Cynara, Centaurées) les fait se courber et s’appliquer contre le pistil ; c’est aussi la turgescence qui est rendue responsable du raccourcissement des étamines de la Centaurée et fait glisser les anthères le long du pistil en dégageant le style. Chez les plantes carnivores*, ce sont des contacts d’Insectes ou des excitations artificielles sur certains poils qui provoquent la fermeture des feuilles-pièges. Le simple contact est souvent insuffisant à expliquer le fonctionnement des feuilles des végétaux carnivores (Dionée, Nepenthes, Dro-sera...). On peut également invoquer les actions chimiques ; en effet, ces mouvements peuvent être obtenus sous l’action de diverses substances azotées (ammoniac, jus de viande, albumine...).
Caractères
On a observé que, dans le cas des séismonasties et des thigmonasties, la réponse est obtenue avec un certain retard par rapport à l’instant de l’excitation ; ce retard (temps de latence) est d’une seconde dans le mouvement des étamines d’Épine-Vinette ; chez cette même plante, on a pu mettre en évidence, après un premier mouvement, une période réfractaire pendant laquelle une nouvelle excitation est inefficace ou presque. D’autre part, l’excitation portée en un endroit se propage d’un point à un autre de la feuille de Sensitive à une vitesse de 1
à 20 mm/s. Chez la Dionée, on trouve une vitesse de 20 cm/s. La conduction peut se faire à travers une colonne d’eau chez la Sensitive (conduction chimique) ; par contre, dans le cas de la Dionée, la conduction serait assimilable à celle de l’influx nerveux ; en effet, on peut relever sur ses organes un véritable potentiel d’action au moment où se produit le mouvement, manifesté
par des variations de charge électrique des membranes lorsque l’excitation est conduite jusqu’à l’organe effecteur.
On peut également considérer
comme des nasties périodiques les mouvements d’ouverture et de fermeture de certaines fleurs le soir ou le matin lors des variations d’éclairement. Le rythme de ces mouvements est d’environ 24 heures, mais on remarque dans plusieurs espèces qu’il subsiste même à l’obscurité ou avec un éclairement continu pendant un certain temps au moins.
Des auteurs enfin considèrent les mouvements révolutifs de croissance (plantes volubiles) comme apparentés à ces derniers ; ils ont été traités aux articles croissance* et auxine*.
J.-M. T. et F. T.
Natal
Province de la république d’Afrique du Sud ; 87 000 km 2 ; 4 246 000 hab. Capit.
Pietermaritzburg (160 000 hab.).
La géographie
Le Natal est la moins étendue, mais la plus densément peuplée des quatre provinces du pays. Située entre 27° et 31°
de lat. S., cette province a une façade maritime d’environ 250 km sur l’océan downloadModeText.vue.download 130 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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Indien. Sa limite, du côté interne, est constituée par le Grand Escarpement et correspond à peu près à la ligne de partage des eaux entre le bassin du fleuve Orange (et l’Atlantique) et le drainage vers l’océan Indien.
Le Natal a un relief accidenté. À
l’intérieur, le Grand Escarpement présente un relief de montagnes très escarpées, surtout au sud dans le Drakensberg, qui culmine ici à 3 283 m.
La zone littorale possède un relief de collines, allant jusqu’à la mer au sud de Durban ; il existe une très étroite plaine d’accumulation littorale, qui ne prend
un certain développement que beaucoup plus au nord, dans le Zoulouland septentrional, près de la frontière avec le Mozambique.
La zone littorale a un climat subtropical, chaud et humide (température moyenne annuelle de Durban : 21,5 °C ; pluviosité moyenne annuelle de 1 147 mm). Légèrement inférieure à 1 m dans certaines parties de l’inté-
rieur, la pluviosité moyenne annuelle dépasse 1,5 m sur les pentes du Grand Escarpement. La végétation forestière originelle a disparu à peu près partout, laissant la place à des formations herbeuses de savanes plus ou moins arborées.
De 2 980 000 habitants en 1960, la population est passée à 4 245 675 habitants en 1970 (dont 442 499 Blancs, 514 810 Indiens, 66 836 Coloureds et 3 221 430 Bantous. La population de la province s’est ainsi accrue de plus de 40 p. 100 en dix ans. Le Natal regroupe presque le cinquième de la population de la République sur moins du dixième de sa superficie.
Les deux principales villes sont
Durban* et Pietermaritzburg. Il existe, d’autre part, un grand nombre de petits centres régionaux comme Ladysmith, Estcourt, Greytown, Dundee, Newcastle, Vryheid, etc.
Les Zoulous, qui constituent l’essentiel de la population noire du Natal, pratiquent une agriculture vivrière fondée sur le maïs et un élevage de type traditionnel surtout bovin. La principale culture commerciale et d’exportation est celle de la canne à sucre, pratiquée sur les collines de la région littorale de part et d’autre de Durban ; 250 000 ha environ consacrés à cette culture sont répartis entre une vingtaine de très grandes plantations et un grand nombre d’exploitations moyennes ou petites appartenant à environ 1 500 fermiers blancs, à autant de fermiers indiens et à plus de 3 000 fermiers bantous. La production de la campagne 1968-69 a été de 1,4 Mt. Il faut signaler aussi le coton, dans le nord du Natal, diverses cultures fruitières (agrumes dans l’intérieur autour de Ladysmith, fruits tropicaux dans la zone littorale), et des
cultures légumières autour de Durban.
La plus importante ressource miné-
rale est le charbon, dans le nord-ouest près de la frontière du Transvaal (bassins de Dundee, d’Utrecht et de Newcastle).
La principale région industrielle est celle de Durban (avec son annexe Pine-town), qui concentre 11 p. 100 du total des travailleurs industriels de l’Afrique du Sud (petite métallurgie, chantiers navals, raffinerie de pétrole, industries alimentaires variées, textiles, usines d’engrais).
Le tourisme a pris une extension
considérable, le long du littoral, principalement à Durban et sur les 100 km de côte qui séparent Durban de la frontière du Transkei, où l’on trouve une succession ininterrompu de stations touristiques. Les abords du Drakensberg constituent une autre région touristique importante (Royal Natal National Park, Giant’s Castle, etc.).
Le Natal possède, comme le Trans-
vaal, un réseau routier très dense. L’axe routier principal, vers Johannesburg, est une autoroute partant de Durban.
Relié par voie ferrée aux régions industrielles du Transvaal et à l’Orange, Durban est le principal port de la république d’Afrique du Sud, avec un trafic annuel dépassant 20 Mt.
R. B.
F Afrique du Sud (république d’) / Durban.
L’histoire
Le Natal doit son nom au Portugais Vasco de Gama*, qui le découvrit le jour de Noël (dies natalis) 1497 au cours de son voyage aux Indes, mais il ne fut pas colonisé par le Portugal ; des naufragés de ce pays qui y échouèrent en 1593 furent les premiers Européens à pénétrer au Natal. Il y eut quelques tentatives de colonisation anglaise à la fin du XVIIe s., mais elles furent sans lendemain.
Au début du XIXe s., les Européens croyaient encore que le Natal était inhabité, bien que de nombreuses tribus zoulous et bantous y vécussent. Après
l’occupation du Cap en 1806, les Anglais décidèrent d’établir la carte de la côte orientale (1822-23). En 1824, à la suite de cette expédition, un entrepôt de commerce était ouvert dans le port de Durban, et un traité signé avec les indigènes.