De nombreuses courses eurent lieu à partir de cette époque pour des prix en espèces ou à la suite de paris. Aux compétitions proprement dites étaient alors adjointes des compétitions de natation artistique ou des concours d’acrobaties marines.
Concurremment, les bains de mer
étaient devenus à la mode, et le Sué-
dois Per Henrik Ling (1776-1839)
lançait la rééducation des handicapés physiques par la natation.
Le premier groupement de clubs
fut fondé en 1869, lorsqu’on décida la création du Metropolitan Swimming Club Association, qui réunissait divers clubs de Londres. On se proposa alors de fixer des règles et un programme d’encouragement à la natation. La même année, cette association se réunit pour établir des règles concernant les compétitions ainsi qu’un code amateur. Nul, jusqu’ici, ne s’était soucié de savoir si les nageurs touchaient ou non de l’argent pour participer à des épreuves ouvertes à tous.
La première définition de l’amateurisme précisait que quiconque avait déjà concouru pour de l’argent, soit pour une prime d’engagement, soit au pourcentage sur la recette, ne pouvait être membre de l’association. Toutefois, le principe de la course « ouverte » fut maintenu dans la mesure où les membres du « club » pouvaient participer à des courses dotées de prix à condition qu’ils s’engagent à y renoncer. Le premier champion national amateur fut Tom Morris, qui descendit la Tamise, en 1869, sur 1 mile.
Le premier record homologué fut un 100 yards en 1 mn 15 s par Winston Cole en 1871.
L’association devint en 1874 la British Swimming Association (Association de natation de Grande-Bretagne) ; ce fut, en somme, la première fédération nationale. Dix ans plus tard, des downloadModeText.vue.download 135 sur 625
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discussions sur le statut d’amateur entraînaient une scission et provoquaient la création d’une seconde fédération, l’Amateur Swimming Union. Les deux associations se réunirent définitivement deux années plus tard, en s’entendant sur une définition de l’amateurisme qui est à peu de chose près celle de la fédération internationale actuellement.
C’est dès cette époque, en effet, que fut précisée l’obligation pour un amateur de n’avoir aucun contact avec un professionnel, non seulement en natation, mais dans tous les autres sports, ou de n’exercer aucun métier (enseignant ou entraîneur) lié à son activité sportive.
Deux natations se côtoyèrent ainsi en Grande-Bretagne : l’une amateur, l’autre professionnelle. C’est dans la branche amateur que les fédérations nationales se multiplièrent et que les principales compétitions se créèrent.
La branche professionnelle ne survécut que dans le domaine de la natation de longue distance.
Les États-Unis suivirent de près
l’initiative britannique en créant leur
fédération et leur premier championnat national en 1877. Ainsi qu’en Grande-Bretagne, la seule distance courue était le mile. Jusqu’en 1888, le championnat américain fut, en fait, organisé par une société, le New York Athletic Club, et il fut de surcroît réservé aux hommes jusqu’en 1916.
La première compétition fémi-
nine eut lieu lors des championnats d’Écosse en 1892, un 200 yards remporté en 4 mn 25 s par E. Dobbie.
L’Allemagne en 1882, la Nouvelle-
Zélande en 1890, la Nouvelle-Galles du Sud (avant l’ensemble du continent australien) en 1891, la Hongrie en 1896, la France en 1899 créèrent à leur tour un championnat et une fédé-
ration. Les championnats d’Europe, dont le premier fut organisé à Vienne en 1889, se poursuivirent annuellement jusqu’en 1903, puis furent interrompus, pour ne reprendre qu’en 1926, par-rainés dorénavant par la Ligue européenne de natation (qui existe toujours) et tenus à une fréquence variable, successivement à Budapest (1926), Bologne (1927), Paris (1931), Magdeburg (1934), Londres (1938), Monte-Carlo (1947), Vienne (1950), Turin (1954), Budapest (1958), Leipzig (1962),
Utrecht (1966), Barcelone (1970). Ils sont prévus en 1974 à Vienne.
