Выбрать главу

C’est à la naissance du siècle que l’on a retrouvé la première trace du crawl actuel, né des recherches d’un Australien, Richard Cavill, qui combi-nait le mouvement du double overarm stroke avec un battement de jambes.

À la suite des observations faites sur un autre nageur australien, Alec Wickham, et une fois encore sur des indigènes (de Ceylan) ainsi que d’après des tests chronométrés dans l’établissement de bains que lui avait légué son père, autre pionnier de la natation, Cavill juxtaposa le mouvement de bras du double overarm stroke à un battement de jambes opéré alternativement et sur un plan vertical. Il fut battu dans la compétition durant laquelle il inaugura cette manière de nager à Sydney, en 1898, mais sa vitesse au démarrage attira l’attention de tout le monde.

L’autre initiateur du crawl, Alec Wickham, réalisa 24 s 6/10 au 50 yards en 1904 ; selon l’Australien Frank Beau-repaire, médaillé olympique et historien de la natation, il avait appris cette nage avec les indigènes des îles Salomon, où il résidait. Le crawl était né, et il porta longtemps en Europe le nom

d’australian crawl ou même d’australian splash (« éclaboussement australien »). S’il s’imposa dès 1908 aux jeux Olympiques de Londres en sprint grâce à l’Américain Charles Daniels, il ne fut accepté en demi-fond qu’après 1920, car on l’estimait peu économique.

Le Suédois Arne Borg conquit enfin dans ce style les records mondiaux du 400 mètres et du 1 500 mètres. À

la recherche stylistique allait succéder l’amélioration incessante de l’entraînement, provoquant un progrès des performances considérables.

L’Europe perdit sa supériorité après les jeux Olympiques de 1908 et ne parvint jamais à la reconquérir, du moins dans les épreuves masculines.

En 1912, à Stockholm, les médailles d’or se partageaient entre le Canada, les États-Unis, l’Australie en nage libre, tandis que, pour la première fois, des nageuses étaient engagées dans une compétition olympique, qui consacra l’Australienne Fanny Durack, comme l’avait été chez les hommes Kahanamoku, soit deux pionniers et très grands noms de la natation sportive.

Les Jeux d’Anvers en 1920 furent un succès total pour les États-Unis, dont les nageurs et nageuses dominèrent toutes les courses de nage libre, avec Kahanamoku, Norman Ross, Ethelda

Bleibtrey. Mais c’est aux débuts de ces années 20 que la natation découvrit l’un de ses premiers grands héros.

En juillet 1922, en effet, l’Américain Johnny Weissmuller descendit au-dessous de la minute sur 100 mètres, un exploit attendu certes depuis quelques années, mais pour lequel il ne « lé-

sina » pas : 58 s 6/10 dans un bassin de 100 yards. En février 1924, dans une piscine de 25 yards, il devait logiquement réussir, avec l’avantage des virages supplémentaires, 57 s 4/10, un record mondial qui tint dix ans. La lutte en nage libre se circonscrit à Paris en 1924, dans le premier stade nautique de l’histoire (les Tourelles), entre Weissmuller, l’Australien Andrew Charlton et le Suédois Arne Borg. Chez les dames, où les Américaines dominaient, on attendait Gertrude Ederlé, mais ce fut Martha Norelius et Ethel Lackie qui l’emportèrent. Dans les épreuves de nage libre, les États-Unis avaient

gagné six courses sur sept. Et un entraî-

neur, William Bachrach, qui conseillait à la fois Weissmuller et Ethel Lackie, avait eu une part importante dans ce succès. Toutefois, un Européen entrait, lui aussi, dans la légende durant downloadModeText.vue.download 136 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

7579

l’olympiade 1924-1928 : le Suédois Arne Borg, qui, à l’occasion des championnats d’Europe de Bologne (1927), établit un record extraordinaire pour l’époque sur 1 500 mètres en 19 mn 7 s 2/10. Ce temps resta le record mondial durant onze ans (ce qui demeure aussi un record de durée). En 1928, le Suédois gagna le 1 500 mètres aux jeux d’Amsterdam, mais laissa échapper le 400 mètres, tandis que Weissmuller restait le meilleur sprinter.

