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Malheureusement, cet ensemble,

comme beaucoup de temples de Nara, fut détruit par des incendies au cours des guerres civiles (fin du XIIe s.) et des luttes entre les différentes sectes.

Reconstruit chaque fois avec des variantes dans le style comme dans la

technique, il a perdu sa grandeur d’origine. Le Shōsō-in, prototype des structures en bois destinées à contenir les trésors des temples, abrite encore les collections de l’empereur Shōmu, offertes par sa veuve en 756 au Tōdai-ji : laques, textiles, miroirs, instruments de musique, paravent décoré de « beautés sous des arbres » ont été exécutés pour la plupart, sur place, par des émules des artisans chinois.

Le kondō (temple d’or) du

Tōshōdai-ji, monastère fondé vers 759

par le moine chinois Ganjin, offre un des rares exemples bien conservés de l’architecture en bois de la fin du VIIIe s. : toits bas largement débordants, piliers massifs, supports entre les consoles. Dans l’atelier de ce temple furent créées de superbes sculptures en bois massif, imitées des oeuvres Tang, mais attestant l’habileté grandissante des praticiens japonais. Le grand art de la statuaire de Nara, dont on peut suivre l’évolution depuis le Yakushi-ji et le Kōfuku-ji, sera une source d’inspiration nouvelle pour les sculpteurs du XIIIe s. comme Unkei* et Tankei.

F. D.

F Japon / Pagode.

Narbonne

Ch.-l. d’arrond. de l’Aude ; 40 543 hab.

(Narbonnais).

Petite sous-préfecture de l’Aude, Narbonne est un carrefour routier et ferroviaire vers l’Aquitaine et la Catalogne, dans la basse plaine marécageuse entre les massifs des Corbières et de la Clape, en plein vignoble languedocien.

Dans une région aux fortes densi-

tés humaines, sur un site préalablement occupé par divers peuples, en 118-117 av. J.-C., est fondée Narbo Martius, première colonie romaine en Gaule et future métropole languedocienne. Capitale de la province, puis de la Narbonnaise, elle bénéficie : d’une situation privilégiée sur l’isthme qui permet (par l’Aquitaine) de gagner l’Atlantique ; de l’existence d’un port

actif relié à la mer par le canal de la Robine ; de la présence d’un nombre important de marchands ; de la concentration d’un monde de fonctionnaires attirés par la cour du gouverneur de la province. La densité des découvertes archéologiques permet à peine d’imaginer toute l’importance d’une ville extrêmement vivante et grouillante d’activité. L’archevêché ne sera supprimé qu’à la fin de l’Ancien Régime, les comtes de Toulouse conserveront en Gothie le titre de ducs de Narbonne, la ville sera définitivement rattachée au royaume de France en 1507 seulement.

Le partage des pouvoirs civils et religieux de jadis se projette encore sur la physionomie de la ville : au sud, le Bourg, administré par le vicomte ; au nord, la Cité, sous la dépendance de l’archevêque.

L’ensemble reste corseté de rem-

parts jusqu’au XIXe s., la ville couvrant seulement une superficie d’une cinquantaine d’hectares. Au début du XXe s., elle a doublé en extension, ce qui traduit l’âge d’or de la viticulture, tout comme sa stagnation reflétera la crise permanente du vignoble, sans que la ville ait connu l’étape de l’industrialisation. La vieille ville souffre d’un sous-équipement important, sur le plan sanitaire. Depuis quelques années, les constructions gagnent la périphérie avec les H. L. M. des Arènes romaines et de Razimbaud, les pavillons individuels des quartiers de l’Egassiéral et de Saint-Salvayre. Les résidences aisées se situent quai de Lorraine et quai Vallière, dans les quartiers de la gare et du centre de la Cité, sur le boulevard Docteur-Ferroul.

