le cas dans le diabète* et dans la périartérite noueuse.
Un certain nombre de toxiques
agissent sur le système nerveux péri-phérique, donnant habituellement lieu à des polynévrites, c’est-à-dire à des atteintes bilatérales symétriques et distales des membres. Les toxiques en cause sont nombreux, la première place revenant toutefois à l’alcool. Les états inflammatoires peuvent s’observer, réalisant des polynévrites, des polyradiculonévrites ou des multinévrites plus ou moins asymétriques. Les affections dégénératives ou héréditaires sont rares au niveau du système nerveux périphérique.
J. E.
F Nerveux (système) / Sensibilité.
P. Chauchard, le Cerveau humain (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1958 ; 4e éd., 1968). /
D. Nachmansohn, Molecular Biology. Elemen-tary Processes of Nerve. Conduction and Muscle downloadModeText.vue.download 210 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
7653
Contraction (New York, 1960). / P. Laget, Relations synoptiques et non synoptiques entre les éléments nerveux (Masson, 1970).
Nernst
(Walther)
Physicien et chimiste allemand (Brie-sen, Prusse-Occidentale, 1864 - Ober-Zibelle, près de Muskau, 1941).
Le jeune Nernst fait ses études aux universités de Zurich, Berlin, Graz et Würzburg, puis devient assistant à l’université de Leipzig. En 1891, il est nommé professeur à celle de Göttingen, où il fonde un centre d’études pour les électrolytes. En 1905, il obtient une chaire de chimie physique à Berlin ; enfin, à partir de 1925, il y assure la direction de l’Institut de physique.
Nernst fait preuve d’une infatigable activité, qui va l’entraîner dans des domaines fort variés de la science.
En chimie physique, spécialité dont il
est un des créateurs, il est l’auteur de travaux sur les équilibres physico-chimiques. Il apporte surtout, en 1889, une contribution fondamentale à la théorie des solutions, plus spécialement à la dissociation ionique des électrolytes, à leur diffusion et à leur hydratation ; il édifie une théorie des générateurs électrochimiques, permettant le calcul de la force électromotrice des piles.
Il invente, en 1898, une lampe électrique à incandescence, constituée avec de la magnésie et des terres rares rendues conductrices par un chauffage préalable. Très en vogue pendant un certain temps, cette lampe a été détrô-
née par les ampoules usuelles à filament métallique incandescent ; elle a néanmoins conservé une certaine utilité au laboratoire, en raison de sa luminance élevée.
En physique proprement dite, Nernst a imaginé la méthode électrique en calorimétrie ; il l’a employée, en collaboration avec F. A. Lindemann (lord Cherwell, 1886-1957), pour des mesures de chaleurs massiques effectuées aux très basses températures ; il a ainsi montré, en 1906, qu’au voisinage du zéro absolu les chaleurs massiques et les coefficients de dilatation tendent vers zéro.
Théoricien autant qu’expérimen-
tateur, il en a déduit la proposition, souvent qualifiée de « troisième principe de la thermodynamique », selon laquelle l’entropie d’un corps homogène solide ou liquide est nulle au zéro absolu. Parmi les conséquences de cette affirmation, on note la possibilité de prévoir l’affinité chimique d’un atome pour un autre. De plus, ce résultat, qui a mis Nernst en contact avec les théories quantiques, explique l’intérêt qu’il va porter aux conceptions de son collègue Planck*.
Ces travaux lui ont valu le prix
Nobel de chimie en 1920.
Notons enfin que, parmi divers ouvrages, il a publié en 1893 une Theoretische Chemie qui, pendant trente ans, est restée le traité classique de la physico-chimie.
R. T.
Néron
En lat. lucius domitius tiberius
claudius nero (Antium 37 apr. J.-C. -
Rome 68), empereur romain (54-68).
L’homme
Petit-fils de Germanicus par sa mère Agrippine la Jeune et fils du patricien Cneius Domitius Ahenobarbus, Lucius Domitius, le futur Néron, voit son éducation confiée à des esclaves, puis à des affranchis. D’intelligence précoce, mais pratiquement abandonné à lui-même, il est, grâce aux intrigues de sa mère, fiancé très jeune à Octavie, la fille de l’empereur Claude*.
