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La guerre de Palestine

La question palestinienne marque profondément le jeune officier Nasser.

Il l’a ressentie d’abord comme une injustice contre le peuple palestinien, chassé de sa patrie au profit d’une autre communauté venue en grande partie de l’étranger. Elle lui a révélé aussi le puissant courant de solidarité unissant les peuples arabes. Il y découvre enfin, et de la façon la plus concrète, la trahi-

son et la corruption du gouvernement égyptien et plus spécialement du roi Farouk, qui n’a pas hésité à exploiter la guerre de Palestine pour trafiquer sur les fournitures de l’armée et amasser une immense fortune.

Promu commandant adjoint d’un

bataillon, Nasser remporte à la fin de la guerre la victoire de Faluja, victoire qui remonte quelque peu le moral de l’armée sans pour autant modifier la situation.

À la fin de février 1949, après l’armistice israélo-égyptien, Nasser rentre au Caire et est affecté à Ismaïlia.

L’armée égyptienne, profondément

humiliée, voit dans le roi et son entourage les principaux responsables de la défaite. Le mécontentement de la population est quasi général. L’affaire du trafic d’armes a définitivement discrédité le roi aux yeux de son peuple.

Le climat est à la violence. À la fin de 1948, les assassinats politiques se sont multipliés au Caire. La situation est propice pour passer à l’action.

La prise du pouvoir

Nasser fait partie en juillet 1949 du groupe fondateur du Comité des officiers libres, lesquels, à partir de 1950, ont comme organe la Voix des officiers libres. En 1952, ces officiers se sentent assez forts et les circonstances downloadModeText.vue.download 129 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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leur semblent suffisamment favorables pour qu’ils puissent passer à l’action ; à la suite de l’émeute anti-anglaise du 26 janvier et de la proclamation de la loi martiale, ils s’emparent en effet du pouvoir (22-23 juill.), obligeant le roi Farouk à quitter le pays.

Le Comité des officiers libres constitue alors le Conseil de la révolution, dont le président est le général Néguib et dont Nasser est l’âme. En janvier 1953, les partis politiques sont dissous, et une nouvelle formation, le Rassemblement de la libération, noyaute

l’État : Nasser en est le secrétaire général.

La république proclamée (18 juin

1953) et Néguib devenu président et Premier ministre, Nasser est le maître effectif du pays, avec les titres de vice-président du Conseil et de ministre de l’Intérieur ; ses amis sont en outre aux principaux postes de décision (information, guerre, commandement des

troupes). Tout en négociant l’évacuation de l’Égypte par les Anglais, Nasser s’oppose à Néguib, considéré comme trop conservateur et comme

compromis avec les Frères musul-

mans : il l’écarte bientôt du pouvoir (oct.-nov. 1954).

Premier ministre le 14 novembre,

président de la République égyptienne le 25 juin 1956, puis de la République arabe unie le 21 février 1958, Nasser

— devenu héros national — confond désormais sa vie et sa carrière avec l’histoire de l’Égypte nassérienne (1954-1970). [V. Égypte.]

M. A. et P. P.

F Égypte / Israël / Palestine.

J. Daumal et M. Leroy, Gamal Abd-el-Nasser (Seghers, 1967). / E. Berl, Nasser, tel qu’on le loue (Gallimard, 1968). / M. H. Heikal, The Cairo Documents (Londres, 1971 ; trad. fr. les Documents du Caire, Flammarion, 1972). / J. Lacouture, Nasser (Éd. du Seuil, 1971).

Jalons biographiques

1918 15 janvier : naissance de Gamal Abdel Nasser, à Beni Mor (Banī Murr).

1935 Président du Comité des lycéens.

1937 Nasser entre à l’Académie militaire d’Abbasieh (près du Caire).

1938 Sous-lieutenant, affecté à Manka-bad (Haute-Égypte), où il fait la connaissance de Zakaria Mohieddine et d’Anouar el Sadate, puis au Soudan, où il se lie avec Muḥammad ‘Abd al-Ḥakim Amer.

1943 Professeur à l’Académie militaire, il jette les bases de l’Association des officiers libres.

1948 Reçu au concours de l’état-major,

il participe à la première guerre contre Israël ; il est blessé à Faluja.

