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çaise à ses enfants mineurs, sauf s’ils sont mariés.

Réintégration des anciens

Français

Le réintégré redevient français sans ré-

troactivité sous des conditions proches de celles qui sont réclamées pour la downloadModeText.vue.download 142 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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naturalisation, mais il échappe aux incapacités qui frappent le naturalisé.

Perte de la nationalité

française

Elle correspond en partie à la perte de la nationalité « de fait » et est destinée également à éviter le cumul des nationalités. Elle est surbordonnée à une dé-

claration (personne majeure résidant à l’étranger et désirant acquérir la nationalité étrangère), à un jugement (établissement prolongé à l’étranger), à une autorisation gouvernementale (possession d’une nationalité étrangère) ou à un décret (perte en raison du comportement d’un Français, déchéance pour indignité d’un naturalisé).

Le contentieux de la nationalité re-lève de la compétence des tribunaux judiciaires ; tout Français peut faire la preuve* de sa nationalité, soit en produisant un certificat de nationalité, soit en prouvant qu’il est né en France d’un

parent qui y était lui-même né ou qui jouissait d’une façon constante de la possession d’état de Français.

M. B.

F Étrangers (condition des).

La réforme du droit de la nationalité, loi du 9 janvier 1973 (« Notes et études documentaires », la Documentation française, 1974).

national-

socialisme

Mouvement politique qui a dominé

l’Allemagne du 30 janvier 1933, date à laquelle Hitler devint chancelier du Reich, jusqu’à l’effondrement de mai 1945.

Pour beaucoup d’historiens, le national-socialisme est un mouvement né avec Hitler, chef du parti nazi depuis 1920. Cette opinion mérite d’être nuancée, car le national-socialisme, s’il exacerbe des tendances nationalistes et racistes, ne les invente pas. Une continuité de l’impérialisme allemand se manifeste de Guillaume II à Hitler en passant par Ebert et Stresemann. Certains spécialistes de la pensée protestante font remonter à Luther les racines du national-socialisme, mais les travaux récents montrent combien grande fut sur Hitler l’influence du catholicisme autrichien.

Les sources

pangermanistes du

national-socialisme

Le pangermanisme apparut vers 1885, se développa après 1890 avec le gouvernement personnel de Guillaume II.

Dès cette époque germent des idées telles que la domination de l’Europe centrale par le germanisme, développée par exemple par Julius von Eckardt (1836-1908), celle d’un pangermanisme continental groupant autour du Reich toutes les nations où l’on parle un langage germanique — Pays-Bas, Flandre —, comme le réclame Fritz Bley, auteur de Die alldeutsche Bewe-gung und die Niederlande ; apparaît aussi l’idée de lutte contre la Russie et le slavisme, professée par Paul de Lagarde (1827-1891) ou Konstantin Frantz (1817-1891). Ce dernier sou-

haite une véritable politique d’assimilation et invite les Allemands à déporter les allogènes qui habitent aux frontières à l’intérieur du Reich, pour installer sur ces mêmes frontières des populations vraiment allemandes. La Ligue pangermaniste (Alldeutscher Verband), fondée en 1891, popularise cette pensée.

Langue et nationalisme

Les traités de Versailles et de Saint-Germain de 1919, en enlevant à l’Allemagne des terres considérées par elle comme germaniques — Alsace-Lorraine, Posnanie, corridor de Dantzig —, en dépeçant l’Autriche, laissent croire à certains Allemands que leur pays va vers sa fin, ce qui stimule le sentiment national. Dès 1923-24, la république de Weimar, stabilisée, favorise ce mouvement. Pour les Allemands, toute région où l’on parle allemand est allemande ; en 1925-26, deux ouvrages sont publiés par Wilhelm Volz (1870-1958) : Der westdeutsche Volksboden et Der ostdeutsche Volksboden, description de tous les territoires germaniques enlevés au Reich. Le mot Volk et tous ses dérivés (Völkisch, Volkstum, Volkswa-gen, etc.), si utilisés par les nationaux-socialistes, commencent une brillante carrière à l’époque de Weimar, à un temps où l’on attache une importance primordiale au principe ethnique. Dès 1921, le Deutscher Schulverein spécifie dans ses statuts que par Deutsche il faut entendre Stammdeutsche,

