Le second exemple se rapporte à la faune interstitielle des eaux littorales et souterraines ; le peuplement de ce biotope fort particulier est encore en cours d’étude ; une faunule originale, riche en Protozoaires, en Turbellariés, en Archiannélides et en Crustacés, y a été découverte ; sa description, sa taxinomie, les modifications du cycle des diverses espèces sont observées et analysées.
Les vieilles sciences fondamentales sont indispensables à la biologie expé-
rimentale ; elles en sont le support obligatoire. Et peut-être atteignons-nous un point critique : l’engouement actuel pour l’écologie oriente vers un retour à la Nature. Animal et plante ne sont plus considérés isolément ; l’individu cède le pas à l’écosystème, c’est-à-dire aux êtres vivants qui fréquentent un biotope déterminé. Une étude scientifique des rapports des êtres vivants avec leurs milieux nécessite une identification des espèces, de leur fréquence, de celle des individus ; le milieu prospecté doit être analysé ; il faut connaître sa structure, sa composition, son degré d’homogénéité. Ces indications renseignent sur les moyens les plus adaptés à la récolte de la faune et permettent la réalisation de plans d’échantillonnages. Le naturaliste-écologiste équipé d’un appareillage spécialisé fréquen-tera de nouveau le terrain pour obser-
ver et comprendre les documents qu’il obtiendra.
A. T.
F Botanique / Buffon / Cuvier / Géologie / Lamarck / Minéralogie / Zoologie.
navale
(construction)
F CONSTRUCTION NAVALE.
Navarre
En esp. NAVARRA, province de l’Espagne septentrionale ; 10 421 km 2 ; 440 600 hab.
La géographie
Située à l’extrémité occidentale des Pyrénées et du bassin de l’Èbre, la Navarre est une région de transition entre le Pays basque et l’Aragon* : elle offre une gamme de paysages infiniment
nuancée depuis le nord-ouest, baigné d’influences atlantiques, jusqu’au sud-est, marqué d’une forte aridité. L’incidence de vents pluvieux à dominante N.-O., avec un relief dont les lignes directrices sont orientées de l’O.-N.-O.
à l’E.-S.-E., explique cette diversité.
Les contreforts occidentaux de la chaîne pyrénéenne, exposés de plein fouet aux vents humides, reçoivent plus de 2 m d’eau par an malgré un relief modeste (de 1 000 à 1 500 m).
De beaux boisements de hêtres et de downloadModeText.vue.download 153 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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chênes rouvres en tapissent les versants. Vers l’est, ces hêtraies se limitent de plus en plus étroitement aux parties culminantes d’altitude croissante, alors que le versant méridional, plus sec et bien ensoleillé, est peuplé de pins sylvestres. Ces forêts sont activement exploitées : d’innombrables scieries s’échelonnent le long des vallées, et une importante industrie de la cellulose a été récemment installée à Sangüesa.
Mais l’activité essentielle reste l’élevage, qui dispose de beaux alpages ;
malgré le développement des cultures fourragères et des prairies de fauche dans les vallées, une partie des troupeaux doit transhumer en hiver dans les plaines sèches du bassin de l’Èbre (Bardenas Reales).
Au pied des Pyrénées, la gouttière synclinale, dont Pampelune occupe le centre, reçoit encore plus de 700 mm de précipitations. Grâce à l’apport d’engrais, la culture mécanisée du blé (associé en assolement triennal aux cultures fourragères et à la betterave, à la pomme de terre ou au maïs) permet d’atteindre des rendements de l’ordre de 20 à 25 quintaux à l’hectare.
L’avant-pli pyrénéen de la sierra de Alaiz, que l’érosion a partiellement dé-
gagé des sédiments qui l’avaient fossilisé, et, plus à l’ouest, les escarpements des sierras d’Urbasa et d’Andía séparent cette dépression sous-pyrénéenne de la vallée de l’Èbre. Les rivières issues des Pyrénées y ont façonné un relief de piémont à plateaux faiblement inclinés vers le sud et entaillés de vallées à terrasses étagées. À l’ouest du río Arga, la Tierra de Estella est encore sous l’influence atlantique : traditionnellement vouée à une polyculture de type méditerranéen, elle se spécialise de plus en plus dans la culture du blé, associé à la pomme de terre ou au maïs, sans pour autant négliger l’élevage, qui dispose des pâturages de la sierra d’Urbasa, copieusement arrosée.
À l’est du río Arga, le climat, plus sec, a davantage favorisé la viticulture, qui supplante l’ancienne polyculture : le vignoble, aux mains de petits viticul-teurs groupés en coopératives, couvre déjà des surfaces importantes autour d’Olite et de Tafalla. Plus au sud encore, dans les Bardenas, le climat, franchement sec, n’a guère permis d’améliorer la culture extensive du blé, que la politique de soutien de l’État a contribué à développer sur des terres marginales. Les jachères, qui alternent un an sur deux avec le blé, et les friches sont livrées aux moutons.
Contrastant avec les paysages dé-
nudés des plateaux, les longs rubans verts des plaines alluviales qui accompagnent les basses vallées pyrénéennes et celle de l’Èbre bénéficient de terres fertiles et d’eau en abondance. Ce sont
les riberas. L’irrigation y est ancienne et a été notablement étendue avec la mise en service récente du canal de Lodosa et de celui des Bardenas sur la rive gauche du río Aragón. Contrairement à l’Aragon, les cultures de la betterave sucrière et de la luzerne n’occupent ici qu’une place modeste ; depuis une trentaine d’années, les cultures de légumes et de fruits ont, en effet, connu un spectaculaire développement. Elles sont assurées d’un large marché avec la croissance urbaine de l’Espagne actuelle, et les surplus sont traités dans d’importantes coopératives de conserverie établies à San Adrián et à Falces. À l’ouest de Tudela, la rive droite de l’Èbre s’est spécialisée dans la viticulture sous l’influence de la Rioja voisine.
Malgré cette extrême diversité,
la Navarre a su conserver à travers l’histoire une réelle personnalité, fondée sur la maîtrise des routes qui s’y croisent. Située au débouché des vallées pyrénéennes (notamment du col de Roncevaux, qu’empruntaient les pèlerins se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle), sur la route qui relie les deux grands foyers économiques, vasco-cantabrique et catalan, communiquant aisément enfin avec Logroño et Vitoria, Pampelune (130 000 hab.) symbolise ce rôle de carrefour. Capitale provinciale, place forte frontalière, centre universitaire renommé, cette ville est surtout de nos jours un pôle industriel diversifié : industries mécaniques (notamment construction automobile), papier, extraction et traitement de la potasse.
R. L.
L’histoire
Les origines
Tout comme pour les Asturies*, le León* et la Castille* on a coutume d’étudier le royaume de Navarre à partir de la pénétration des Arabes en Espagne. Dans cette optique, il faudrait considérer que celui-ci doit son origine à la réaction des chrétiens face aux Arabes — conquérants du pays
— dès le début de la Reconquista*
(718). Toutefois, des études récentes montrent qu’il existait déjà auparavant
une organisation politique dans cette région.
Les Romains, ne parvenant à aucun moment à dominer complètement
l’Hispania, leur influence ne se fait pas sentir dans certaines parties de ce pays. Plus de quatre cents ans après l’invasion de l’Espagne par les légions romaines, le Nord résiste toujours ; l’empereur Dioclétien* fait alors de la Navarre la frontière des terres sur lesquelles il a imposé sa souveraineté et y installe des campements destinés à protéger les possessions romaines contre d’éventuelles incursions de Basques, de Cantabres et d’Astures.