On envisagea pour la première fois un championnat du monde en 1900,
dans le cadre des jeux Olympiques de Paris, afin que cette appellation attirât le public. Mais les véritables premiers championnats du monde se sont déroulés en 1973 à Belgrade, organisés par la Fédération internationale de natation amateur (F. I. N. A.), d’ailleurs créée seulement en 1908, durant les jeux Olympiques de Londres. Jusqu’alors, la natation était apparue à l’échelle mondiale, dans le cadre des jeux
Olympiques d’Athènes en 1896, mais, douze ans plus tard, le président de la fédération anglaise, George Hearn, estima qu’il était utile de discuter de nouveau des règles, notamment celles de l’amateurisme. Huit nations étaient présentes à ces conversations, tenues en juillet 1908 (Belgique, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Hongrie, Suède). Il apparut
nécessaire de fonder un organisme établissant des règles concernant la natation et le water-polo, de dresser une liste de records du monde et de prendre la responsabilité de former un programme olympique de compé-
titions. La langue officielle fut le fran-
çais, d’ailleurs conservé dans la dénomination de l’organisme mondial, la langue anglaise étant acceptée dans la définition des règles. Actuellement, la F. I. N. A. regroupe plus de cent pays.
Dans le cadre de la F. I. N. A., la Ligue européenne de natation groupe vingt-huit nations, et, grâce à une organisation comparable à celle de la fédération internationale, règle les problèmes spécifiques posés par les compétitions européennes.
Les jeux Olympiques
L’évolution historique de la natation doit être suivie d’abord au fil de la mise au point des styles, et notamment du crawl, la nage la plus rapide. Ensuite, les différentes manières de nager étant réglementées, les jeux Olympiques, seul véritable rassemblement mondial de l’élite (jusqu’en 1973), permettent de suivre les progrès de ce sport, liés à l’amélioration qualitative et quantitative de l’entraînement.
Bien que le fameux nageur hawaiien Duke Kahanamoku ait expliqué en
1912, après son succès sur 100 mètres à Stockholm, qu’il avait appris le crawl d’après un style de nage utilisé dans les îles du Pacifique depuis des géné-
rations et que des récits de l’Antiquité offrent même des descriptions d’une nage fort proche du crawl, on considère que le crawl est sinon de création, du moins de mise au point australienne, dans le contexte de la natation sportive moderne. À l’origine de celle-ci, en Grande-Bretagne, la brasse régnait et le crawl était inconnu. Pourtant, aux environs de 1840 apparaissait l’english side stroke (« nage de côté à l’anglaise »), reconnaissable à sa position, mais aussi à un mouvement alterné des bras sous l’eau et à un ciseau, et que l’on nomme encore en France la mari-nière. Cette forme de nage se précisa grâce aux observations que fit l’Australien C. W. Wallis sur les nages des indigènes du Pacifique, qui évoluaient
sur le côté, mais en sortant, pour leur part, un bras hors de l’eau. Ce style, parvenu en Europe, fut nommé single overarm side stroke ou plus simplement overarm stroke, soit, littéralement, « nage avec bras au-dessus de l’eau » ; il fut considéré comme le plus efficace jusqu’à la fin du siècle en ce qui concerne le sprint et jusqu’en 1910 environ pour le demi-fond. Le trudgeon lui succéda. Dû à un Anglais (J. Trudgen), qui lui donna ce nom, ce style fut emprunté aussi à des nageurs de couleur, des Cafres, d’Afrique du Sud, dont la façon de nager était caractérisée par un mouvement alterné des bras, mais cette fois au-dessus de l’eau avec position ventrale du corps. Repris et divulgué en Europe, il fut également nommé double overarm stroke, lorsqu’il s’accompagna d’un ciseau de jambes, alors que le trudgeon originel, se pratiquait avec un mouvement de jambes de brasse. C’est en double overarm stroke que l’Australien Frederick Lane réussit 1 mn au 100 yards (91,40 m) en 1902, après avoir remporté le 200 mètres des jeux Olympiques de 1900 à Paris dans la Seine.