En 1886, la ville dépasse légèrement sa voisine Carcassonne avec 28 370 habitants contre 26 383 ; le seuil des 30 000 habitants apparaît longtemps comme un cap difficile à franchir, entre le creux de 1906 et la pointe de 1931. À l’heure actuelle, l’arrondissement de Narbonne, après une phase de croissance, connaît une régression dé-

mographique (– 1 p. 100 entre 1968 et 1975), moindre, toutefois, que celle de l’ensemble du département (– 2 p. 100

entre les deux derniers recensements).

La ville elle-même a enregistré un gain

de 1 p. 100 dans l’intervalle.

La répartition de la population active révèle l’hypertrophie du secteur tertiaire (près des deux tiers du total) et la faiblesse du secteur secondaire (moins du quart des emplois). Narbonne n’est pas une ville industrielle ; les employés du bâtiment et des travaux publics constituent l’essentiel du groupe, loin devant les industries chimiques, mé-

caniques et alimentaires. La structure des entreprises montre que les divers établissements fonctionnent davantage comme des ateliers que comme des usines ; les plus importants par le nombre d’ouvriers sont l’usine de raffinage d’uranium de Malvési, l’usine de traitement du soufre et la fabrique de matériel agricole.

Le secteur tertiaire est dominé par les transports, le commerce de détail et les administrations publiques ; le né-

goce des vins longtemps important est en perte de vitesse, malgré la présence sur place d’acheteurs pour les grandes maisons de conditionnement ayant leur siège à Paris et le rôle important joué par le marché de Narbonne dans la fixation des prix du vin : « Narbonne, capitale du vin pur », comme le proclament les slogans à l’entrée de la ville.

Le secteur public compte un nombre important d’employés ; la S. N. C. F., en tête, rappelle le rôle de la gare, à la croisée des voies vers l’Aquitaine et l’Espagne par Toulouse et Perpignan.

Mais l’ancienne métropole n’est plus qu’une petite ville.

R. D. et R. F.

F Aude / Languedoc-Roussillon.

P. Héléna, les Origines de Narbonne (Didier, 1938). / P. Carbonel, Histoire de Narbonne (Caillard, Narbonne, 1957). / J. Giry et A.-F. Mare, Narbonne, son histoire, ses monuments (Éd. du Cadran, 1969).

L’art à Narbonne

À l’époque impériale romaine, la ville se pare de monuments majestueux, qui sont encore chantés par Sidoine Apollinaire au Ve s., mais dont on chercherait aujourd’hui vainement la trace. Seuls subsistent des entrepôts souterrains, les arches d’un pont

et surtout une multitude de pierres sculptées et gravées, entreposées dans le musée lapidaire de l’ancienne église Notre-Dame de Lamourguier.

Assez tôt, le christianisme dut s’introduire à Narbonne, mais c’est seulement après la paix de l’Église, en 313, que les disciples du Christ acquièrent la liberté du culte. De la cathédrale élevée par l’évêque Rustique au Ve s., on conserve un linteau monumental en marbre blanc sur lequel sont gravés les renseignements relatifs à sa construction. Par ailleurs, une importante nécropole se développe autour du tombeau du premier évêque, saint Paul Serge.

Des fouilles menées en 1946 ont permis de dégager un curieux édifice à abside occidentée, dont le sol de mosaïques polychromes, du IIe ou du IIIe s., fut crevé pour enfouir six sarcophages chrétiens, datables du IIIe au VIIe s. D’autres sarcophages, de l’école dite « d’Aquitaine », appartenant à l’époque de la domination wisigothique, ont d’ailleurs été trouvés aux environs.

Narbonne demeure un centre artistique à l’époque carolingienne. Par contre, la période romane accuse une relative ato-nie : les sculptures de l’époque sont peu représentatives de la capitale d’une très vaste province ecclésiastique.

Tout change avec le gothique. Dès la première moitié du XIIIe s., l’église Saint-Paul-Serge reçoit un nouveau choeur, qui témoigne de l’implantation précoce de l’architecture du Nord dans les terres méridionales. Un chantier encore plus important s’ouvre en 1272, avec la reconstruction de la cathédrale Saint-Just. Les plans sont fournis par l’architecte Jean Deschamps, qui avait déjà travaillé à Clermont-Ferrand.