F. L.
F Bétonnage [l’architecture en béton].
ÉCRITS DE NERVI : Scienza o arte del costruire ? (Rome, 1945) ; Costruire cor-rettamente (Milan, 1954 ; 2e éd., 1965).
G. C. Argan, Pier-Luigi Nervi (Milan, 1954).
/ P. L. Nervi, Nuove strutture (Milan, 1957 ; trad. fr. Structures nouvelles, Vincent et Fréal, 1963). / P. L. Nervi, E. R. Rogers et J. Joedicke, Pier Luigi Nervi (Milan, 1957 ; trad. fr. Pier-Luigi Nervi, ingénieur, architecte. Constructions et projets, Vincent et Fréal, 1958). / A. L. Huxtable, Pier-Luigi Nervi (New York, 1960).
nestorianisme
Hérésie christologique professée
au Ve s. par Nestorius, patriarche de Constantinople (428-431).
Nestorius
Nestorius (Germanica Cesarea, auj.
Maras, v. 380 - Kharguèh 451) enseignait que la Vierge Marie n’avait pu engendrer le Fils de Dieu, mais seulement l’homme dans lequel s’était incarnée ensuite la deuxième personne de la Trinité ; en conséquence, Marie n’était plus que la Christotokos (« mère du Christ »), et le titre de « mère de Dieu » (Theotokos) lui était refusé.
Ainsi, l’union des deux natures
n’était plus que morale ou volontaire, mais non plus essentielle et hyposta-
tique ; de plus, en refusant à la Vierge le titre de mère de Dieu, qui était très populaire, Nestorius allait déchaîner contre lui la colère des théologiens comme des simples fidèles.
Cette dualité des natures, en effet, remettait en question la valeur de l’action rédemptrice du Christ, qui ne pouvait être complète, accomplie par un homme qui ne possédait la nature divine que par accident.
Aussi, dès Pâques 429, un Alexan-
drin, le propre évêque d’Alexandrie, Cyrille, s’oppose-t-il aux idées de Nestorius et affirme-t-il que la Vierge a bien droit au titre de Theotokos. À
Constantinople, Nestorius, fort de l’appui de l’empereur Théodose II, refuse de se rétracter. Cyrille en appelle alors au pape Célestin Ier (422-432), qui condamne Nestorius en août 430.
La querelle reprend de plus belle lorsque d’autres théologiens de l’école d’Antioche, comme Théodoret de Cyr (v. 393-v. 460) et André de Samosate, accusent à leur tour Cyrille d’Alexandrie de verser dans l’hérésie monophysite, c’est-à-dire de nier la dualité des natures humaine et divine.
Pour trancher le débat, les deux
partis en appellent à un concile, que l’empereur Théodose II (408-450) réunit à Éphèse en 431 ; le pape est repré-
senté par ses légats, mais Nestorius n’y paraît pas. L’assemblée, dominée par Cyrille, n’attend pas l’arrivée des Antiochiens et condamne Nestorius, puis elle fait acclamer la Theotokos par le peuple d’Éphèse.
Pour l’évêque d’Alexandrie, il n’y a dans le Christ qu’une seule personne, le Verbe incarné, à laquelle les actions, qui procèdent soit de la divinité, soit de l’humanité, doivent être indifféremment attribuées. C’est bien le Fils de Dieu qui est né, qui a grandi, qui a souffert et est mort sur la croix, et la Vierge doit être légitimement considérée comme sa mère, comme la Theotokos.
Mais les théologiens d’Antioche
continuant à reprocher à Cyrille de renouveler l’hérésie apollinariste, ce dernier, pour se laver de tout soupçon,
accepte de renoncer à certaines de ses formules et peut ainsi conclure une entente avec les Antiochiens. Dans cet édit d’Union de 433, il est affirmé qu’il y a dans le Christ deux natures unies dans une seule personne divine et que la Vierge est la mère de Dieu.
L’école d’Alexandrie triomphe ;
l’empereur se rallie à ses thèses et, en 435, il exile Nestorius dans la Grande Oasis ; ce dernier mourra en 451 sans avoir jamais renoncé à ses vues, qu’il a résumées dans un ouvrage, le Livre d’Héraclide de Damas, retrouvé au début du XXe s. Mais une Église — dite
« nestorienne » — se réclamera de lui.
