risme sélectif de ces artères.
LES EXAMENS HISTOLOGIQUES
Des biopsies sont possibles et intéres-
santes au niveau des muscles, de certains nerfs périphériques ainsi que du cerveau (biopsie d’une tumeur ou d’un tissu manifestement pathologique).
Pathologie du
système nerveux
Les affections qui frappent le système nerveux sont multiples. Certaines ne sont que la localisation plus ou moins préférentielle de maladies générales, et d’autres sont propres au système nerveux, fonctions de sa structure particulière, telle la sclérose en plaques, dont les lésions restent, malgré une évolution qui s’étale sur de très nombreuses années, strictement locali-sées au système nerveux. Certaines sont acquises au cours de la vie, et d’autres sont congénitales ou héréditaires. Le handicap que représentent certains symptômes fait qu’en eux-mêmes ils font figure de véritables maladies : ainsi en est-il de l’épilepsie et de beaucoup de séquelles motrices ou sensorielles d’affections aiguës et transitoires (séquelles de poliomyélite, infirmité motrice cérébrale, hémiplé-
gie, aphasie, etc.). Le traitement des maladies du système nerveux comporte un aspect symptomatique (barbitu-riques dans l’épilepsie par exemple) et quelquefois étiologique (action sur la cause). Une place particulière doit être accordée aux techniques de réhabilitation motrice ou sensorielle dans la compensation ou la récupération de déficit correspondant. Pour ce qui est des affections congénitales ou touchant le jeune enfant, plus que de rééducation, il s’agit d’éducation spécialisée, qui fait appel habituellement à de multiples compétences.
Pathologie du système nerveux
périphérique
Les signes de souffrance au niveau de ce système nerveux se traduisent sur le plan moteur par un déficit avec hypotonie (faiblesse), tendance à l’amyotro-phie (muscles amaigris), abolition des réflexes ostéo-tendineux, présence de crampes et de fasciculations (contractions successives de fibres musculaires). Des anomalies s’observent à l’électrodiagnostic neuro-musculaire ainsi qu’à la biopsie du muscle. Sur le plan sensitif, il existe des douleurs
et des paresthésies (sensations anormales). Le déficit sensitif objectif (constaté par le médecin) peut être global, mais quelquefois aussi dissocié, portant de préférence sur certaines modalités de la sensibilité. Les troubles downloadModeText.vue.download 228 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
7671
vaso-moteurs ne sont pas rares (rougeurs, pâleurs). Selon la façon dont se regroupent ces signes et notamment le territoire qu’ils concernent, on parlera de polynévrite (atteinte bilatérale et sy-métrique des extrémités des membres, le plus souvent sensitivo-motrice), de polyradiculonévrite (atteinte bilatérale et symétrique plus globale, intéressant en particulier la racine des membres avec existence d’anomalies au niveau du L. C. R.), de mononévrite, ou radiculite, c’est-à-dire d’atteinte limitée au territoire sensitif ou moteur d’un tronc ou d’une racine nerveuse, ou bien encore de multinévrite, c’est-à-dire de l’atteinte concomitante ou successive de plusieurs troncs nerveux. Il faut considérer comme atteinte du système nerveux périphérique celle de la corne antérieure de la moelle épinière (poliomyélite antérieure aiguë et affections chroniques).
Le substratum anatomique des
troubles précités est variable : il peut s’agir de lésions intéressant primitivement le neurone (corps cellulaire ou axone) ou bien, au contraire, sa gaine de myéline. La lésion peut être, d’em-blée, globale ou bien minime, voire non détectable au moyen d’investigations habituelles. Les possibilités de récupération dépendent largement de l’importance de la lésion ; une certaine régénération est possible à partir du corps cellulaire, qui se fait de façon très lente (de 2 à 3 mm par jour). Un autre mécanisme de récupération est la prise en charge des structures dénervées par des neurones voisins.
