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socialistes ou communistes. Le 1er mai 1933, Göring fonde la police secrète d’État prussienne, dont la fusion, sous la direction de Heinrich Himmler

(1900-1945) et de Reinhard Heydrich (1904-1942), avec les autres organisations policières allemandes donnera naissance à la Gestapo (Geheime Staatspolizei).

Le 21 mars, dans la Garnisonkirche de Potsdam, a lieu une cérémonie

extraordinaire. Devant les plus hautes autorités du pays, en présence du Kronprinz, Hitler dénonce le traité de Versailles et invite les partis à s’élever « au-dessus de l’étroitesse d’une pensée doctrinaire et partisane ». Le 24 mars, le Reichstag vote à la majorité des deux tiers les pleins pouvoirs à Hitler pour quatre ans (Ermächti-gungsgesetz). Seuls les sociaux-démocrates ont voté contre. Le centre, dont les voix sont indispensables, car une majorité des deux tiers s’impose, fait confiance à Hitler, sans doute contre la promesse d’un concordat auquel Hitler fait allusion dans son discours. Le chancelier demande aussi que le Parlement accepte de ne plus être consulté régulièrement, il réclame et obtient pour le gouvernement qu’il préside des pouvoirs considérables. Dès lors, avec la bénédiction des Églises, en particulier de l’Église catholique, Hitler est le maître absolu du Reich.

Les partis politiques estiment pouvoir continuer leur action et « s’abandonnent, dit l’historien allemand Hans Rothfels, à l’illusion de la possibilité d’une opposition politique ». On voit même dans le Wurtemberg le parti

social-démocrate inviter les municipalités socialistes à soutenir la politique du gouvernement. Mais, le 22 juin, le parti socialiste est dissous. Le 4 juillet, le Zentrum se dissout de lui-même. Le 14 juillet, le parti nazi devient le seul parti du Reich.

Le gouvernement ne se contente pas de supprimer les partis : le 2 mai, il a dissous les syndicats. Après avoir invité leurs chefs à une grandiose fête du Travail, il fait occuper leurs sièges berlinois et emprisonner leurs chefs. Tous les syndicats sont alors incorporés dans le Front allemand du travail (Deutsche

Arbeitsfront [DAF]). Ainsi, la prise en main annoncée par Goebbels dessine « les lignes normales d’une Allemagne dans laquelle il n’y aura qu’une seule opinion, un seul parti, une seule conviction ».

La Gleichschaltung, cette mise au pas hitlérienne, arrive peu à peu à ses fins. Le 1er décembre 1933 est promulguée la loi pour la garantie de l’« unité du parti et du Reich ». À la tête du parti vient Hitler, aidé par un état-major de dix-sept personnes, dirigées par le lieutenant du Führer, Rudolf Hess (né en 1894). En dessous, des Gaue (régions), menées par des Gauleiter.

Les Gaue sont divisées en Kreise

(cercles), groupes locaux (Ortsgrup-pen), et ceux-ci en cellules (Zellen).

Partout une hiérarchie stricte, que complètent les organisations parallèles : SA (Sturm Abteilung), SS (Schutzstaffel), HJ (Hitlerjugend), DAF (Deutsche

Arbeitsfront), associations féminines, universitaires. Tout cela contribue à faire de l’Allemagne une machine bien huilée, surveillée, contrôlée et endoctrinée.

Réforme de

l’enseignement et de

l’Administration

Les hitlériens complètent leur propagande par une réorganisation de l’enseignement et une mise au pas des universitaires. Hitler proclame : « Dans downloadModeText.vue.download 146 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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un État national-socialiste, l’enseignement doit tendre non pas à entasser des connaissances, mais à obtenir des corps physiquement sains. »

Les professeurs opposants sont remerciés, qu’ils soient communistes, juifs ou simplement hostiles au régime.

Il est vrai que Hitler peut s’appuyer sur une bonne partie du corps enseignant : 30 p. 100 des instituteurs, 35

à 40 p. 100 des professeurs du second degré, plus de la moitié des professeurs du supérieur sont proches du parti.

