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L’existence de la colonie au milieu des guerres tribales demeurait pré-

caire ; aussi les colons accueillirent-ils avec soulagement, en 1837, l’arrivée des premiers Boers, qui, l’année suivante, sous le commandement de leur chef Andries Pretorius (1798-1853), battaient l’armée zoulou de Dingaan.

Après une autre victoire en 1840, les Boers organisèrent l’administration de l’État et fixèrent la capitale à Pietermaritzburg dans l’arrière-pays de Durban.

Les Anglais du Cap, qui convoi-

taient les mines de charbon du pays et qui craignaient les ambitions de la France, occupèrent Durban en 1842, et le Natal devint en 1844 une colonie de la Grande-Bretagne, d’abord unie au Cap, puis jouissant d’un gouvernement propre à partir de 1856. De nombreux Boers avaient quitté le pays pour aller s’installer dans l’État libre d’Orange.

Des colons anglais les remplacèrent qui développèrent les cultures de tabac, d’indigo, de coton et de thé. Dans la région côtière, le café et surtout la canne à sucre prospérèrent. De 1860

à 1910, une nombreuse main-d’oeuvre, plus de 100 000 coolies, fut recrutée aux Indes pour exploiter ces terres. À

partir de 1870, des lignes de chemin de fer furent construites qui facilitèrent l’exploitation des mines de charbon, et des bateaux à vapeur unirent la colonie à la métropole.

En 1893, le Natal obtint un gouvernement responsable indispensable pour la défense de ses intérêts économiques (en 1895, jonction de la voie ferrée du Natal avec Pretoria). Le Natal annexa en 1897 le Zoulouland et le Tongaland et participa activement à la guerre des Boers (1899-1902).

Ses hommes d’État jouèrent un rôle important dans les conférences qui pré-

cédèrent l’union des colonies anglaises d’Afrique du Sud. Après la répression de révoltes indigènes dans le Zoulou-

land en 1907, le Natal ressentit le besoin de s’intégrer à une entité politique plus forte qui permettrait aux Blancs de contenir les autochtones. Aussi, en 1910, ses habitants votèrent-ils à une grande majorité son rattachement à l’Union sud-africaine.

P. R.

F Afrique du Sud (république d’).

E. A. Walker, A History of South Africa (Londres, 1928). / C. W. De Kiewiet, A History of South Africa, Social and Economic (Oxford, 1941). / E. H. Brookes et C. de B. Webb, A History of Natal (Le Cap, 1965).

natalité et

fécondité

On parle de natalité lorsque l’on étudie les naissances annuelles dans une population en rapport avec l’effectif total de cette population ; on emploie de préférence le mot fécondité lorsque l’on étudie les rapports des naissances aux femmes en âge de procréer.

Ainsi, le taux brut de natalité (ou simplement taux de natalité) est le rapport des naissances vivantes, une année donnée, à l’effectif moyen de la population durant cette année. En 1975, en France, il y a eu 740 000 naissances vivantes ; la population moyenne étant de 52 743 000 habitants, il en résulte un taux de 14 p. 1 000 habitants.

Les taux de natalité, qui, s’agissant de populations nationales, peuvent varier de 10-11 p. 1 000 jusqu’à 55, voire 60 p. 1 000, sont déterminés par l’intervention d’une multitude de facteurs que l’on retrouve presque en totalité lorsque l’on analyse les raisons des différences en matière de fécondité.

Les mesures

de la fécondité

La fécondité se mesure de maintes fa-

çons. Lorsque l’on prend en compte un ensemble de femmes aptes à procréer, sans distinction d’état matrimonial, on fait des mesures de fécondité générale ; en se restreignant aux femmes mariées, on étudie la fécondité légitime, et, en considérant la fécondité des femmes

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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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non mariées, on étudie la fécondité illégitime.