Les causes de ces neuropathies sont diverses. On peut, dans une assez large mesure, opposer les atteintes isolées mono- ou pauci-tronculaires (ou radiculaires) et les polynévrites.
L’atteinte isolée d’un tronc nerveux est quelquefois liée à la présence d’une tumeur. Les tumeurs proprement nerveuses (schwannomes ou neurofibromes) ne sont qu’exceptionnellement malignes, mais un tronc nerveux peut fort bien souffrir, à l’occasion, du développement d’une tumeur de
voisinage maligne ou non. Parfois est en cause une affection vasculaire, qui perturbe la vascularisation des troncs nerveux (périartérite noueuse, diabète, etc.), mais ce ne sont là que des éventualités rares, étant donné la qualité des suppléances artérielles. Les traumatismes représentent en fait la cause majeure de ce type de neuropathies : il peut s’agir d’un traumatisme unique et important, au sens habituel du terme (par exemple lésion du nerf radial à l’occasion d’une fracture de l’humérus, étirement du plexus brachial dans une chute sur l’épaule, section nerveuse à l’occasion d’une plaie quelle qu’elle soit). Le pronostic sera fonction de la lésion nerveuse, laquelle peut, éventuellement, être réparée chirurgicalement. Un type de traumatisme plus particulier correspond à la répétition de microtraumatismes, et tout particulièrement de ceux qui s’exercent en des endroits où le tronc nerveux ou la racine passent dans un défilé ostéo-articulaire étroit. Il en est ainsi au niveau du canal carpien pour le nerf médian (ou poignet), de la gouttière épitro-chléo-olécranienne pour le nerf cubital (ou coude), du col du péroné pour le sciatique poplité externe. La régression de la neuropathie passe par la suppression du geste offensant mille fois répété et, éventuellement, par un acte chirurgical libérant le nerf à l’étroit, voire, lorsque cela est impossible, le déplaçant. Un autre type de traumatisme correspond à des situations aiguës, au cours desquelles le tronc nerveux est comprimé sur un plan dur pendant un temps prolongé, ce qui implique, en fait, que l’intéressé soit dans un état de coma, d’anesthésie générale ou de sommeil pathologique (après ivresse par exemple). On peut admettre également le rôle favorisant de certaines maladies, qui rendent le nerf plus sensible à ce type de traumatisme.
Les hernies discales représentent une autre cause de traumatisme s’exerçant
sur une racine nerveuse, celle du nerf sciatique par exemple. Une réaction inflammatoire s’associe généralement à la compression, ce qui explique que, finalement, assez peu de sciatiques né-
cessitent le recours à l’exérèse chirurgicale du disque offensant.
y Les polynévrites sont le plus souvent d’origine toxique (arsenic,
thalium, plomb, tri-ortho-crésyl, phosphate, or, etc.). L’alcoolisme intervient avec une grande fréquence, mais par un mécanisme particulier, celui d’une carence en vitamines B ; celle-ci n’est pas propre à l’alcoolisme et peut s’observer également dans le cadre du béribéri (vitamine B1) ou de certains traitements ; c’est ainsi que l’isoniazide (médicament anti-tuberculeux) est responsable, chez certains sujets, de polynévrites liées à une carence en vitamines B6. Les polyradiculonévrites sont souvent d’origine inflammatoire, faisant vraisemblablement intervenir des mécanismes d’ordre immuno-allergique
que peuvent déclencher des infections banales, une vaccination, etc. Il en est ainsi du syndrome de Guillain-Barré, où il est relativement habituel de noter, dans les quelques jours qui l’ont précédé, l’existence d’un épisode infectieux d’allure grippale. Des infections plus caractérisées peuvent être en cause : rougeole, hépatite, mo-nonucléose infectieuse, zona, etc. Un certain nombre de polyneuropathies s’observent dans le cadre du diabète, de l’amyloïdose, des porphyries ou des maladies dites « du collagène »