Chrysopes et quelques autres genres se nourrissent de Pucerons et contribuent ainsi à limiter la pullulation de ces Hé-
miptères souvent nuisibles ; les larves de Chrysopa ont la curieuse habitude de se recouvrir des dépouilles de leurs proies. Quant aux larves de Mantispes, elles se développent à l’intérieur de cocons d’Araignées, aux dépens des oeufs.
Après la vie larvaire, qui, chez les grandes espèces, dure deux ans, survient la nymphose ; elle se produit ordinairement dans le sol, même pour les formes aquatiques, qui sortent de l’eau au préalable. Seuls les Planipennes s’entourent d’un cocon de soie : certains tubes de Malpighi acquièrent un rôle séricigène, et la soie est émise par l’anus.
M. D.
L. Berland, Atlas des Névroptères de France, Belgique, Suisse (Boubée, 1962).
névrose
Maladie neuropsychique fréquente, caractérisée par l’absence de toute lésion décelable du système nerveux.
Introduction
Les névroses se traduisent par des symptômes variés à l’infini, soit mentaux (anxiété, hyperémotivité, inhibitions, obsessions, phobies, tendances dépressives, troubles du caractère), soit physiques de type fonctionnel (douleurs diverses, spasmes, dysfonctionnements, sensations anor-
males, contractures, vertiges, asthénie, troubles sexuels, etc.).
Les états névrotiques se caracté-
risent encore :
— par leur gravité moindre relativement aux psychoses, qui font vivre le malade dans un monde délirant ; (le névrosé garde toujours intact son système de réalité) ;
— par la conscience qu’a le malade du caractère morbide de ses troubles, ce qui le pousse à consulter le médecin ;
— par l’importance, dans la genèse de l’affection, de conflits psychologiques
conscients ou inconscients, sources de malaise et d’angoisse (ces conflits, selon la théorie psychanalytique, seraient essentiellement inconscients et remonteraient à la petite enfance ; les symptômes névrotiques auraient ainsi une signification symbolique dans l’inconscient du malade) ;
— par l’importance discutée et encore inconnue des facteurs biologiques ou neurophysiologiques (terrain nerveux), qu’ils soient héréditaires, congénitaux ou acquis (les progrès génétiques et biochimiques à venir préciseront ce point) ;
— par une évolution et un âge d’apparition des symptômes des plus variables.
Les névrosés se distinguent des
psychopathes, ou déséquilibrés psychiques, appelés encore sociopathes, instables, impulsifs au sens fort, délin-quants ou non, pervers polymorphes, vivant en marge de la société en parasites, plus ou moins toxicomanes, soit inaffectifs, rétifs, malins inamendables avec une tension agressive mal contrô-
lable, soit inconsistants, nonchalants, incapables de profiter des expériences acquises, caractérisés tous par un comportement antisocial.
Historique
Le terme de névrose servait à désigner au XIXe s. les maladies nerveuses dont on ne pouvait démontrer la lésion causale, comme la neurasthénie, l’hysté-
rie, mais aussi l’épilepsie, la chorée, la maladie de Parkinson et bien d’autres affections similaires, dont, pourtant, la nature organique ne fait plus de doute aujourd’hui : le vieux cadre des névroses — au sens primitif — a donc été progressivement démembré, et de nombreuses maladies nerveuses que l’on croyait « névrotiques » ont reçu leur explication organique, soit anatomique, soit neurophysiologique. Reste aujourd’hui un groupe d’affections mentales (ou dites telles) dont Pierre Janet* a donné jadis une remarquable description sous le nom de névroses.
Il les a définies comme des troubles fonctionnels traduisant un arrêt dans l’évolution des fonctions psychiques, arrêt responsable d’un remplacement
des activités intellectuelles supérieures par des activités mentales désordonnées de bas niveau et par des phé-
nomènes comme l’hyperémotivité,
l’anxiété, les inhibitions, etc. Il a expliqué les névroses par un trouble subtil de la conscience et de la volonté ; soit un rétrécissement du champ de la conscience, soit un défaut de « tension psychique », cette sorte d’énergie qui maintient à un haut niveau de fonctionnement l’organisation hiérarchisée des structures neuropsychiques.
Si les descriptions de Janet demeurent valables, les tentatives d’explication des mécanismes n’ont jamais reçu de preuve formelle. S. Freud*, qui avait suivi l’enseignement de J. M. Charcot à la Salpêtrière, montrait, à l’aube du XXe s., que les symptômes névrotiques avaient une valeur en eux-mêmes, une signification profonde. Il mettait l’accent sur l’inconscient* et les conflits qui s’y trouvent enfouis depuis la plus lointaine enfance, conflits inextricables et non résolus entre désirs et craintes, tous générateurs d’angoisse et donc de mécanismes de défense plus ou
moins défectueux ou archaïques avec irruption secondaire de symptômes morbides.
L’extension des théories psycha-
nalytiques freudiennes a conduit de nombreux psychiatres à admettre la psychogenèse pure des névroses, donc une thérapeutique essentiellement psychothérapique d’inspiration ou de technique analytique : les symptômes et les comportements névrotiques dériveraient de conflits précoces et inconscients entravant le développement de la personnalité. Dans toute névrose s’ob-serveraient des régressions ou des fixations du développement psychosexuel (oral, anal, phallique et oedipien).
D’autres conceptions sont venues
s’ajouter ou s’opposer aux apports psychanalytiques, notamment les théories du conditionnement des névroses de Pavlov* fondées sur l’expérimentation animale et certains modèles neurophysiologiques. L’étude des réflexes conditionnés dans leurs aspects les plus subtils fournira peut-être une explication à la genèse de certains symptômes névrotiques. Sur un plan plus pratique et immédiat, de nombreuses
études thérapeutiques sont en cours, visant à appliquer aux névroses des méthodes de déconditionnement (Hans Jurgen Eysenck et d’autres auteurs anglo-saxons).
Ajoutons qu’il ne faut pas négliger l’importance des facteurs sociaux, culturels et celle de l’environnement.
Il n’est pas douteux que les conditions modernes de la vie urbaine favorisent ce que l’on appelle les décompensations névrotiques. D’abondants travaux psychosociologiques accusent ces
conditions de vie de créer artificiellement des névroses ou des pseudo-névroses dites « de situation ». En fait, il est plus exact de dire qu’elles favorisent l’expression anormale de symptômes psychiques ou psychosomatiques chez des sujets prédisposés ou fragiles.
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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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Les différentes variétés
de névroses
Une névrose classique se définit en principe par un caractère ou une personnalité pathologique, un terrain spécial, d’une part, et des symptômes spécifiques, d’autre part, qui sont plus ou moins graves ou gênants pour le malade.
y La névrose d’angoisse associe
des attaques répétées d’angoisse
aiguë à un fond de personnalité dite
« anxieuse ».
y La névrose obsessionnelle associe des obsessions multiples, des compul-sions, des rites, des vérifications morbides à une personnalité dite « obsessionnelle » ou « anale ». Sa parente proche, la psychasthénie, décrite par Janet (scrupules excessifs, indécision, asthénie psychique et physique, souci inutile du détail, rendement intellectuel ou professionnel médiocre, sans rapport avec le niveau réel du sujet), est actuellement injustement négligée par la tendance psychanalytique.