Выбрать главу

employée est l’essartage.

Parmi les premières plantes choisies par l’homme en Amérique centrale

pour être cultivées, citons l’amarante et le chénopode apparenté au « quinoa »

andin.

Aux alentours de 1400 av. J.-C.,

l’économie repose sur les trois élé-

ments suivants : maïs, courges, haricots. La courge est plus ancienne que le maïs et le haricot. Elle était vraisemblablement cultivée pour les protéines de ses graines, mais les fleurs et les feuilles étaient aussi consommées. Le maïs est le résultat d’un croisement entre le maïs sauvage et le téosinte. Le haricot, riche en protéine, constituait un appoint important en raison de l’absence d’animaux domestiques.

La zone du Sud-Est asiatique est

l’objet d’études intensives. Les spécialistes remettent en question bien des idées acquises et critiquent sévèrement les schémas évolutifs des économies productives proposés jusque-là. Dès 1945, A. G. Haudricourt et L. Hedin avaient placé un foyer indo-océanien d’origine de l’agriculture et de domestication des plantes. Carl Ortwin Sauer, en 1952, reprend l’idée et fait de ce centre l’un des plus anciens. L’environnement végétal, dans cette partie du monde, est exceptionnellement riche.

Pierre Gourou (1966) a parlé d’une véritable « civilisation du végétal ».

Pour Jacques Barrau (1970), le monde occidental appartient à une civilisation céréalicultrice et bouvière ; aussi acceptons-nous volontiers l’idée d’une grande révolution agricole et « civili-satrice » ayant pris naissance dans le Croissant fertile du VIIIe millénaire.

Là furent domestiquées, notamment, nos céréales, aliments végétaux nobles par excellence à nos yeux. S’il est exact que l’apparition de ces denrées agricoles, sèches, aisément divisibles, propres aux échanges commerciaux et au stockage, permit une transformation profonde du mode de vie humain, l’interprétation sommaire d’un tel événement conduit trop souvent à des conclusions hâtives, manifestement ethnocentriques.

Les recherches ethnobotaniques

dans les régions tropicales humides ont permis de corriger ces idées trop sommaires. Karl J. Narr, en 1957, propose le schéma évolutif suivant :

1o la subsistance est assurée par la cueillette, la chasse et la pêche ; 2o l’agriculture et l’élevage apparaissent : dans un premier stade, les plantes et animaux utilisés par l’homme demeurent dans l’habitat naturel des parents sauvages ; au second stade, plantes et animaux sont transportés par l’homme dans un milieu qu’il a pré-

paré artificiellement ou dans un nouveau milieu où ils sont acclimatés. Il apparaît qu’un tel transfert, qui permet un contrôle accru de l’homme sur le végétal et des variations génétiques utilisables, est souvent requis pour qu’il y ait véritable domestication.

En fait, il faut peut-être distinguer en ce qui concerne l’origine des plantes cultivées :

— un ou des centres d’origine botanique où se trouvaient le ou les an-cêtres sauvages ;

— un ou des centres de domestication et de diversification de la plante, qui sont, en général, différents, voire éloignés des précédents.

Cette idée émise par Barrau a été reprise par Jack Harlan (« l’Origine de l’agriculture » dans la Recherche, déc.

1972) sous une autre forme en distin-downloadModeText.vue.download 205 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

7648

guant les « centres » et ce qu’il appelle les « non-centres ». Il a différencié ainsi :

A1, centre du Proche-Orient (orge, engrain, amidonnier, lentille, pois chiche, etc.) ;

A2, non-centre de l’Afrique (sorgho, petit mil, riz africain, etc.) ;

B1, centre de Chine (millet, soja, etc.) ; B2, non-centre d’Asie du Sud-Est (riz, tarot, igname, banane, etc.) ;

C1, centre mésoaméricain (maïs, haricot, courge, patate douce, cacao, etc.) ; C2, non-centre d’Amérique du Sud

(manioc, arachide, patate, etc.).

