Delaunay* et les orphistes ont reconnu leur dette envers Seurat et les savants dont celui-ci s’était inspiré. Bonnard*
utilise également la technique des points ou bâtonnets de couleur dans downloadModeText.vue.download 200 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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certaines de ses toiles. Ce ne sont là que des exemples pris parmi bien d’autres.
B. C.
I. Compin, Henri-Edmond Cross, 1859-1901
(Quatre Chemins Editart, 1964). / F. Fénéon, Au-delà de l’impressionnisme (Hermann, 1966).
/ J. Rewald, le Post-Impressionnisme (A. Michel,
1961). / R. L. Herbert, Neo-impressionism, catalogue de l’exposition du Solomon Guggenheim Museum (New York, 1968). / J. Sutter (sous la dir. de), les Néo-impressionnistes (Bibl. des arts, 1970). / F. Cachin-Nora, Paul Signac (Bibl.
des arts, 1971). / J. Sutter, Luce, les travaux et les jours (Bibl. des arts, 1971).
Quelques disciples de
Seurat
Charles Angrand (Criquetot-sur-Ouville 1854 - Rouen 1926) est l’un des fondateurs du Salon des indépendants avec Seurat et Signac. Sa période divisionniste est courte, et les oeuvres de cette époque sont rares et très recherchées : l’Inondation de la Grande Jatte, 1887, et la Seine à l’aube, 1889 (musée du Petit Palais, Genève). Il est surtout un pastelliste (la Maison blanche, musée national d’Art moderne, Paris) et un dessinateur réputé (dessins tramés en blanc et noir dégradés).
Henri Cross, de son vrai nom Henri Edmond Delacroix (Douai 1856 -
Saint-Clair, Var, 1910). On peut, par sa prédilection pour les scènes champêtres et mythologiques, le comparer au NABI* K. X. Roussel. Sa facture divisionniste devient moins rigoureusement fidèle aux préceptes de Seurat après un voyage en Italie en 1906. Ses peintures et ses aquarelles reflètent un monde heureux : les Excursionnistes, 1894, et Paysage aux chèvres (musée du Petit Palais, Genève) ; les Iles d’or et les Cyprès à Cagnes (musée national d’Art moderne) ; le Faune (musée de Grenoble).
Albert Dubois-Pillet (Paris 1845 - Le Puy 1890). Officier de la garde répu-blicaine, puis commandant de gendarmerie, il est resté toute sa vie, comme peintre, fidèle aux théories divisionnistes. Sa production est raffinée, peu abondante (oeuvres au musée du Puy ; la Marne à l’automne au musée national d’Art moderne).
Maximilien Luce (Paris 1858 - id.
1941). Rallié au néo-impressionnisme en 1887, il revient plus tard à un style proche de l’impressionnisme. Les
thèmes de son oeuvre reflètent son inté-
rêt militant pour les questions sociales (il est d’abord ouvrier dans la gravure
sur bois). Il a beaucoup peint les paysages de Paris et sa banlieue. Le musée national d’Art moderne conserve son portrait de Henri Cross.
Paul Signac (Paris 1863 - id. 1935).
L’un des fondateurs et le président du Salon des indépendants de 1908
à 1933, il est le plus fidèle et le plus actif continuateur de Seurat, dont il prolonge la pensée dans l’ouvrage fondamental D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme (1899). Il cherche particulièrement, à travers la méthode
« scientifique » de l’école, à reproduire la lumière. Il n’adopte une manière plus libre que dans ses aquarelles, qui exercèrent une grande influence (sur MARQUET* par exemple). Marin expérimenté, familier du port de Saint-Tropez, sa passion pour le yachting transparaît dans des oeuvres qui reproduisent, par séries successives, ports, navires, plages, miroitements de l’eau, côtes. Les Gazomètres à Clichy (1886, National Gallery of Victoria, Melbourne), le Petit Déjeuner (1886-87, musée Kröller-Müller, Otterlo), le Portrait de Félix Fénéon (« sur l’émail d’un fond rythmique de mesures et d’angles, de tons et de teintes » ; 1890, coll. priv., New York), le Château des papes à Avignon (1900, musée national d’Art moderne), la Voile jaune (1904, musée de Besançon), le Port de Rotterdam (1906, coll. priv., Zurich) sont quelques-unes de ses meilleures peintures.
