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L’Anguillule du vinaigre (Turbatrix aceti) se développe dans ce liquide, pourtant considérée comme peu favorable à la vie.

Dans le sol, les Nématodes ne repré-

sentent qu’une faible part du peuplement animal, par rapport aux Anné-

lides et aux Arthropodes. Leur activité cesse si le sol est trop sec ou s’il est trop imprégné d’eau, car ces vers ne peuvent se déplacer que le long des interfaces air-eau.

La plupart des Nématodes libres se nourrissent de matières organiques ; on a pu en élever certains en laboratoire sur des milieux synthétiques. Quelques espèces sont prédatrices et ingèrent des animaux microscopiques.

Nématodes parasites

Ce sont les formes les mieux connues, à la fois à cause de leur taille souvent grande (l’Ascaris du Cheval atteint 30 cm de long ; la Filaire de Médine downloadModeText.vue.download 195 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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et le Dioctophyme du rein du Chien atteignent ou dépassent un mètre) et à cause des dégâts ou des troubles pathologiques qu’ils provoquent.

Quelques espèces attaquent les

plantes et causent de sérieux dommages aux cultures. Les larves d’Anguina tri-tici se développent à la place des grains du Blé (maladie de la nielle) ; elles ont une résistance considérable au froid, à la chaleur et à la sécheresse. Diverses espèces d’Heterodera se développent dans les racines, qu’elles épuisent et déforment.

Les Nématodes parasites d’animaux sont les plus nombreux et les plus caractéristiques. Certains vivent aux dé-

pens d’Invertébrés, comme les larves de Mermis chez les Insectes ; mais la plupart se rencontrent dans les diverses classes de Vertébrés ; on a pu dire que chaque espèce peut héberger au moins une espèce de Nématodes : l’Homme lui-même peut être atteint par une douzaine de vers différents (v. Nématodes pathogènes).

La variété des modes de dévelop-

pement des Nématodes zooparasites doit être soulignée ; on peut les classer ainsi :

1o cycle comportant un seul hôte

a) Larves parasites ; adulte libre. Cas des Mermis, parasites d’Orthoptères et d’autres Insectes.

b) Premiers stades larvaires libres, derniers stades et adultes parasites.

Cas des Ankylostomes (ou Ancylos-

tomes) [Ancylostoma, Necator], parasites de l’Homme.

c) Aucun stade libre. Cas des Oxyures (Enterobius), des Trichocéphales (Trichuris) de l’Homme ; des Ascaris de l’Homme, du Cheval, du Boeuf.

d) Cycle avec alternance de générations parthénogénétiques et sexuées.

Cas du Strongle de l’Homme (Strongyloides stercoralis).

2o cycle comportant deux hôtes

a) L’hôte définitif s’infeste en ingérant l’hôte intermédiaire. Cas de la Trichine (Trichinella), parasite de divers Mammifères (Porc, Homme, Rongeurs) ; de la Filaire de Médine (Dracunculus medinensis), parasite du Cyclope, Crustacé d’eau douce, puis de l’Homme.

b) L’hôte intermédiaire dépose les larves infestantes sur l’hôte définitif.

Cas de l’Habronème (Habronema mus-cae) : la Mouche transporte les larves sur les lèvres du Cheval, qui les avale ; de la Filaire de Bancroft (Wuchereria Bancrofti) : un Moustique laisse tomber les larves sur la peau de l’Homme, hôte définitif.

3o cycle comportant trois hôtes Cas de Gnathostoma, qui passe par un Cyclope, puis par un Poisson, avant d’achever son développement chez le Chien.

Les Nématodes offrent donc un

contraste surprenant entre la richesse des modalités de leur développement et la constante de leur structure, qui n’est pratiquement pas modifiée par le parasitisme.

Larva migrans

La plupart des Nématodes témoignent d’une spécificité parasitaire très stricte et n’achèvent leur développement que chez un hôte bien déterminé ; ils peuvent parfois subsister plus ou moins longtemps chez un hôte différent. On appelle « larva migrans » les troubles résultant, chez l’Homme, de la présence de larves infestantes de parasites d’animaux ; se trouvant dans une « impasse biologique », ces larves errent à la recherche d’une niche écologique introuvable.

