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ENREGISTREMENTS : In the upper Room (1952), Didn’t it rain (1958), Black, brown and beige (avec Duke Ellington, 1958), Elijah rock (1961). AUTOBIOGRAPHIE : Movin’ on up (New York, 1966).

Staple Singers, groupe familial qui devint professionnel durant les an-nées 50. Son originalité réside dans l’accompagnement de Roebuck Staple (le directeur-fondateur), qui joue de la guitare dans la tradition du blues du Mississippi, mêlée à des harmonies

« hillbilly ». Le quartette est constitué

par ses filles Cleotha et Mavis et son fils Pervis (Yvonne et Cinthia, autres filles, y ont également participé). ENREGISTREMENTS : Uncloudy Day (1956), Freedom Highway (1965).

Nehru

(Jawaharlāl)

Homme d’État indien (Allāhābād

1889 - New Delhi 1964).

La jeunesse et la

formation intellectuelle

Nehru est issu d’une famille de riches brahmanes kāśmīrī ; son père, Motilal Nehru, avait été, avant de devenir un nationaliste écouté, un avocat on ne peut plus prospère. Le jeune Jawaharlāl vit donc ses premières années dans un milieu très aisé : son père sera le premier Indien à posséder une automobile.

Certes, le train de vie de la famille Nehru diminuera sensiblement quand le père, obéissant au mot d’ordre du Mahātmā Gāndhī, cessera d’exercer sa profession d’avocat, mais, dans son enfance, Nehru n’est, selon ses propres termes, qu’un « fils à papa ». À quinze ans, il part pour la Grande-Bretagne, d’abord au collège de Harrow, puis à Cambridge, où il fait des études scientifiques (chimie, géologie, botanique).

Après Cambridge, ce sera Londres et les études de droit qui lui permettront de regagner l’Inde en 1912 nanti d’un diplôme d’avocat. Pendant huit ans, il va exercer cette profession sans jamais vraiment s’y intéresser. Plusieurs évé-

nements le font basculer irrévocablement dans le camp des nationalistes : le massacre délibéré de Jaliyānvālabāgh le 13 avril 1919 ; une tournée en Uttar Pradesh qui le met en contact direct et brutal avec la misère des masses rurales indiennes ; la campagne de déso-béissance civile lancée par Gāndhī* en 1920.

Le leader nationaliste

(1920-1947)

Cette activité politique lui vaudra d’ailleurs neuf arrestations qui se sol-deront par neuf ans de prison. Dans ce domaine, on schématise trop souvent en faisant de Nehru, dès 1920, le second de Gāndhī. C’est la date de 1929

qui constitue la coupure décisive.

Jusqu’en 1929, J. Nehru n’est que l’un des leaders du Congrès, dont il représente l’aile gauche progressiste.

Il parfait alors sa formation politique.

Il multiplie les voyages à l’étranger, assistant à Bruxelles à une conférence des nations opprimées, se rendant ensuite à Moscou, où certains aspects du socialisme soviétique de l’époque stalinienne le rebuteront. Il va bientôt représenter dans le nationalisme indien un courant moderniste prolongeant celui qui avait été inauguré par Rām Mohan Roy (1772-1833). Comme lui, il pense que l’Inde peut et doit assimiler certains aspects de la civilisation occidentale sans pour autant rompre avec sa civilisation traditionnelle. Farouche adversaire du colonialisme, il n’en éprouve pas pour autant de l’hostilité vis-à-vis des Britanniques. En cela, il se rapproche de Gāndhī. Il s’en éloigne pourtant sur deux points importants : il ne considère la non-violence que comme un moyen d’action politique et non comme une base morale essentielle ; sa conception économique (priorité à l’industrialisation, nécessité d’instaurer en Inde un certain socialisme) se trouve souvent aux antipodes de celle du Mahātmā, hostile au socialisme, à la grande industrie moderne et par contre favorable au développement de l’artisanat.

Dans les milieux indiens, la sur-

prise n’en est que plus grande de voir Gāndhī pousser J. Nehru en 1929 à la présidence du Congrès national indien.