Le concept de descendance finale est à la base des principales mesures de fécondité. La descendance finale d’une génération est le nombre final des naissances vivantes issues d’une femme prise à 15 ans et non soumise à mortalité jusqu’à 50 ans : c’est une mesure de fécondité générale. La descendance finale d’une promotion (ou cohorte) de mariages est le nombre final de naissances vivantes issues de mariages subsistant au moins jusqu’à ce que la femme atteigne 50 ans : c’est une mesure de fécondité légitime ; comme il y a plusieurs façons de constituer des cohortes de mariages (ensemble des mariages et remariages d’une année, ensemble des seuls mariages où la femme est célibataire, ensemble des mariages où la femme est célibataire et n’a pas dépassé un certain âge — 20, 25 ou 30 ans par exemple), il existe plusieurs mesures de la descendance finale des mariages. Le tableau sur la fécondité donne des indications relatives à la France. De 14 p. 1 000 avant guerre, le taux de natalité s’est relevé aux environs de 18 p. 1 000 jusqu’en 1964, mais depuis 1964 on assiste, comme dans la plupart des pays d’Europe, à une baisse accusée de la natalité.

Les facteurs

de la fécondité

La fécondité humaine est sous la

dépendance de facteurs biologiques et de facteurs de comportement, les rôles respectifs de ces deux sortes de facteurs étant difficiles à déterminer.

L’examen des diverses étapes de la vie génésique d’une femme mariée ne pratiquant pas la contraception amène à constater que la fécondation, chez une femme fertile, n’intervient le plus souvent qu’après plusieurs ovulations ; autrement dit, chaque couple non

contracepteur n’a qu’une probabilité inférieure à 1 de concevoir à l’issue de chaque cycle menstruel ; on nomme

cette probabilité fécondabilité. La fé-

condabilité, qui dépend des aptitudes et des comportements des deux partenaires, est déterminée essentiellement par les caractéristiques féminines, d’âge notamment. On admet que, après une phase ascendante durant l’adolescence de la femme, la fécondabilité atteint un plateau vers 18 à 20 ans, pour ne décroître, semble-t-il, qu’audelà de 40 ans ; à son niveau maximal, la fécondabilité vaut le plus souvent entre 10 et 30 p. 100 ; il y correspond, après établissement de rapports sexuels réguliers, des délais moyens extrêmes de conception de 10 à 3 mois.

Il apparaît encore que toute conception est suivie d’un temps mort, pendant lequel la femme ne peut concevoir ; ce temps mort comprend la période de gestation et le délai de réapparition de l’ovulation après l’accouchement ; ayant une durée minimale de l’ordre de 1 an (9 mois de gestation et un délai de réapparition de l’ovulation [en l’absence d’allaitement au sein] de l’ordre de 3 mois), il peut atteindre plusieurs années dans des populations où il est habituel que la femme nourrisse son enfant de façon très prolongée. La variabilité très importante du temps mort est le facteur principal de la variabilité, très importante aussi, de la fécondité en l’absence de pratiques contraceptives. Pour s’en rendre compte, il suffit de remarquer qu’un même nombre de naissances vivantes, disons 5, pourra, selon les cas, créer une stérilité temporaire de la femme de l’ordre de 5 ans ou de l’ordre de 15 ans, ce qui repré-

sente dans ces cas extrêmes soit 25

soit 75 p. 100 de la durée moyenne de fertilité utile de la plupart des femmes (voisine de 20 années s’il y a mariage à 20 ans et stérilité définitive vers 40 ans).

Il faut noter que la stérilité définitive progresse de façon très sensible avec l’avancement en âge de la femme. On s’accorde sur les pourcentages suivants de femmes définitivement stériles aux divers âges dans la France ancienne : 3 p. 100 à 20 ans, 6 p. 100 à 25 ans, 10 p. 100 à 30 ans, 16 p. 100 à 35 ans, 31 p. 100 à 40 ans. Naturellement, dans des situations particulières, et notamment dans des populations où sévissent

des affections vénériennes généralisées, on peut avoir des pourcentages sensiblement plus élevés.