Stimulé lors de l’inspiration par ces afférences, le centre pneumotaxique envoie à la fois des influx inhibiteurs vers le centre inspiratoire et des influx excitateurs vers le centre expiratoire.
Ainsi est réalisé le rythme res-
piratoire : à l’inspiration succède l’expiration.
Mais ces centres bulbo-pédoncu-
laires sont sous le contrôle de centres supérieurs, comme le montre la possibilité de commande volontaire de la respiration.
Des affections diverses du système nerveux central peuvent donc entraîner des troubles respiratoires :
— des lésions des motoneurones alpha (poliomyélite antérieure aiguë, poly-
radiculonévrite) [v. nerveux (système)] ;
— des lésions de la plaque motrice (myasthénie) [v. muscle] ;
— des lésions du bulbe et de la protubérance au cours des hémorragies cérébrales, en cas d’hypertension intracrânienne, enfin au cours de certaines encéphalopathies.
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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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Troubles liés à un
dysfonctionnement des noyaux
hypothalamiques
L’hypothalamus est l’un des niveaux d’intégration les plus élevés du système nerveux autonome.
Il intervient dans la régulation thermique de l’organisme. Il règle les mécanismes de la soif et de la faim.
Il commande l’adaptation des ré-
ponses hormonales aux conditions de l’environnement.
On a individualisé au niveau de l’hypothalamus deux groupes de noyaux qui semblent jouer des rôles différents.
1. Le groupe antérieur règle le fonctionnement des glandes surrénales, des thyroïdes et les processus de croissance de l’individu.
2. Le groupe postérieur intervient dans la libération d’une hormone qui règle l’élimination de l’eau au niveau du rein (c’est l’hormone antidiurétique).
Le diabète insipide résulte d’un
déficit de sécrétion de l’hormone antidiurétique.
Troubles de la régulation
thermique
On a pu mettre en évidence au niveau de l’hypothalamus deux types de thermorécepteurs ; les premiers sont sensibles au réchauffement, les seconds au refroidissement.
Ainsi, dans les lésions hypothalamiques traumatiques ou vasculaires,
on observe souvent une hyperthermie (fièvre élevée).
Troubles des conduites
alimentaires
Chez l’animal, la stimulation de certains noyaux latéraux de l’hypothalamus déclenche la prise de nourriture ; leur destruction entraîne une aphagie (l’animal ne mange pas).
Les noyaux médians semblent, au
contraire, régler la satiété. Leur stimulation diminue la prise de nourriture ; leur destruction provoque une hyper-phagie (excès d’appétit).
Cependant, chez l’homme, il est très rare que des lésions hypothalamiques soient responsables des troubles de l’appétit.
On a aussi mis en évidence des
noyaux hypothalamiques qui règlent le besoin de la soif.
Chez l’animal, la destruction de certains de ces noyaux permet d’obtenir une adipsie (absence de soif), et leur stimulation une polydipsie (soif excessive), mais, chez l’homme, ces troubles sont moins bien connus.
J. E.
J. Delmas et G. Laux, Système nerveux sympathique. Étude systématique et macroscopique (Masson, 1952). / J. Artner et G. A. Hauser, Das Neurovegetative Nervensystem (Bâle, 1960).
Neutra
(Richard Josef )
Architecte américain d’origine autrichienne (Vienne 1892 - Wuppertal
1970).
Dans le monde américain des an-
nées 30, il apparaît comme l’un des rares représentants de ce « style international », dont quelques-unes de ses oeuvres sont une expression particuliè-
rement significative. Néanmoins, c’est seulement après la Seconde Guerre mondiale que son originalité, comme constructeur de maisons individuelles en Californie, s’est véritablement ré-
vélée — valorisée par une réflexion éthique d’une grande importance sur les rapports de l’homme avec son
environnement.