Dès 1933, on réorganise la formation

des maîtres. Les Hochschule für Lehr-bildung prennent les élèves-maîtres pour quatre ans d’internat, et maîtres et élèves doivent aller aux cours en uniforme du parti. Directeurs et professeurs sont à la fois fonctionnaires de l’État et chefs de la HJ. Le but est que l’instituteur soit à la fois dans sa commune un maître, un instructeur politique et un officier de réserve. En 1939, l’association nationale-socialiste des enseignants fournit 7 Gauleiter, 78 Kreisleiter et 2 668 Ortsleiter ; 18 000 instituteurs et institutrices encadrent la Jeunesse hitlérienne. L’objectif est une politisation de l’enseignement, qu’on veut au service de la nation, de la défense et de la politique.

Il faut inculquer aux enfants l’idée de race, de supériorité des peuples germaniques, la conviction que le destin de l’Allemagne est à l’Est et que l’armée est la force éternelle du Reich.

En même temps sont instaurées des écoles de formation politique, les Na-tionalpolitische Erziehungsanstalten (NAPOLA). Leur but est de « préparer par une solide éducation nationale-socialiste des jeunes gens au service du Reich, du peuple et de l’État ». Il faut fournir des diplômés conscients de l’unité des caractères physiques et mentaux de leur race, sûrs d’eux, fidèles, sérieux, entreprenants, physiquement forts, intellectuellement armés. Pour la formation des maîtres du parti sont créés des Adolf Hitler-Schulen et des Ordensschulen, centres supérieurs de formation des cadres.

La Jeunesse hitlérienne, qui groupe 1 million de membres en 1932, en

compte 8 millions en 1939. Il est vrai qu’après 1936 le mouvement est devenu obligatoire.

Tout au long de l’année 1933, on

assiste à une réorganisation des administrations. Le gouvernement intervient dans la vie de la justice et donne à l’adjoint du Führer la possibilité de casser les jugements trop indulgents.

Un tribunal du peuple est créé pour les crimes politiques. En mai 1933, on s’attaque à l’économie. Walter Darré devient ministre de l’Agriculture et Führer de la paysannerie du Reich. Hitler ordonne un programme de grands

travaux sous la direction de Fritz Todt (1891-1942), en particulier d’autoroutes. On crée dans le parti une série d’organisations destinées à doubler et à contrôler les administrations. Mais surtout un essor considérable est donné à la propagande. La radio en est un élé-

ment essentiel, ainsi que le cinéma et les écrivains. Il ne faut pas oublier les cérémonies grandioses qui frappent les foules, comme le congrès de Nuremberg (1er-3 sept.), la fête de la moisson, les quêtes sur la voie publique. Toutes ces cérémonies sont autant de parades, comme des films à grand spectacle.

Une loi du 30 janvier 1934 unifie le Reich. Déjà le 31 mars 1933, une loi a dissous les parlements locaux et décidé qu’il n’y aurait plus de Landtage, mais que, dans chaque Land, les assemblées locales seraient constituées dans les mêmes proportions que pour les élections au Reichstag. En avril, à la tête de chaque Land sont placés des Statthalter. Enfin, en Prusse, le chancelier lui-même est Statthalter. Désormais, les Länder n’ont plus aucune autonomie. La loi du 30 janvier 1934 les supprime purement et simplement. Les Statthalter deviennent des hauts fonctionnaires sous l’autorité du ministre de l’Intérieur du Reich. Il n’y a plus de fédération des Länder allemands, mais un État allemand centralisé. Peu à peu, les divers services des Länder disparaissent à leur tour, et, comme il n’y a plus de Länder, le Reichsrat est également supprimé (14 février 1934).

Motivé par un pangermanisme et

un nationalisme d’action, le national-socialisme pratique très vite une politique expansionniste. En 1935, la propagande hitlérienne détermine le choix des Sarrois, qui, par plébiscite, décident de la réunion de leur territoire au IIIe Reich. En 1936, Hitler, au mépris des traités, fait réoccuper militairement la zone rhénane. En 1938 c’est l’Anschluss (annexion de l’Autriche) et l’annexion des Sudètes ; en 1939, celle de la Bohême et de la Moravie, de Memel puis de Dantzig. L’occupation de cette dernière ville prélude à la Seconde Guerre mondiale, qui verra l’Allemagne nazie dominer une bonne partie de l’Europe.