Выбрать главу

du quotidien.

Accompagnant une fois de plus la

nature morte dans ses vicissitudes, le trompe-l’oeil trouve, lui aussi, une nouvelle faveur avec Pierre Roy (1880-1950) ou avec Georges Rohner (né en 1913), qui n’a pas hésité à prendre pour sujet unique d’un tableau une serviette pendue à ses deux extrémités.

Le pop’art* comme les plus récentes résurgences du réalisme* pictural n’imposent pas avec moins de force inquiète la présence muette et lancinante des choses.

P. D. C.

F Paysage / Portrait.

M.-J. Friedländer, Essays über die Lands-chaftsmalerei und andere Bildgattungen (La Haye, 1947). / C. Sterling, la Nature morte, de l’Antiquité à nos jours (Tisné, 1952). / E. Greindl, les Peintres flamands de nature morte au XVIIe s.

(Elsevier, Bruxelles, 1957). / M. Faré, la Nature morte en France (Cailler, Genève, 1964 ; 2 vol.).

naturelle

(histoire)

Ensemble de disciplines qui étu-

dient l’histoire de la Nature, c’est-à-

dire l’histoire de la Terre et des êtres vivants.

Les diverses chaires composant à

l’origine le Muséum national d’histoire naturelle illustrent cette conception : sciences essentielles (minéralogie, géologie, zoologie, botanique), sciences downloadModeText.vue.download 152 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

7595

marginales (physique et chimie).

Actuellement, l’expression, jugée dé-

suète, est assez rarement utilisée.

L’époque classique

Déjà, Pline l’Ancien (23-79) avait écrit une Naturalis Historia en 37 volumes ; ultérieurement, diverses histoires naturelles furent rédigées, notamment au XVIe s. Mais c’est Buffon qui est l’authentique fondateur de l’histoire naturelle. De 1671 à 1676 paraît un ouvrage, Mémoires pour servir à l’histoire des animaux, patronné par Colbert et dirigé par Claude Perrault (1613-1688). Le ministre Maurepas, qui protège Buffon, le charge de rédiger une Description du cabinet du roi. À partir de cette description, Buffon envisage de décrire toute la Nature. Pendant dix années, il élabore le plan de son projet, dont le titre sera Histoire naturelle générale et particulière avec la description du cabinet du roi. L’oeuvre, avec ses 44 volumes in-4°, est ainsi répartie : 1o Histoire naturelle générale et particulière (15 vol.) ; 2o Histoire naturelle, Suppléments (7 vol.) ; 3o Histoire naturelle des Oiseaux (9 vol.) ; 4o Histoire naturelle des minéraux (5 vol. et un atlas) ; 5o Ovipares et Serpents (2 vol.) ; 6o Histoire naturelle des Poissons (5 vol.) ; 7o Cétacés (1 vol.). Les trois premiers volumes de l’Histoire naturelle générale et particulière paraissaient en 1749 ; en 1789, 36 volumes étaient parus ; Bernard de Lacépède (1756-1825) continuera l’oeuvre, et, en 1804, les 44 volumes prévus dans le plan initial seront réalisés.

Buffon et ses collaborateurs se sont attachés uniquement à la description des Vertébrés. Au XIXe s., Lamarck s’attaque aux animaux sans vertèbres (Histoire naturelle des animaux sans vertèbres [7 vol., 1815-1822] et collaboration à un Nouveau Dictionnaire d’histoire naturelle appliquée aux arts

[36 vol., 1816-1819]).

Cuvier s’intéresse également à l’histoire naturelle, zoologie et paléontolo-

gie, dont il montre toute l’importance.

Il publie notamment Recherches sur les ossements fossiles (1812), le Règne animal (1817), Histoire naturelle des Poissons (1828-1849).

En 1825 paraît une édition en 32 volumes de l’Histoire naturelle de Buffon ; les trois derniers volumes, rédigés par Cuvier, sont consacrés à l’Histoire des progrès des sciences naturelles depuis 1789. Cuvier est peut-être le premier à avoir substitué l’expression sciences naturelles à celle d’histoire naturelle.

Une désaffection récente

La désaffection pour l’expression histoire naturelle est manifeste, et certains la regrettent. Se justifie-t-elle ?