Tenant compte, enfin, des conditions vivrières dans le domaine malayo-océanien, Jacques Barrau a modifié le schéma d’évolution culturale proposé par Robert Braidwood et Erik Reed en 1957 (cf. J. Barrau, « la Région indo-pacifique comme centre de mise en culture et de domestication de végé-

taux », dans Journal d’agriculture tropicale et de botanique appliquée, déc.

1970). Ce schéma montre la coexistence possible de certains modes d’exploitation des ressources végétales : Il apparaît finalement bien difficile de faire le point des connaissances, tant les théories divergent. Les recherches actuelles concernant la révolution agricole, quand elles ne se perdent pas en vaines polémiques, constituent l’un des chapitres les plus passionnants de la préhistoire. Elles dépassent même ce cadre pour développer une véritable réflexion sur l’homme, aux confins de l’histoire et des sciences naturelles.

R. V.

F Bronze (âge du) / Paléolithique / Préhistoire.

G. Childe, Prehistoric Migrations in Europe (New York, 1950, nouv. éd., 1969) ; The Prehistory of European Society (Harmondsworth, 1958 ; trad. fr. l’Europe préhistorique, Payot, 1962). / D. de Sonneville-Bordes, l’Âge de la pierre (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1961 ; 3e éd., 1970). / R. J. Braidwood et G. B. Willey, Courses toward Urban Life. Archaeological Considerations of Some Cultural Alternates (Chicago, 1962). / Kwang Chih Chang, The Archaeology of Ancient China (New Haven, Conn., 1963 ; nouv. éd., 1968). / G. Bailloud, « le Néolithique » (dans la Préhistoire par A. Leroi-Gourhan et autres, 1965). / J. Mellaart : Çatal Hüyük. A Neolithic Town in Anatolia (Londres, 1967). / S. Struever (sous la dir. de), Prehistoric Agriculture (Garden City, N. Y., 1971).

néon

F GAZ INERTES.

Neopilina

Nom de genre donné à un Mollusque actuel, rapporté à l’ordre des Mono-placophora, ordre créé par N. Odhner pour un groupe éteint de Mollusques paléozoïques dont la coquille patelli-forme témoignait (par les empreintes d’insertions musculaires paires) d’une structure très primitive, antérieure à la torsion typique des Gastropodes.

Des coquilles fossiles présentant de tels caractères avaient été considé-

rées jusqu’alors, sous le nom de Tryblidiacés, comme les Gastropodes les plus primitifs, d’où auraient dérivé les Patellidés, et l’on estime que la disparition de ces animaux doit remonter à 350 ou 400 millions d’années.

Or, en 1957, H. M. Lemche publiait

la description très détaillée d’un tel Tryblidiacé, véritable « fossile vivant » dont dix exemplaires avaient été capturés à l’ouest du Costa Rica, par 3 570 m de fond, au cours de l’expé-

dition du navire danois Galathea en 1952. Cette découverte était surprenante ; elle l’était moins cependant que les révélations qu’elle apportait sur l’organisation de l’animal, dont la métamérisation très accentuée confirmait de la façon la plus remarquable les hypothèses émises depuis longtemps non seulement sur les origines fort obscures des Mollusques, mais aussi sur les relations qui liaient ces organismes, baptisés par H. M. Lemche Neopilina galatheae, aux Annélides et aux Arthropodes.

L’idée, déjà ancienne, que les trois grands embranchements des Anné-

lides, des Mollusques et des Arthropodes dérivaient d’un ancêtre commun précambrien semblait reposer dès lors sur des bases solides. Depuis, quelques exemplaires de la même espèce ont été capturés, ainsi que des spécimens de trois formes très voisines, Neopilina (Vema) Ewingi (A. H. Clarke et R. J. Menzies, 1959), Neopilina (Neopilina) veleronis (Menzies et W. Layton, 1962), puis Neopilina adenensis (N. Tebble, 1967).