en la soulevant au moyen d’un bulbe très développé à l’avant.
La fonction des brise-glace conduit à l’adoption de caractéristiques très particulières, notamment :
— une très grande largeur avec un rapport très faible, de l’ordre de 4 à 5 ;
— un compartimentage très serré, souvent avec double coque, de façon à permettre au bâtiment de flotter avec 2 ou 3 compartiments envahis ;
— une forte stabilité transversale, le navire engagé sur la glace se trouvant dans des conditions analogues au pivotement sur le brion lors du lancement ;
— l’emploi pour la coque d’aciers spéciaux résistant aux basses températures ;
— la protection des hélices à l’arrière contre le choc de la glace ;
— une puissance propulsive élevée permettant aux hélices (généralement deux ou trois) d’exercer sur la glace une poussée suffisante.
E. C.
E. C.
F Aéroglisseur / Armement maritime / Cabotage / Classification (société de) / Construction navale / Container / Drague / Hydroptère / Manutention / Marine / Navire / Paquebot / Pêche maritime / Pétrolier / Polytherme / Remorquage maritime / Transporteur de gaz.
H. Cloarec, la Marine marchande (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1949 ; 2e éd., 1961). /
H. Anrys, Paquebots, cargos, pétroliers. La marine marchande (Gérard, Verviers, 1964).
/ E. V. Lewis et R. O’Brien, Ships (Morristown, N. J., 1965 ; trad. fr. les Bateaux, Laffont, 1969).
/ P. Célérier, les Navires (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1966). / A. Koniakine, Traité pratique des bacs (Eyrolles, 1968). / G. E. Merlin et B. Parizot, les Principaux Types de navires de commerce (École nat. sup. des techniques avancées, 1970). / B. Parizot, Navires de commerce (École nat. sup. des techniques avancées, 1970). /
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Nazca (Paracas et)
Cultures de la côte sud du Pérou ancien.
La culture Paracas
En 1925, le grand précurseur de l’ar-chéologie péruvienne Julio C. Tello (1880-1947) découvrit dans la péninsule désertique de Paracas, à environ 300 km au sud de Lima, un grand
nombre de chambres funéraires creu-sées dans le sable à 4 ou 5 m de profondeur. Ces sortes de cavernes en forme de coupole contenaient des
momies, jusqu’à 30 ou 40 par tombe.
Les cadavres, recroquevillés en position foetale, étaient enveloppés de grandes pièces de tissu généralement uni, et à côté d’eux reposaient diverses offrandes, calebasses emplies de haricots ou de maïs, massues de pierre, couteaux d’obsidienne ainsi que divers récipients de céramique d’un style jusqu’alors inconnu. Ces poteries à la surface brune ou noirâtre, assez mal cuites, sont décorées de motifs géomé-
triques ou d’animaux stylisés, incisés et rehaussés à l’aide de pâtes résineuses de couleur vive appliquées après la cuisson de l’argile. Tello donna à ce style le nom de Paracas Cavernas, et le rattacha à l’horizon chavín, car quelques-uns des motifs rappelaient en effet les célèbres gravures sur pierre de Chavín* de Huantar.
Quelques années plus tard et dans le même secteur, Tello trouva au
pied du Cerro Colorado, enfouis sous d’épaisses couches de sable et de dé-
tritus archéologiques, au milieu d’un antique village en ruine, 429 fardos funéraires alignés ou empilés les uns sur les autres. Chacun d’eux, de forme conique, mesure entre 60 et 150 cm de haut. Au centre se trouve la momie repliée, assise dans une corbeille et ornée de colliers de coquilles ou de petites plaques d’or posées sur le front. Plusieurs épaisseurs de tissu l’entourent, au milieu desquelles, entre des couches protectrices de coton ou des pièces de peau tannée, des petits objets ou bijoux sont placés en offrande (colliers, ornements de plume, armes diverses). Les
tissus sont les fameux mantos, chefs-d’oeuvre de l’art textile dont il n’existe pas d’équivalent au monde. Toujours en coton, ce sont de grandes pièces rectangulaires de 1,30 m sur 2,50 m, fabriquées par la technique du « bordé », ornées de motifs décoratifs disposés en damier sur un fond brun, qui repré-
sentent des animaux stylisés, félins, serpents ou oiseaux, ainsi que des dé-
mons aux caractères mi-humains, mi-animaux. Les tisserands employaient jusqu’à 8 couleurs différentes, obtenues par teinture ou mélange. Quelques poteries, souvent enroulées elles aussi dans les tissus, accompagnent le fardo ; elles sont de couleur orangée ou crème brillant et représentent des fruits ou des calebasses. Tello donna le nom de Paracas Necropolis à ce style nouveau.
Il existe en effet deux traditions cé-
ramiques distinctes, l’une polychrome (Cavernas), l’autre monochrome (Necropolis). La poterie Cavernas est probablement plus ancienne, et les tissus qui l’accompagnent portent parfois, comme elle-même, des motifs d’aspect chavínoïde (motifs curvilignes où figurent le félin aux longues canines ou des serpents entrelacés à la tête triangulaire). La poterie Necropolis, plus récente, semble originaire de vallées situées plus au nord (Cañete, Chincha et Pisco). Cependant, des recherches récentes menées par une équipe d’ar-chéologues nord-américains ont montré qu’il ne s’agissait pas de deux cultures distinctes, mais d’une même culture, apparue dans les déserts de la côte sud du Pérou aux environs du IXe s. av. J.-C.
L’ensemble de la poterie de Paracas a été classé en dix phases ; les huit premières correspondent au style Cavernas, les deux dernières comprennent les poteries et tissus Necropolis.
D’autres éléments de la culture Paracas et de la vie des hommes ont pu être reconstitués grâce au contenu des tombes et à l’interprétation des motifs décoratifs. Les Paracas, il y a presque 3 000 ans, cultivaient le coton, le maïs, les haricots et le manioc, les calebasses, les piments et autres plantes ou fruits, grâce à l’irrigation des terres gagnées sur le désert. Leurs villages, simples agglomérations de petites maisons de pierre et de terre sèche, étaient
construits à peu de distance du rivage, où l’on pratiquait la pêche et la chasse des mammifères marins. Agriculteurs et pécheurs, les hommes de Paracas étaient aussi des guerriers, dont on a retrouvé les massues de pierre, les flèches d’obsidienne qu’on lançait à l’aide d’un propulseur, et les frondes tissées. Les crânes de nombreuses momies (surtout dans les tombes Cavernas) portent des trépanations effectuées sur le vivant ; plusieurs d’entre eux, cicatrisés, prouvent la réussite et l’habileté des chirurgiens qui ne disposaient pourtant que de pointes ou de fins ciseaux d’obsidienne ou de cuivre.
En outre, les crânes des hommes sont souvent déformés, démesurément ré-
trécis et allongés ; cela s’obtenait par un système de bandelettes et de planchettes que l’on fixait sur le crâne encore malléable des très jeunes enfants, en empêchant ainsi la croissance normale. Une telle pratique avait probablement une signification religieuse ou prophylactique. Les représentations de têtes coupées et les innombrables figures démoniaques qui ornent les mantos évoquent une religion compliquée et cruelle, où toute une série de divinités d’aspect monstrueux, créatures célestes ou personnifications des forces naturelles, exigeaient des sacrifices humains pour se montrer bienveillantes.
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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14