Il est incontestable qu’une histoire de la Nature présente une réalité ; il existe une histoire de la Terre, une histoire de l’évolution des êtres vivants, une histoire embryologique des différents êtres, une histoire de la distribution géographique des êtres vivants, une histoire des relations des êtres vivants avec leurs milieux, une histoire des rapports des êtres vivants entre eux.

Mais, à côté des séquences d’événements, la Nature comporte beaucoup de faits qui se répètent ; leur description n’est pas historique, car n’est histoire que ce qui change.

L’expression histoire naturelle

semble donc valable. Et les premiers naturalistes paraissent être des historiens de la Nature ; ces amateurs, herboristes, entomologistes, ornithologistes, collectionneurs de coquillages, de minéraux, étaient des observateurs et des descripteurs, souvent doublés de grands voyageurs ; beaucoup ont participé aux grandes explorations.

Ils regardaient vivre les animaux, connaissaient leurs cris, leurs chants, analysaient leur comportement, leurs divers procédés de capture des proies dont ils se nourrissaient. Entre tous ces descripteurs régnait une intense émulation ; leurs fructueuses prospections constituent bien souvent les premiers éléments des grandes collections ulté-

rieures. De fort belles planches d’animaux variés datent de cette époque, où l’histoire naturelle était reine.

Vers le milieu du XVIIIe s., un changement majeur se produit : on ne se contente plus de regarder et de décrire, on tente avec succès de manipuler la matière vivante, d’abord timidement, puis avec de plus en plus d’audace. Au départ, la célèbre expérience d’Abraham Trembley (1710-1784) met en

évidence le pouvoir de régénération de l’Hydre (1744). De passive, l’histoire naturelle devient « active, opératoire et interventionniste » ; elle est expé-

rimentale. Cette promotion inattendue excite les curiosités et suscite l’enthousiasme : l’ancienne histoire naturelle se nomme sciences naturelles ; le naturaliste est promu au titre de scientifique.

Il devient un homme de laboratoire, qui connaît des techniques, qui utilise des appareils plus ou moins compliqués ; il expérimente et intervient dans les phé-

nomènes vitaux.

Les programmes de l’enseignement

secondaire s’alignent sur cette nouvelle orientation ; l’expression sciences naturelles est remplacée par biologie ou, plus tardivement, par sciences de la vie. Maint biologiste manifeste un complexe de supériorité vis-à-vis du naturaliste, dont le portrait partial tend au ridicule ; cet homme des champs et des prés porte une boîte verte, une musette avec quelques flacons et un filet à papillons.

Il faut bien reconnaître qu’actuellement l’observation du vivant dans la Nature s’avère de plus en plus difficile en raison de la disparition des biotopes devant l’envahissement des constructions. Que de mares, de ruisseaux, de tourbières, de marécages, de prairies, de coteaux au peuplement végétal et animal xérophile sont à jamais disparus ! La science expérimentale pratiquée dans un laboratoire sur des animaux d’élevage présente un certain confort que n’apporte pas toujours la quête dans la Nature.

Et surtout, certains, en souriant de la vieille histoire naturelle, estiment que zoologie et botanique n’offrent plus grand intérêt ; seuls quelques progrès de détail sont à attendre.

Une réhabilitation

opportune

Ces conceptions trop courantes depuis plusieurs décennies sont erro-nées. La faune s’est considérablement enrichie, et, sans vouloir donner un tableau exhaustif des découvertes parfois importantes (embranchement des Pogonophores créé en 1944 pour des animaux rares et mal connus jusqu’à cette époque), on citera deux exemples significatifs. Un inventaire récent (Ch. Bocquet, 1971) mentionne la dé-

couverte, dans la région de Roscoff, de 1945 à 1970, de 334 espèces, sous-es-pèces ou variétés, dont 34 pour le règne végétal et 300 pour le règne animal.

Pour la faune, 44 genres, 4 familles, 1 sous-ordre et 1 ordre nouveau ont été décrits, bien que la zone de Roscoff ait été particulièrement bien fouillée antérieurement à 1945, en raison même de la présence du laboratoire maritime, fréquenté par de nombreux chercheurs.