F.-G. D.
F Allemagne / Antisémitisme / Concentration (camps de) / Guerre mondiale (Seconde) / Hindenburg / Hitler / Juifs / Ludendorff / Wehrmacht
/ Weimar.
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Natsume Sōseki
Écrivain japonais (Tōkyō 1867 - id.
1916).
Après les classiques chinois, le
jeune Natsume Kinnosuke (qui adoptera plus tard le prénom-pseudonyme de Sōseki) étudie la littérature anglaise à l’université de Tōkyō. Diplômé, il commence par enseigner cette matière dans diverses écoles secondaires de la capitale et de province (séjour d’un an dans l’île de Shikoku, 1895-96) ; en 1900, il obtient une bourse de deux ans à Londres ; à son retour, il succède à Lafcadio Hearn (1850-1904) dans la chaire de littérature anglaise de l’université. Jusque-là, il avait certes publié, en dehors des travaux de sa spécialité, quelques poèmes chinois et quelques essais, mais il n’avait jamais songé à faire une carrière littéraire.
Sur les conseils de son ami, le poète Takahama Kyoshi, il écrit pour une revue un texte satirique qui deviendra le premier épisode d’une longue chronique publiée en feuilleton, Wagahai wa neko de aru (Je suis un chat, 1905) : le chat d’un professeur recueille les propos qu’échangent son maître et ses visiteurs, suite de réflexions de tous ordres, principalement littéraires, philosophiques, esthétiques. Le succès engage l’auteur à écrire des nouvelles, comme la Tour de Londres (Rondon-to, 1905) et bientôt un roman de moeurs, Botchan (l’Enfant gâté, 1906), qui relate les déboires d’un fils de famille obligé, à la suite de revers de fortune, d’accepter, à la sortie de l’université, un poste de professeur dans une bourgade de Shikoku. Le retentissement de l’oeuvre est d’autant plus grand qu’il y manifeste une totale indifférence aux mouvements littéraires de l’heure, et singulièrement au naturalisme, à la mode depuis peu.
Sōseki hésite encore entre l’enseignement et les lettres, quand, en 1907, le journal Asahi lui offre une collaboration permanente. Il donne alors sa démission de l’université et, pendant dix ans, il publie tout le reste de son oeuvre dans ce journal, en feuilletons d’une régularité imperturbable, que la mort seule interrompra. Toujours imperméable aux remous de l’actualité, il construit ainsi une longue série de
romans exemplaires, qui feront de lui l’un des plus grands écrivains du début de ce siècle avec, dans une manière différente, Shimazaki* Tōson et Mori*
Ōgai. Comme ces derniers, le pro-
blème qui le préoccupe est la difficulté qu’éprouve l’homme japonais à s’adapter à l’évolution de la société nouvelle ; comme à ceux-là, un long séjour en Europe, une approche directe de la littérature occidentale lui permettent de juger en connaissance de cause. Et comme Tōson, mais à la différence d’Ōgai, Sōseki situe l’aventure personnelle, sentimentale, familiale avant l’expé-
rience philosophique et politique. Le problème religieux l’a préoccupé pour un temps, mais ses conclusions seront négatives : s’il rejette le christianisme après mûre réflexion, il n’a que dédain pour les sectes bouddhiques, qui n’apportent aucune réponse aux inquié-
tudes de l’homme moderne, le zen en particulier, dont il a fait l’expérience dans sa jeunesse et dont il dénonce avec vigueur le vain formalisme, voire l’imposture dans Mon (la Porte, 1910), porte symbolique qui débouche sur le vide.
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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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Sanshirō (1908) décrivait déjà le désarroi d’une génération de jeunes hommes issus de familles traditionalistes et jetés sans transition dans un monde qui se veut radicalement et im-médiatement autre. Le déséquilibre qui en résulte et la solitude de l’intellectuel, dont l’évolution a été plus rapide que celle de son milieu, sont le thème de Kōjin (le Passant, 1913) ; les tourments que Sōseki s’inflige à lui-même et qu’il fait subir à son entourage traduisent sans nul doute les souffrances d’un auteur affligé de fréquentes dépressions nerveuses. La maladie qui déjà le mine n’est pas étrangère non plus au découragement qui apparaît dans Kokoro (le Pauvre Coeur des hommes, 1914) : ce roman singulier, dans lequel toute une génération se reconnaîtra, traduit cependant avant tout l’espèce de stupeur qui frappe les contemporains et les acteurs de la « Rénovation » de Meiji à la mort de l’empereur, symbole du
Japon moderne.
Sōseki se ressaisit toutefois et entreprend un nouveau roman, Meian
(Ombre et lumière), que la mort viendra interrompre. Cette fois, c’est la vie quotidienne de gens très ordinaires que l’auteur décrit avec minutie : un homme apprend qu’il doit subir une opération assez banale ; tout se passe du reste fort bien : la convalescence commence sans histoire, et pourtant sa vie entière et celle de son entourage s’en trouvent affectées ; l’analyse psychologique de l’individu face à la maladie est poussée ici à un degré d’acuité rarement atteint. Il est clair que cette oeuvre ultime doit beaucoup aux longues méditations qu’une immobilité forcée imposait à un auteur rompu à l’introspection. Il n’est que de la comparer avec un feuilleton publié en 1915
pendant une période de rémission, Garasudo-no naka (Derrière une porte vitrée), réflexions sur la vie et la mort, mêlées d’anecdotes et de souvenirs anciens et récents, et qui s’achèvent sur une vision pessimiste : la vie n’est qu’un combat perdu d’avance contre la mort, mais le suicide ne serait qu’une défaite, inutile de surcroît.