Il y a à cela deux séries de raisons.

C’est tout d’abord l’estime et l’affection profonde que Gāndhī porte à

Nehru : « Il est pur comme le cristal, il est d’une sincérité au-dessus de tout soupçon [...], le pays est en sûreté entre ses mains [...]. Quand je ne serai plus avec vous, il parlera mon langage. »

Dans le style habituellement mesuré du Mahātmā, de tels éloges se passent de commentaires. Il y a sans doute aussi une raison tactique. Parmi les « jeunes-turcs » du Congrès, deux hommes pouvaient prétendre aux plus hauts postes : J. Nehru et Sūbhas Chandra Bose

(1897-1945). Gāndhī joue délibéré-

ment la carte Nehru contre S. C. Bose, dont il craint à tort ou à raison un certain extrémisme.

C’est dans ces conditions que, jusqu’à l’indépendance, J. Nehru

va être élu quatre fois président du Congrès : présidences entrecoupées par des séjours en prison et de nouveaux voyages à l’étranger. Ainsi, en 1938, Nehru se rend en Espagne et en Tchécoslovaquie pour étudier de visu la situation politique de ces pays. Ces voyages mettent en évidence l’audience qu’avait dès lors acquise le downloadModeText.vue.download 190 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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nationalisme indien. Pendant cette pé-

riode, Nehru consigne son expérience de leader nationaliste et ses réflexions sur l’histoire indienne dans toute une série d’ouvrages : Vers la liberté, Ma vie et mes prisons, la Découverte de l’Inde. Il se donne ainsi peu à peu une stature d’homme d’État, et l’on assiste, au sein du nationalisme indien, à une curieuse dichotomie : si Gāndhī en est la tête morale incontestée, Nehru est le technicien chargé des applications pratiques. C’était une sorte de partage entre le spirituel et le temporel.

Lorsque éclate la Seconde Guerre

mondiale, J. Nehru se trouve dans une situation difficile. Lui qui éprouve pour le nazisme et le fascisme une hostilité fondamentale se voit contraint de refuser le soutien indien à la Grande-Bretagne ; il déclare que seule une Inde libre pourrait participer volontairement à la guerre contre l’Axe.

Il est pendant le conflit l’une des nombreuses victimes de la répression britannique. En 1946, toutefois, en tant que président du Congrès, il est appelé par le vice-roi lord Wavell au poste de Premier ministre du gouvernement provisoire. Le leader nationaliste cède dès lors la place à l’homme d’État.

L’homme d’État

(1947-1964)

Jusqu’à l’assassinat de Gāndhī, en 1948, le partage des rôles va se poursuivre. Nehru est Premier ministre, Gāndhī restant, de par son autorité mo-

rale, l’arbitre suprême. L’assassinat du Mahātmā fera de Nehru le vivant symbole de l’unité indienne et renforcera d’une façon paradoxale son autorité. Il va d’ailleurs en avoir besoin.

Quand il devient, le 15 août 1947, chef du gouvernement, il se heurte en effet à une double opposition : celle des ultras, qui n’acceptent pas la « partition » et veulent régler le problème pakistanais par les armes ; celle des conservateurs, qu’effraie son socialisme. Le programme qu’il s’efforce de mettre en pratique se résume ainsi :

— faire de l’Inde, au-delà des frontières de langue ou de caste, un pays véritablement uni ;

— renforcer cette unité en pratiquant une stricte neutralité religieuse ;

— promouvoir une politique vigou-

reuse de développement économique, grâce notamment à la planification ;

— édifier le socialisme, ce que l’on appellera parfois la « voie indienne »

entre le libéralisme et le collectivisme.

Ses adversaires ne verront d’ailleurs dans cette politique qu’un capitalisme d’État.

Il faut toute l’autorité du pandit Nehru pour imposer une politique

économique qui effraie les éléments conservateurs du Congrès.

En 1950, il est d’ailleurs amené à mettre ses adversaires au pied du mur en démissionnant du comité de travail du Congrès. Il est réélu président du Congrès en 1951, et son pouvoir se trouve dès lors définitivement établi.