Adopté par ce dernier (févr. 50), il ne semble à cette date ne manifester de goût que pour l’art et les courses de chevaux, jusqu’au jour où Sénèque, de retour d’exil, reçoit la charge de l’instruire. Sans grand succès, le philosophe s’efforce de développer ses dons oratoires et encourage ses dispositions naturelles pour le chant et la poésie.
En 51, le sénat, dûment chapitré par les émissaires d’Agrippine, déclare Néron prince de la jeunesse, tandis que l’héritier légitime du trône, Britannicus, le fils de Claude, doit se contenter de jouer un rôle subalterne. Au printemps 53, Néron épouse Octavie. Un an plus tard, Claude meurt empoisonné par Agrippine (oct. 54) et Néron, qui n’a pas dix-sept ans, est proclamé empereur par les prétoriens, choix que le sénat ratifie.
Agrippine la Jeune
Fille aînée de Germanicus, Agrippine naît le 6 novembre de l’an 16 de notre ère.
Mariée très jeune à Lucius Domitius Ahenobarbus, personnage aux moeurs dissolues de quelque vingt-cinq ans son aîné (il mourra en 40), elle se voit exilée pour avoir conspiré contre son frère, Caligula*.
De retour à Rome après l’assassinat de ce dernier (41), elle se remarie avec le célèbre et richissime orateur Caius Passienus Cris-pus. D’une ambition insatiable, elle ne néglige rien pour capter la confiance du nouvel empereur, son oncle Claude*. Au début de l’année 49, quelques mois après le meurtre de Messaline et, coïncidence
providentielle, juste après le décès de son second mari, elle parvient à épouser Claude. Intelligente, impérieuse, cupide et calculatrice, elle prend une part effective dans l’exercice du gouvernement. En 53, elle atteint le second objectif qu’elle s’est fixé : le mariage de Néron avec Octavie.
Craignant par la suite que Claude ne proclame Britannicus son successeur au lieu de Néron, elle fait empoisonner l’empereur (oct. 54).
Néron monté sur le trône, sa mère entend gouverner et ne pas se contenter des apparences d’un pouvoir qu’elle a eu tant de mal à obtenir. Elle élimine tous ceux qui ont contrarié ses plans, donne audience aux ambassades, assiste aux séances du sénat. Mais très vite ce sont les premiers heurts avec son fils, qui s’émancipe et redoute cette femme autoritaire. Le meurtre de Britannicus la bouleverse. Peu de temps après, Néron, qui se méfie à juste titre de ses intrigues, lui enlève sa garde. D’après Tacite, la liaison du prince avec Poppée aurait précipité les événements : Poppée, qui voulait devenir impératrice, aurait poussé Néron à se débarrasser de sa mère, favorable à Octavie. L’empereur, jugeant insupportable la tutelle maternelle, décide d’en finir. Il la fait exécuter dans sa villa de Bauli, près de Baïes, à la suite d’une fête nautique donnée en l’honneur de Minerve (oct. 59).
Les débuts d’un règne
C’est avec une indéniable conscience que le nouvel empereur, conseillé par Sénèque et par Burrus, le préfet du pré-
toire, va au début de son règne exercer son métier de souverain. Après les premiers gestes d’apaisement politique, il se rapproche du sénat et revient aux pratiques constitutionnelles d’Auguste.
Il procède à un certain nombre de réformes : allégement de la fiscalité, contrôle plus strict des publicains, réorganisation de la justice (mesures contre l’arbitraire des juges, nouvelle législation sur les dénonciations), protection des particuliers contre les abus de pouvoir des gouverneurs de province, association des provinciaux aux privilèges de la capitale, adoucissement du sort des esclaves. Pour les Romains semble s’ouvrir un véritable âge d’or que complète à l’extérieur une heureuse politique de conquête ou d’apaisement (conquête de l’Armé-