1949 Fondation du Comité des officiers libres.

1952 22-23 juillet : coup d’État qui renverse Farouk.

1953 Proclamation de la république (18 juin). Nasser vice-président du Conseil et ministre de l’Intérieur.

1954 Accord anglo-égyptien sur l’évacuation en vingt mois des Britanniques (27 juill.).Nasser écarte définitivement Néguib et devient Premier ministre et gouverneur militaire de l’Égypte (oct.-nov.).

1955 À la conférence afro-asiatique de Bandung (avr.), Nasser, avec Sukarno et Nehru, jette les bases d’un « neutralisme positif ». Signature d’un contrat avec Prague pour la fourniture d’armes (sept.).

1956 Nasser président de la République (25 juin). Annulation du prêt consenti par les États-Unis pour la construction du barrage d’Assouan (juill.).À Alexandrie, Nasser annonce la nationalisation du canal de Suez (26 juill.). Échec de l’intervention franco-anglaise (oct.-déc.).

1958 Proclamation de la République arabe unie (R. A. U.), qui associe Syrie et Égypte (1er févr.) ; Nasser élu par référendum président de la R. A. U. (21 févr.).

1961 Fin de la R. A. U. à la suite d’un coup d’État en Syrie (28 sept.).

1962 Nasser engage 50 000 hommes au Yémen*. Promulgation d’une charte nationale contenant un programme de développement de l’Égypte sur la base d’un socialisme qui sera baptisé « nassérien »

(21 mai).Création de l’Union socialiste arabe.

1964 Nasser rencontre Khrouchtchev à l’occasion de l’inauguration du barrage d’Assouan (13 mai).

1965 Il signe avec Fayṣal Ier d’Arabie Saoudite un accord de cessez-le-feu au Yémen (24 août).

1966 Réconciliation avec l’Algérie ; nouvelle tension avec l’Arabie Saoudite (déc.).

1967 Gromyko au Caire (29 mars). Interdiction du golfe d’‘Aqaba à la navigation israélienne (22 mai) ; Nasser reçoit les pleins pouvoirs de l’Assemblée nationale (29 mai). Guerre des six jours avec Israël.

Nasser annonce sa démission (9 juin), puis la reprend (10 juin) ; il reçoit les pleins pouvoirs pour restaurer la puissance militaire égyptienne. Il déclare que son pays ne cessera jamais de mener la lutte contre Israël (23 juill.). Suicide du maréchal Amer (14 sept.), inculpé d’une tentative de coup d’État.

1968 Nasser, de plus en plus proche des Soviétiques, suit un traitement en U. R. S. S.

1970 Négociations soviéto-égyptiennes à Moscou à propos du conflit israélo-arabe (29 juin-17 juill.) ; mort de Nasser au Caire (28 sept.) ; ses obsèques, suivies par une foule immense, témoignent de sa popularité en Égypte et dans les pays arabes et du vide creusé par sa disparition.

P. P.

nastie

Nom donné à des mouvements d’or-

ganes végétaux provoqués par un

excitant externe ; l’orientation de ces mouvements dépend de la forme de

l’organe, très généralement pourvu d’un plan de symétrie, tels les pétioles, les feuilles, les folioles, les étamines.

Les principaux facteurs qui peuvent provoquer ces mouvements sont les chocs (séismonasties), de simples contacts (thigmonasties ou haptonas-ties), des variations de température (thermonasties), l’action de substances chimiques (chimionasties), des variations de lumière (photonasties et nyctinasties).

Quelques exemples

Le Mimosa pudica, d’origine brésilienne, possède des feuilles formées d’un pétiole principal portant quatre pétioles secondaires sur lesquels sont implantées des folioles ; on trouve à la base des pétioles et des folioles des renflements qui sont responsables des mouvements. Des variations de pression osmotique au niveau de ces zones sont observées entre le jour (folioles

étalées) et la nuit (folioles appliquées les unes sur les autres) — veille et sommeil ; la turgescence diminue le soir, ce qui fait plier les folioles et baisser tout l’ensemble de la feuille ; le matin, le phénomène s’inverse. Chez la même plante, on peut aussi obtenir ce même mouvement en donnant quelques secousses sur la tige. Un simple contact effectué sur les filets des étamines de certaines plantes (Épine-Vinette, Opuntia, de nombreuses Composées —