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y Les Oxyures. Plus bénigne paraît l’oxyurose, due à un autre Ver rond, l’Oxyure (Enterobius vermicularis).

Ce ver, décelable à l’oeil nu, est fusiforme. La femelle mesure 10 mm de long, le mâle 3 mm. Les oeufs sont absorbés avec les aliments, mais une fois infesté, l’enfant peut se réinfester, car les femelles viennent pondre au niveau de la marge de l’anus. Le prurit anal, qui est le symptôme majeur, est à l’origine de l’auto-infestation, l’enfant portant inconsciemment sa main à la bouche. Comme pour

d’autres verminoses, l’on décrit des troubles nerveux au cours de l’oxyurose. Le diagnostic est le plus souvent fait par une mère de famille attentive qui découvre des « vermissaux blanchâtres » dans les selles. Le test au

papier adhésif appliqué sur la peau de la marge anale permet d’autre part de découvrir les oeufs embryonnés dépo-sés durant la nuit. Le traitement actuel est à base de dérivés de la pipérazine ou de sels de pyrvinium. Toutefois, les effets de tels traitements médicamenteux ne sauraient être que transitoires si l’on n’y ajoutait des mesures prophylactiques, consistant dans une hygiène efficace et dans une éducation sanitaire. D’autre part, il est indispensable de traiter simultanément tous les membres d’une famille ou d’une collectivité parasitée.

y Les Trichocéphales. La tri-

chocéphalose, due au Trichocéphale (Trichuris trichiura), Nématode de 3

à 5 cm de long, est sans doute la plus anodine des helminthiases intestinales cosmopolites. Dans l’immense majorité des cas, aucun symptôme

n’apparaît ; exceptionnellement, chez l’enfant ou sur terrain carence, des infestations massives sont à l’origine de downloadModeText.vue.download 196 sur 625

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troubles abdominaux ou de diarrhées.

L’examen coprologique permet le

diagnostic par la présence d’oeufs caractéristiques présentant un bouchon clair aux deux extrémités. Aucun traitement ne s’impose en règle générale contre cette parasitose bénigne.

y Les Anguillules ou Strongyloides.

Sévissant plus particulièrement en zone tropicale, l’anguillulose, ou strongyloïdose, est due au parasitisme duodénal de l’Anguillule

(Strongyloides stercoralis). La femelle parthénogénétique, enfouie dans la muqueuse duodénale, pond des oeufs éclos dans l’intestin, d’où des larves dites « rhabditoïdes » s’échappent, qui seront émises avec les selles. Il existe alors trois cycles possibles : un cycle externe asexué direct, encore appelé parthénogénétique ; un cycle externe sexué indirect, encore appelé hétéro-gonique ; enfin, un cycle interne, ou cycle d’auto-infestation endogène.

Ces trois cycles aboutissent à la pé-

nétration par voie cutanée de larves

strongyloides infestantes succédant aux larves rhabditoïdes. L’Homme

se contamine le plus souvent en marchant pieds nus dans la boue, et l’anguillulose sévit principalement dans les régions chaudes et humides du globe (Afrique tropicale, Amérique latine, Antilles, Sud-Est asiatique).

Les symptômes cliniques se déroulent en trois phases : tout d’abord cutanée avec prurit inconstant, ensuite laryngo-pulmonaire, souvent complè-

tement muette, enfin digestive, caractérisée par des douleurs abdominales avec diarrhée, associées parfois à des signes cutanés. Cette parasitose s’individualise par sa durée, qui peut-

être très prolongée, jusqu’à trente ans.

Le diagnostic repose sur les examens coprologiques spécialisés et le traitement actuel consiste dans l’administration de thiabendazole.

y Les Ankylostomes. Tout aussi fré-

quente, sinon plus que la précédente, apparaît l’ankylostomiase (autrefois appelée ankylostomose), due à deux variétés d’Ankylostomes (ou Ancylostomes) [Ankyslostoma duodenale et Necator americanus]. Transmise par pénétration transcutanée de

larves strongyloïdes, cette parasitose a presque la même répartition géographique que l’anguillulose. En France, elle a parfois été observée comme maladie professionnelle des mineurs travaillant dans des galeries profondes, chaudes et humides. Les Ankylostomes provoquent des crises douloureuses épigastriques associées à des signes d’anémie parfois intense en raison de la spoliation sanguine dont ils sont responsables et grâce à laquelle ils assurent leur subsistance (on a ainsi calculé qu’un Ankylostome adulte fixé au duodénum par ses crochets a besoin de 0,2 ml de sang par jour ; et il n’est pas rare d’observer 500 parasites adultes chez un sujet infesté). Le diagnostic est confirmé par l’examen parasitologique des

selles montrant les oeufs d’Ankylostomes sensiblement différents selon l’espèce en cause. Le traitement médical tend à tuer le parasite par diverses médications, dont la plus active reste le tétrachloréthylène, mais il consiste aussi à rétablir le taux d’hémoglobine très abaissé dans les formes graves de

l’enfant ou de la femme enceinte. En fait, seule une prophylaxie par l’éducation sanitaire et par l’octroi d’une paire de souliers fermés aux populations exposées et démunies permettrait sinon d’éradiquer cette parasitose, du moins d’abaisser notablement son incidence.

Vers de la peau

Les filarioses constituent un ensemble d’helminthiases particulièrement

polymorphes.

On distingue les filarioses lymphatiques et sanguicoles des filarioses cutanéo-dermiques.

Les filarioses lymphatiques obser-vées en zone intertropicale sont dues à la présence dans les ganglions et les canaux lymphatiques de Filaires adultes spécifiques (Filaire de Bancroft, ou Wuchereria Bancrofti, et Pilaire de Malaisie, ou Brugia malayi).

Les femelles émettent des embryons, ou microfilaires, qui se trouvent en permanence dans la lymphe et périodiquement (souvent la nuit) dans le sang.

Transmises par des Moustiques vecteurs, ces filarioses sont responsables de lymphangites aiguës des membres ou des organes génitaux, auxquelles peuvent succéder diverses manifestations chroniques (gros ganglions, présence de chyle dans les urines et surtout éléphantiasis). Le diagnostic de certitude est apporté par la découverte de microfilaires dans le sang ou dans les liquides d’épanchement chyleux.

Le traitement des manifestations pré-

coces est à base de diéthylcarbamazine.

Celui des lésions tardives est assez souvent chirurgical.

La loase, due à la Filaire Loa loa, strictement africaine, est transmise par un Taon (Chrysops) encore appelé Mouche filaire. Elle sévit dans l’ouest et le centre de l’Afrique noire, se manifestant par downloadModeText.vue.download 197 sur 625

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des migrations parasitaires adultes sous la conjonctive de l’oeil ou sous la peau, responsables de l’oedème de Calabar. Des complications neurologiques, cardiaques et rénales ont été décrites, mais dans l’ensemble cette filariose reste bénigne. Le danger serait de la traiter par des doses de charge de diéthylcarbamazine qui risqueraient d’entraîner d’importantes réactions de lyse parasitaire. Aussi faut-il effectuer avant tout traitement une numération des microfilaires dans le sang afin d’avoir la certitude diagnostique et de savoir si l’on peut ou non commencer le traitement.