

1846 25 mai : évasion de Ham. À Bruxelles, puis à Londres (le roi Louis de Hollande meurt le 25 juillet).

1848 À Paris ; élu dans quatre départements à l’Assemblée constituante sans avoir fait acte de candidature (juin), Louis Napoléon démissionne (juin) ; candidat, il est élu dans cinq départements (sept.) ; soutenu par le Comité de la rue de Poitiers et par l’attachement des masses au mythe napoléonien, il est élu très brillamment président de la République (10 déc.).

1848-1851 Le prince-président combat le

« péril rouge », mais entre vite en conflit avec l’Assemblée législative, à majorité monarchiste.

1851 2 décembre : coup d’État du président ; un plébiscite approuve l’instauration d’un régime consulaire (21-22 déc.).

1852 La Constitution du 14 janvier maintient le président pour dix ans avec de très larges pouvoirs ; après un « voyage d’interrogation » et un nouveau plébiscite (21 nov.), il est proclamé empereur des

Français (2 déc.) sous le nom de Napoléon III. S’instaure l’absolutisme à peu près sans réserve (v. Empire [second]).

1853 29 janvier : mariage de Napoléon III avec Eugénie de Montijo (Grenade 1826 -

Madrid 1920).

1854-1856 Guerre de Crimée.

1856 Apogée de Napoléon III ; congrès de Paris (25 févr. - 28 mars) ; naissance (16 mars) du prince impérial Eugène Louis († au Zoulouland 1879).

1858 14 janvier : attentat d’Orsini ; loi de sûreté générale (févr.).

1859 L’empereur à Turin et Milan : campagne d’Italie. Amnistie.

1860 Traité de commerce avec l’Angleterre (23 janv.) ; annexion de la Savoie et Nice (24 mars) ; Napoléon III amorce une politique libérale.

1862-1867 L’expédition du Mexique.

1865-66 Histoire de Jules César, par Napoléon III.

1865 4-12 octobre : entrevue avec Bismarck à Biarritz.

1866 3 juillet : Sadowa ; début de la politique des « pourboires ».

1867 3 novembre : Mentana.

1870 Parlementarisation relative du ré-

gime ; ministère Émile Ollivier (2 janv.) ; plébiscite favorable à l’Empire (8 mai) ; guerre franco-allemande (juill.) ; capitulation de Sedan (2 sept.) ; déchéance de l’Empire et proclamation de la République (4 sept.) ; captivité de l’empereur à Wilhelmshöhe, près de Kassel.

1871 Napoléon III quitte Wilhelmshöhe (19 mars) et s’installe en Angleterre, à Chislehurst, avec l’impératrice et leur fils.

1873 9 janvier : mort de l’empereur.

1887 L’impératrice fait transférer les corps de son époux et de son fils au château de Farnborough Hill.

Nara

V. du Japon (Honshū), 156 000 hab.

Sous le nom de Heijō-kyō, elle fut capitale impériale du Japon de 710 à 784, résidence de la cour de 710 à 794

(époque Tempyō).

Cherchant à briser l’emprise politique des familles du district d’Asuka sur la ville de Fujiwara-kyō, l’impé-

ratrice régnante Gemmyō transfère en 710 la capitale plus au nord, sur le site de Nara. Sept empereurs, dont les sépultures jalonnent encore les hauteurs de la ville, s’y succèdent jusqu’en 784. Les échanges avec la Chine des Tang (T’ang) sont alors multiples et fructueux, introduisant au Japon les coutumes du continent par l’intermé-

diaire des missions politiques et des voyages religieux.

À partir de 784, l’empereur réside à Nagaoka, avant de fixer la capitale à Heian-kyō (auj. Kyōto*) en 794. Après un siècle d’activité intellectuelle et artistique intense, Nara, privée de ses prérogatives impériales, reste pour quelque temps un centre spirituel actif, puis elle devient une petite ville provinciale, à laquelle la sobriété majestueuse de ses temples confère, aujourd’hui encore, un charme inoubliable.

Le plan à la chinoise

Heijō-kyō, comme plus tard Heian-

kyō, s’inspirait du plan en damier de la métropole chinoise de Chang’an (Tch’ang-ngan). Les rues s’y coupaient à angle droit, déterminant un vaste quadrilatère d’environ 5,7 km du nord au sud sur 4,4 km d’est en ouest.

Cependant, les principes de l’urbanisme chinois furent adaptés au système de division des terres préexistant au Japon, si bien que les îlots d’habitation (bô) — 8 îlots est-ouest, 9 îlots nord-sud — étaient de plan carré et non pas rectangulaire comme à Chang’an.

L’ancienne route axiale de la vallée du Yamato devint l’artère principale, qui séparait la ville en deux parties égales, pourvues chacune d’un marché.

Cette avenue pénétrait par la porte sud (Rashōmon) et aboutissait, au nord, au palais (dairi), près duquel étaient rassemblés les artisans. Les nobles et les religieux logeaient en ville, mais le

peuple habitait les alentours. La population (env. 200 000 personnes) com-downloadModeText.vue.download 127 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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prenait une majorité d’hommes, car beaucoup de fonctionnaires venaient seuls de la campagne pour accomplir leur charge gouvernementale.

Peu après sa fondation, la ville fut agrandie de 12 îlots dans le secteur oriental, ce qui créait une irrégularité dans le plan. L’actuelle Nara, située dans la partie est de cette extension, n’englobe donc pas la plupart des temples de la ville ancienne : Daian-ji, Hokke-ji (couvent des nonnes), Yakushi-ji, Tōshōdai-ji, Saidai-ji.

Les grands temples

L’adoption du bouddhisme comme

religion d’État entraîne l’établissement de nombreuses sectes dans la région de Nara. Sous le patronage de la famille impériale et des aristocrates, les temples se multiplient. Ils sont déco-rés par les ateliers de la cour, dont les artisans copient et illustrent les sūtras (Kalo Genzai Inga-kyō, « Sūtra des Causes et des Effets », 735, Kyōto). Au Hōryu-ji, construit à l’ouest de Nara au début du VIIe s. et augmenté de nouvelles structures comme le Yumedono (salle des rêves), s’ajoutent ainsi le Kōfuku-ji, le Yakushi-ji, le Tōdai-ji et le Tōshōdai-ji. La construction du Tōdai-ji, temple majeur des fondations de province, nécessita plus de vingt ans de travail. Outre le gigantesque Dai-butsu-den (salle du Grand Bouddha), qui abritait une statue en bronze de 17 m de haut, témoin de l’habileté des fondeurs de Nara, le monastère comprenait deux pagodes de sept étages (aujourd’hui disparues), des portes gigantesques (seul demeure le Nan-daimon) et de nombreuses annexes.