Issu d’une famille de fondeurs de cloches, Neutra sort diplômé de la Technische Hochschule de Vienne
en 1917. Cette formation solide s’est accompagnée de contacts particuliè-
rement enrichissants avec Adolf Loos (1870-1933) — l’un des apôtres du dé-
pouillement architectural, grand admirateur de l’école de Chicago et ennemi du « Jugendstil » viennois — et avec l’oeuvre d’Otto Wagner (1841-1918) ou celle de Frank Lloyd Wright*, qui fut publiée en Europe en 1911. En 1918, Neutra part compléter sa formation en Suisse. Il y travaille comme architecte-paysagiste jusqu’en 1921, date à laquelle il rejoint Erich Mendelsohn (1887-1953), dont il est l’employé au bureau municipal de Luckenwalde,
puis l’associé. En 1923, ils présentent un projet commun, qui sera primé, pour un centre commercial à Haïfa.
Neutra décide alors de s’expatrier aux États-Unis. Il vient à Chicago*
travailler chez Holabird & Roche, rencontre Louis Henri Sullivan et part finalement à Taliesin chez Frank Lloyd Wright. En 1926, il se fixe à Los Angeles, où il entre dans l’agence de Rudolph Schindler (1887-1953), un autre élève de Wright. Schindler est alors en train de construire la Lovell Beach House, l’une de ses oeuvres majeures
— souvent rapprochée du mouvement De Stijl. En 1927. Neutra s’établit à son compte : sa première commande est une maison de santé, la Lovell Health House à Griffith Park (Los Angeles). Dans le langage du purisme, elle introduit une étonnante fluidité d’espace et une souplesse d’implantation qui font penser, avec quelques années d’avance, à la « Maison sur la cascade » de Wright. Architecte californien, Neutra construira surtout des habitations particulières (maison du ci-néaste Joseph von Sternberg à San Fernando Valley, 1936) et des bâtiments scolaires : la Corona School de Los Angeles (1935) est l’occasion pour lui d’une réflexion théorique sur les rapports de l’enfant et de l’architecture, début de ses recherches écologiques.
Après la Seconde Guerre mondiale, l’architecte va se spécialiser dans le domaine de la maison individuelle, où il apporte une extrême sensibilité à la fois aux problèmes de l’expression du mode de vie des habitants et à la relation de l’espace avec le paysage exté-
rieur — presque toujours exceptionnel.
Sa pensée est ici très proche de celle de Mies* van der Rohe (depuis le projet de maison de campagne en brique de 1924 jusqu’au projet pour une maison dans le Tyrol en 1934) : son oeuvre se situe dans une filiation directe, amplifiée et coordonnée, de ces premières approches dues au maître allemand.
La « Maison du désert » (Kaufmann House) à Palm Springs, en Californie (1946-47), et la Warren Tremaine House de Santa Barbara (1947-48) sont les premières d’une longue lignée de constructions individuelles dont les structures légères et précises, formées de panneaux opaques ou transparents utilisant largement le verre et le bois, s’ouvrent sur d’immenses panoramas et se lient à des plantations raffinées.
Associé à partir de 1949 avec Robert E. Alexander, Neutra construira encore la maison James D. Moore dans la vallée de l’Ojai (1954), la maison Maury Sorrell à Shoshone, dans la Vallée de la Mort (1956), la maison Sidney R. Troxell à Pacific Palisades (1956) et la très belle maison Corwin Hansch à Claremont (1955), célèbre par son « toit d’eau », qui, sur une structure décalée le long de la pente d’un terrain, forme protection contre la chaleur pour l’étage inférieur (celui de la chambre) et miroir d’eau au-dessus, devant la salle de séjour. Dans les dernières années de sa vie, il se distinguera moins comme architecte — son oeuvre devient quelque peu répétitive et tend à lui échapper entre les mains de ses collaborateurs — que comme théoricien de ce qu’on appelle aujourd’hui l’écologie et qu’il définissait comme un « bio-réalisme », c’est-à-dire une prise de conscience des effets de l’environnement sur le tempérament et sur le psychisme humain, et une étude des modes d’observation, d’analyse scientifique de ces effets. Parmi d’autres écrits, son livre de 1954, Survival through Design (trad. fr. Construire