Le phénomène nouveau de ces jeux

Olympiques était pourtant la montée des Japonais dans l’ombre des Américains, cependant qu’ils n’étaient apparus que de façon très modeste aux Jeux précédents.

Alors que les Américains dominaient en effet nettement la natation mondiale depuis la fin de la Première Guerre mondiale, les Jeux de Los Angeles en 1932 consacrèrent leur défaite. Au Japon, une année auparavant, les Japonais avaient, sur le programme olympique (plongeons compris), battu les Américains par 40 à 23. Mais, en 1932, c’est dans le stade nautique olympique de Los Angeles, qui reste encore aujourd’hui l’un des plus beaux bassins américains, que les États-Unis, virent la confirmation de leur défaite. Les Japonais remportaient en effet toutes les courses sauf une, le 400 mètres, qui faillit bien revenir d’ailleurs à un Fran-

çais, Jean Taris, battu d’une main par l’Américain Buster Crabbe, qui sauvait ainsi l’honneur de son pays et devait devenir, comme Johnny Weissmuller, célèbre par ses interprétations du rôle de Tarzan sur les écrans.

L’épanouissement de la natation du Japon était dû aux recherches techniques de son principal entraîneur, le professeur Matsuzawa Ikkaku, ensei-

gnant à l’université de Tōkyō, qui avait eu l’idée de demander à ses nageurs d’user de leurs battements de jambes de façon totale, en portant l’effort à la fois sur la montée de la jambe et sur sa descente, alors que l’usage, auparavant, était de le limiter à l’un de ces sens et non aux deux. Grâce aux Japonais, le crawl avait ainsi pris sa forme actuelle. Les États-Unis, dépassés chez les messieurs, maintenaient leur empire chez les dames grâce à l’une des plus grandes nageuses de l’histoire, Helen Madison, qui conquit tous les titres de nage libre à Los Angeles et qui, de surcroît, devait battre durant sa carrière vingt et un records mondiaux.

En 1936, pourtant, les États-Unis allaient perdre également le premier rôle en natation féminine, sans le regagner chez les hommes, où les médailles étaient partagées. Les Pays-Bas, qui étaient déjà apparus en force aux championnats d’Europe de 1934 à Magdeburg grâce à leurs deux meilleures nageuses, Willy den Ouden et Rie

Mastenbroek, furent la nation victorieuse des épreuves olympiques féminines de Berlin. De toutes les épreuves, seul leur échappa le 200 mètres brasse, Rie Mastenbroek remportant pour sa part toutes les épreuves de nage libre.

Comme pour le Japon quatre ans auparavant, le triomphe hollandais était dû à une seule personne, la mère de la championne olympique (Marie Braun) du 100 mètres dos aux Jeux d’Amsterdam, qui entraînait toutes les meilleures nageuses hollandaises.

Sans la guerre, qui interdit l’organisation des Jeux de 1940 et de 1944, une grande nageuse, Ragnhild Hveger, d’une petite nation européenne, le Danemark, aurait assuré la succession des Hollandaises. De février 1936 à avril 1942, elle battit en effet quarante-deux records du monde, un total qui n’a pas été approché par la suite. En 1948, aux Jeux de Londres, le Danemark était à l’honneur avec les héritières de Ragnhild Hveger, telles Greta Andersen, gagnante du 100 mètres, ou Karen

Harup, vainqueur du 100 mètres dos et deuxième du 400 mètres, mais les Américaines contestaient la supériorité danoise en relais et gagnaient le 400 mètres avec Ann Curtis.

Ragnhild Hveger ne fut pas seule à manquer la consécration olympique en raison de la guerre ou de ses séquelles.

Tandis qu’en 1947 l’U. R. S. S. entrait à la fédération internationale, le Japon en était exclu. Cela fit le malheur d’un très grand nageur nippon, Furuhashi Hironoshin, qui, au moment même