P. R.
L’Église nestorienne
On désigne ainsi les communautés
chrétiennes qui reconnaissent l’autorité suprême du « catholicos-patriarche d’Orient », siégeant d’abord dans les villes royales perses de Séleucie-Cté-
siphon, puis à Bagdad après l’instauration du califat ‘abbāsside dans cette ville (762).
On emploie également les déno-
minations d’Église chaldéenne (plus particulièrement pour la fraction unie à l’Église catholique romaine) ou d’Église assyrienne (terme équivoque, qui fait son apparition en 1870 dans le monde anglo-saxon). Actuellement réduite à une infime minorité (environ 100 000 fidèles), cette Église a connu au cours des siècles une très vaste expansion et vécu une histoire glorieuse et tragique.
De petites communautés chrétiennes se sont sans doute très tôt constituées en Mésopotamie, notamment à partir des colonies juives de Babylonie ; elles se développèrent à la suite de la déportation, au-delà de l’Euphrate, d’une partie de la population d’Antioche (v. 260). Leur première organisation est attribuée à Pāpā bar Aggaï, évêque des villes royales sassanides de Séleucie-Ctésiphon à la fin du IIIe s. Les violentes persécutions suscitées à diverses reprises à l’instigation des mages, gardiens de la religion officielle (zoroas-trisme), ne parvinrent pas à les dislo-
quer. Envoyé par deux fois en Perse, d’abord sous Arcadius, puis sous Théodose II, en 410, dans le cadre d’une ambassade, l’évêque Maroutha († v. 420) de Martyropolis (ville proche d’Amida
[auj. Diyarbakır], dans l’actuelle Turquie) présida un concile au cours duquel fut proclamée l’adhésion de ces Églises à la doctrine orthodoxe définie aux conciles de Nicée-Constantinople et interprétée par saint Athanase* et les docteurs cappadociens.
Mais, dès 424, dans l’intention
d’apaiser les suspicions que suscitaient leurs relations avec l’Empire romain, les communautés chrétiennes de Perse proclamèrent que l’évêque des villes royales, « qui est Pierre parmi nous », ne relevait que du seul jugement du Christ. Par ailleurs, fermement attachées à la tradition antiochienne et notamment aux enseignements de
Diodore de Tarse et de Théodore de Mopsueste (v. 350-428), donnés dans l’« école des Perses » (transférée depuis 363 à Édesse [auj. Urfa], en territoire romain), elles demeurèrent réticentes à la condamnation de leur disciple Nestorius au concile d’Éphèse (431) et surtout à la suspicion croissante à l’égard de la christologie antiochienne.
En 486, à l’instigation d’un évêque de cour, Barṣaumā (v. 496), l’Église de Perse prenait officiellement position en faveur de Nestorius et assouplissait la discipline traditionnelle du célibat ecclésiastique.
La doctrine officielle de l’Église trouva enfin son expression définitive dans une profession de foi rédigée en 612, durant une longue vacance du siège catholicosal (609-628) sous l’influence prépondérante du grand moine théologien Babaï (569-628). Réorganisée une première fois au milieu du VIe s.
par le catholicos Mar Abā Ier (540-552), elle le fut de nouveau au lendemain de la conquête arabe par Icho‘yab III (650-657), qui fixa sa liturgie, puis par Timothée Ier (780-823). C’est avec ce dernier que se précisa définitivement la juridiction du catholicos de Bagdad sur les chrétientés de l’Inde du Sud (Malabār).
Ces chrétientés, qui peuvent remonter jusqu’aux temps apostoliques,
étaient peu à peu entrées dans l’orbite d’influence du catholicos d’Orient, au moins depuis le VIe s. (Mar Abā). Par ailleurs, dès 631, des moines missionnaires nestoriens avaient porté l’évangile dans l’Asie centrale et jusqu’en Chine ; ces chrétientés, connues par les documents de Tourfan et surtout par la stèle de Xi’an fu (Si-ngan-fou) [781], prolongeront leur existence au moins jusqu’au Xe s. D’une manière générale, l’ère du califat de Bagdad fut une pé-