L’Ascaris du Chien provoque une larva migrans viscérale chez l’Homme, surtout l’enfant, en contact avec des Chiens infestés et ayant avalé accidentellement des oeufs ; on constate des troubles hépatiques (hypertrophie, lésions d’ordre allergique autour des parasites) associés à une hyperéosinophilie. On connaît une larva migrans cutanée due à une infestation par des larves de l’Ankylostome du Chien et de divers Strongyloides.

Les Nématomorphes

(ou Gordiens)

Ces Vers longs et fins (ils peuvent dé-

passer un mètre de long dans le genre Gordius) vivent dans l’eau douce, souvent en pelotons enchevêtrés (noeuds gordiens) ; ils se distinguent des Nématodes par la dégénérescence de leur tube digestif et le fait qu’ils ne se nourrissent pas à l’état adulte. La larve se développe en parasitant un Insecte, souvent un Orthoptère ou un Coléoptère.

M. D.

Nématodes

pathogènes

Les Nématodes comprennent de nombreux parasites tels que les Ascarides, les Oxyures, les Ankylostomes, les Strongles, les Filaires, etc. Ces parasites déterminent des maladies (helminthiases) pour la plupart intestinales, parfois cutanées ou sous-cutanées, musculaires, voire sanguines ou lymphatiques.

Parasitoses dues

aux Nématodes

Vers de l’intestin

Parmi les helminthiases intestinales dues à des Vers ronds figurent l’ascaridiase, l’oxyurose, la trichocéphalose, l’anguillulose et l’ankylostomiase.

y Les Ascaris. L’ascaridiase est une des parasitoses les plus répandues dans le monde : un individu sur quatre a hébergé, héberge ou hébergera le parasite, qui est l’Ascaris (ou Asca-ride) [Ascaris lumbricoides]. Ce Ver rond aux extrémités effilées, rosé, est recouvert d’une cuticule épaisse. Les sexes sont séparés. La femelle mesure de 20 à 25 cm, et le mâle de 15 à 17 cm de long. L’Homme s’infeste en ingérant des oeufs embryonnés avec des aliments crus et insuffisamment lavés. Parvenu dans l’estomac, l’oeuf embryonné libère sa larve, qui gagne le foie par la veine porte. De là, cette larve parvient au coeur droit et passe dans l’artère pulmonaire. Elle quitte alors la voie sanguine pour la voie aérienne, franchissant par effraction les parois des alvéoles du poumon, et remonte jusqu’à la trachée pour basculer au niveau du carrefour aérodi-gestif dans l’oesophage. Elle deviendra adulte dans l’intestin grêle, et la femelle fécondée pondra des oeufs émis dans les selles 60 jours après la contamination. Ce cycle parasitologique, particulièrement complexe, explique les diverses manifestations cliniques qui correspondent aux deux stades : larvaire, à tropisme tissulaire, et adulte, à tropisme purement digestif. Le premier stade de migration larvaire peut être tout à fait latent, mais peut aussi s’individualiser sous forme d’un syndrome de Löffler, caracté-

risé par des infiltrats pulmonaires

labiles visibles radiologiquement, et par une hyperéosinophilie sanguine parfois rehaussée de fièvre et de toux avec quelques crachats sanglants. Le second stade, adulte, se traduit essentiellement par des signes digestifs à type de douleurs abdominales, d’anorexie, avec parfois vomissements et diarrhée. Des troubles nerveux et mé-

ningés peuvent éventuellement s’observer, surtout chez l’enfant, ainsi que des complications chirurgicales, en fait rares (appendicite, cholécystite).

Le diagnostic de l’ascaridiase est habituellement porté lors de l’émission de Vers adultes soit dans les vomissements, soit dans les selles. À partir du 60e jour du cycle, les examens des selles permettent la mise en évidence des oeufs, tout à fait caractéristiques.

Enfin, à la phase initiale, les examens immunologiques peuvent servir d’appoint. Le traitement est essentiellement médical. Il reposait autrefois sur la santonine. Actuellement, deux types de médications sont utilisés : soit les dérivés de la piperazine, soit les dérivés du tétramisole. Les résultats en sont très bons, du moins dans l’immédiat ; rarement s’imposera une intervention chirurgicale. Mais le vrai problème est celui de la prophylaxie, principalement dans les pays en voie de développement, où seule l’éducation sanitaire devrait permettre d’assister à une régression de cette parasitose, à laquelle l’enfance paie un lourd tribut.