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« cordée ». Cette dernière a couvert la plus grande partie de l’Europe septentrionale. Signalons enfin les cultures de Horgen (Suisse), de Seine-Oise-Marne, de Vienne-Charente et de Fontbouisse.

La céramique est grossière et peu déco-rée, mais l’industrie lithique apparaît très riche.

Notons que, tout au long du Néolithique, se développe l’échange de coquillages, de pierres et de l’ambre ainsi que du cuivre au Chalcolithique. Ces échanges s’épanouiront en véritable commerce de matières premières aux âges suivants.

Vers 1800 av. J.-C., l’alliage du cuivre et de l’étain fait entrer l’Europe dans l’âge du bronze*.

Le Néolithique dans les

autres parties du monde

Comme il est noté plus haut, le terme Néolithique est réservé en principe aux cultures proprement occidentales. Les nouvelles théories relatives à cet âge nous amènent cependant à décrire les phases culturelles des autres parties du monde correspondant à ce stade, l’aspect économique des choses étant prédominant.

Afrique

Les influences asiatiques atteignent rapidement l’Afrique septentrionale, dont la partie orientale semble être alors dans un état « subnéolithique ».

L’agriculture apparaît d’abord dans la partie nord de la plaine du Nil, vers le Ve millénaire, et se répand très vite ensuite vers le sud, jusqu’à la Nubie.

Le Néolithique égyptien est court ; très vite apparaissent les civilisations pharaoniques et les périodes historiques.

À partir de la vallée du Nil, le Néolithique se disperse lentement vers le sud, pour atteindre l’Érythrée, plus rapidement à l’ouest. Les fresques du Sahara témoignent de l’importance des bovidés dans ce qui est aujourd’hui un désert. La céramique s’inspire de l’Égypte ; seul le Maroc subit les influences de l’Europe méridionale.

Asie méridionale

La plaine alluviale de l’Indus* connaît le même phénomène que l’Égypte.

Soumise aux influences iraniennes, cette civilisation entre rapidement dans l’histoire et ne connaît guère du Néolithique que les périodes chalcolithiques naissantes. La plaine du Gange semble avoir connu un développement parallèle à celui de l’Indus. À mesure qu’on downloadModeText.vue.download 203 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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s’éloigne de l’Iran, le riz tend à remplacer le blé comme base de l’agriculture.

Extrême-Orient

Les préhistoriens n’ont pu encore déterminer avec certitude si le Néolithique extrême-oriental est né indépen-

damment de l’Asie Mineure. Il semble bien cependant, eu égard à l’originalité de ses caractères tant agricoles que technologiques, que le Néolithique chinois ne doive rien au monde occidental. Il est difficile d’en préciser les débuts, que l’on situe généralement vers le IIIe millénaire. Mais il est fort possible qu’il nous faille remonter un jour plus loin dans le temps. Certains auteurs avancent le VIe millénaire.

Le long du cours moyen du Huanghe (Houang-ho) en Chine du Nord, on

cultive le millet, puis le riz apporté du Sud-Est asiatique. Cela indique des liens étroits entre l’Asie tropicale et la Chine du Nord.

La civilisation de Yangshao (Yang-chao) caractérise le Néolithique ancien.

Elle se présente brusquement à nous, pleinement développée : ce fait semble donner raison aux défenseurs de l’« invention » chinoise. On ne connaît pas à ce jour de phase de transition entre le Paléolithique et cette civilisation.

L’élevage, qui semble postérieur à l’agriculture, s’appuie essentiellement sur le porc et le chien, un peu moins sur le boeuf et le mouton. La forme des maisons est ronde ou rectangulaire, les murs sont d’argile et le centre occupé par un foyer. Une belle céramique polychrome côtoie une poterie d’usage à impressions de tissus et caractérise cette phase ancienne.

La culture de Longshan (Long-chan) s’épanouit entre 2400 et 1850 av. J.-C.