c’est-à-dire « Allemand de sang » : les Juifs allemands ne peuvent appartenir à cette association. On distingue couramment toute une série d’Allemands classés selon leur domicile, à l’intérieur du Reich, à la frontière, à l’étranger (Inlanddeutsche, Grenz-deutsche, Auslanddeutsche), selon leur nationalité (Reichsdeutsche, Auslan-dreichsdeutsche, Deutschausländer), selon des données ethno-linguistiques (Allemand de sang, Stammdeutsche ; Allemand de langue, Sprache-deutsche ; Allemand de « volonté », Gesinnungsdeutsche ; le germanisé, Eingedeutschte ; le dégermanisé, Ent-deutschte). Ainsi, bien avant les lois de Nuremberg (sept. 1935), on connaît en Allemagne d’importantes distinctions fondées sur la race.

L’impérialisme allemand dispose donc de fondements pseudo-philosophiques. Il s’appuie aussi sur d’innombrables organisations : la Ligue pangermaniste et le Verein für das Deutschtum in Ausland (VDA, appelé aussi Deutscher Schulverein), qui, fondé en 1881, n’a que 58 000 adhé-

rents en 1914, mais qui, réorganisé en 1921, se retrouve avec 2 225 000 ad-hérents en 1929 et dispose à Stuttgart d’un Institut de recherches inauguré par G. Stresemann et d’une revue à laquelle collaborent des hommes politiques, y compris des socialistes. Quant au Deutscher Schutzbund, il est créé en 1919 pour préparer l’Anschluss avec l’Autriche. En 1928, le budget du Reich distribue à ces diverses organisations, selon R. Poincaré, 95 millions de Reichsmark. En 1931, il comprend officiellement 47 millions de mark de subventions.

Les nationalistes

de Weimar

De plus, sous la république de Weimar, beaucoup d’intellectuels réfléchissent sur le devenir de l’Allemagne. La plupart sont des nationalistes connus, tels Oswald Spengler, Arthur Moeller van den Bruck. Il faut aussi rappeler les idées d’un Rathenau ou d’un Thomas Mann.

Walther Rathenau veut une révo-

lution organique et juste : il faut que l’élite traditionnelle disparaisse et que se substitue à elle une élite fondée sur la science. Il souhaite la création d’un Volksstaat, qui serait un État adapté aux besoins du peuple, et il s’en prend à la « ploutocratie capitaliste » et au prolétariat, à l’individualisme forcené et au démocratisme occidental.

Même Thomas Mann* critique la

société allemande traditionnelle. Il refuse la bourgeoisie technocratique et spécialisée, et regrette presque le temps où la noblesse dominait. Il se sent profondément Européen et pense que l’Allemagne appartient au monde occidental ; mais, dans les années 1920

à 1930, il critique la France embourgeoisée et l’Angleterre impérialiste.

L’Allemagne a pour mission de respi-

ritualiser le monde, et puisque, depuis la guerre de Trente Ans, il n’y a plus de bourgeoisie allemande, il faut socialiser l’État et la société, construire un communisme hiérarchisé et, par l’économie dirigée, intégrer la classe ouvrière dans la nation. La pensée de Mann conduit à rétablir, en le moder-nisant, l’Obrigkeitsstaat, c’est-à-dire une forme de despotisme éclairé où l’équilibre économique serait recherché ; en d’autres termes, Thomas Mann préconise presque le retour à un État totalitaire.

Quant à Rathenau, il souhaite un

État corporatif qui ferait de tous les Allemands des travailleurs égaux, classés par catégories professionnelles, par corporation : le Stand.

Spengler

Si des démocrates, comme Rathenau et Thomas Mann, développent des idées de ce genre, comment s’exprimera la

« pensée antidémocratique » ? Oswald Spengler (1880-1936) en devient le chantre avec deux ouvrages : le Déclin de l’Occident (Der Untergang des