Néolithique
On a souvent défini le Néolithique comme la période de la préhistoire comprise entre le Mésolithique et l’âge des métaux, soit approximativement entre le Ve et la moitié du IIIe millé-
naire av. J.-C. Cette définition se révèle aujourd’hui trop simpliste.
Introduction
Créé par John Lubbock en 1865, le terme Néolithique obéissait aux seuls critères technologiques, en l’occurrence l’apparition du polissage de la pierre. Plus tard, il devint évident que cette époque recouvrait une série d’innovations plus complexes : la poterie, l’élevage et surtout l’agriculture. Le Néolithique devenait alors une division
chronologique essentielle dans l’essor des civilisations, et Gordon Childe parla de « révolution néolithique ». De récents travaux ont amené les préhistoriens à nuancer encore leurs jugements à propos de cette période. La définition donnée par Michel Brézillon semble prudente et plus conforme aux exigences de l’heure. Pour cet auteur, le Néolithique est la « phase du développement technique des sociétés humaines correspondant à leur accession à une économie productive ».
Les caractéristiques essentielles du Néolithique sont d’ordre technologique et d’ordre économique. L’outillage se diversifie et la taille de la pierre atteint la perfection ; de nouvelles techniques se développent (poterie, tissage) ; l’agriculture et l’élevage deviennent la base de la vie économique. Ces innovations ont une profonde répercussion sur la vie sociale et religieuse des hommes.
La fin de la période se caractérise enfin par les débuts de l’architecture monumentale, ce qu’on a appelé la « fièvre mégalithique ». Le passage du Mésolithique, quand il existe, ou du Paléolithique au Néolithique ne s’est pas déroulé de la même façon suivant l’aire envisagée. Dans certaines régions par exemple, l’apparition de l’agriculture précède celle de la céramique ; mais l’inverse peut se produire ailleurs. Le terme Protonéolithique est souvent employé dans le premier cas, comme indiquant la « néolithisation », et on parle de Subnéolithique dans le second cas, comme indiquant un « sous-développement » économique.
Grâce à la nouvelle définition du Néolithique, nous pouvons affirmer que la néolithisation est un phéno-mène mondial, même si celle-ci s’est manifestée à différentes époques et sous différentes formes. Nous considérerons trois contextes originaux : le Proche- et le Moyen-Orient avec l’Europe et l’Afrique ; l’Extrême-Orient ; l’Amérique.
Les documents
Le Croissant fertile
La superposition des ruines successives d’un village a formé des collines artificielles
désignées sous le nom de tell, d’origine arabe (tepe en iranien). Les fouilles de ces sites ont révélé d’importantes séquences stratigraphiques et constituent un apport essentiel dans la documentation. Citons Qalaat Jarmo (nord-est de l’Iraq), fouillé par Robert Braidwood en 1948, et Has-souna (Iraq), dont les sept niveaux offrent une séquence allant du Néolithique au Chalcolithique.
Le tell de Jéricho, en Palestine, atteint une hauteur de 21 m. Fouillé peu avant la Seconde Guerre mondiale et entre 1952
et 1958, il a révélé une stratigraphie allant du Mésolithique jusqu’au bronze final. On distingue deux grandes phases :
— le Protonéolithique (ou Néolithique précéramique), lui-même subdivisé en Protonéolithique A, vers 7000 av. J.-C.
(maison à plan rond ou ovale, début d’une agriculture, élevage incertain) et Protonéolithique B, vers 6000 av. J.-C. (maison à plan rectangulaire, domestication de la chèvre) ;
— le Néolithique proprement dit, subdivisé en Néolithique à céramique A (poterie peinte), auquel fait suite le Néolithique à céramique B (poterie incisée).
Le tell de Ras Shamra (Ougarit*), dans le nord de la Syrie, atteint une trentaine de mètres et couvre plus de 30 ha. Fouillé depuis 1929 par des missions françaises, il a livré cinq niveaux, lesquels correspondent à cinq horizons successifs dont les deux derniers (niveaux IV et V) appartiennent au Néolithique et au Chalcolithique ancien.