Elle constitue le Néolithique récent et se différencie nettement de la culture précédente, en particulier par sa fine céramique noire lustrée. Elle se situe d’autre part plus à l’est, vers la mer de Chine. Notons la pratique de la « sca-pulomancie », c’est-à-dire la divination par l’interprétation des os éclatés à la chaleur. (Ce système est sans doute à l’origine de l’écriture chinoise.) Les techniques étaient évoluées : faucilles en pierre polie et polissage du jade. La Chine évolue alors rapidement et entre dans les périodes dynastiques.

Parti du nord, le courant de néolithisation descend vers le sud en s’adap-tant aux conditions locales. La région de Hoa Binh (Viêt-nam) présente déjà un faciès culturel protonéolithique lorsque le courant chinois se combine

avec lui pour créer un Néolithique assez original dans tout le Sud-Est asiatique. Ce faciès est caractérisé par son outillage (herminettes à tenon). Au Japon, la culture « jōmon » correspond au Néolithique.

Amérique

Les américanistes ne parlent jamais de

« Néolithique » à propos de la préhistoire américaine : ils utilisent plutôt l’expression « stade formatif ». Néanmoins, il est intéressant de connaître l’aspect culturel des sociétés amérindiennes précédant l’essor des grandes civilisations précolombiennes.

y L’Amérique centrale. La vallée de Tehuacán (Mexique) révèle un lent progrès vers une économie de production et la sédentarisation. La phase Purron (2500-1900 av. J.-C.) se situe à la charnière de cette évolution. L’agriculture assure maintenant une grande partie de la subsistance, et la première poterie apparaît, très grossière et mal cuite. La phase Coatepec (1900-1500

av. J.-C.) connaît le perfectionnement de cette céramique et l’apparition de figurines en terre cuite. (Notons que le monde précolombien ne connut

jamais le tour du potier, ni l’élevage, hormis un chien à poil court et le din-don en Amérique centrale, ainsi que le lama dans les Andes.) À la même époque, des agriculteurs colonisent la vallée de Mexico.

La phase Ocós (1500-1000 av. J.-

C.), la plus ancienne de La Victoria (Guatemala), connaît l’agriculture, la terre cuite (poteries et figurines), les textiles et les maisons de torchis. Il semble même que des contacts aient été établis par voie maritime avec l’Amérique du Sud.

Au nord du Mexique et sur le

territoire des États-Unis, l’évolution s’opère plus lentement et plus tardivement.

y L’Amérique du Sud. En Colombie

et au Venezuela, l’économie productive est assise dès le début du IIe millénaire. Les couches inférieures de Momil (1000-500 av. J.-C.) ont livré de grands plats en céramique.

Sur le littoral nord du Pacifique, l’agriculture apparaît vers 3000 av. J.-

C., mais certaines cultures semblent s’être sédentarisées avant de connaître une base économique agricole. La

céramique apparaît, elle, en Équateur vers 2500 av. J.-C. Au sud, à Huaca Prieta (2500-1200 av. J.-C.), on cultive des haricots et on tisse des étoffes.

La phase « Cerro Prieto » (3000-

1200 av. J.-C.), dans la vallée du Virú (côte nord du Pérou), voit les produits agricoles constituer une ressource alimentaire substantielle. Au cours de la phase Guanape (1200-400 av. J.-C.), la poterie apparaît, puis le maïs et l’élevage du lama. Sur la côte centrale, le maïs précède la poterie (1400 et 1200

av. J.-C.) ; le lama est domestiqué vers 1000 av. J.-C.

Les Andes, enfin, sont le centre

d’origine de plusieurs plantes américaines, dont la pomme de terre. Les dé-

buts agricoles de cette zone sont encore mal connus. Du Pérou, les nouvelles économies s’étendent vers le sud et le sud-est (Brésil, Argentine, Chili).

La religion

Les modes de vie nouveaux font

subir une profonde mutation à l’art et aux croyances religieuses. Le monde végétal supplante le monde animal comme centre de la vie quotidienne.