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lointaine approche du problème de la genèse des névroses ; néanmoins, l’ex-périmentation animale montre la réalité des facteurs neurophysiologiques et génétiques individuels. Par ailleurs, le surmenage, certains traumatismes physiques massifs ou plus modérés, mais répétés pourraient rendre compte chez l’adulte de certains états névrotiques par épuisement biochimique du système nerveux. Toutes les recherches actuelles portent sur les troubles des métabolismes respectifs des catécho-lamines, de la sérotonine, de la dopa-mine, de la noradrénaline, sur les

mécanismes de maintien de l’humeur, sur ceux du sommeil, des activités oniriques. Dans l’avenir, on peut espérer un soutien neurophysiologique pré-

cis aux notions, encore trop philosophiques, de « champ de conscience », de « volonté ». Les vieilles conceptions de Janet, évoquant le rétrécissement du downloadModeText.vue.download 241 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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champ de conscience, l’affaiblissement de la tension psychique de certains névrosés, trouveront peut-être une justification dans des découvertes scientifiques ultérieures sur le fonctionnement global du système nerveux. Quoi qu’il en soit, les causes psychologiques sont considérées actuellement comme dominantes, voire primordiales dans les névroses. Il peut s’agir de causes extérieures immédiates et récentes, comme dans les réactions névrotiques aiguës (chocs affectifs violents), mais, dans la majorité des cas, les facteurs psychologiques invoqués au niveau conscient paraissent objectivement mineurs ou banals, non proportionnels à l’intensité des désordres provoqués.

Parfois même, ils ne sont pas évidents.

C’est la psychanalyse, notamment par Freud et ses successeurs, qui a montré l’importance des causes psychologiques inconscientes dans la genèse des névroses. Les événements pénibles, les frustrations de la vie quotidienne ne font que favoriser ou précipiter la maladie. En réalité, l’impact de ces facteurs psychologiques se comprend en fonction de l’histoire personnelle du sujet et de son caractère. Il existerait chez le névrosé un ensemble de conflits inconscients générateurs d’angoisse remontant à la petite enfance. L’évé-

nement réel qui semble décompenser le névrosé à l’âge adulte ne fait que réactiver un conflit ancien, un traumatisme enfoui dans l’inconscient et mal surmonté. La personne du névrosé a subi dans l’enfance une série d’arrêts, de ré-

gressions, de déviations dans son développement psychologique. Le Moi n’a pas pu franchir normalement les étapes du développement psychosexuel au

sens psychanalytique, et surtout pendant les six ou sept premières années

de la vie. Les perturbations des relations affectives du jeune enfant avec ses parents ou son entourage proche entraînent un défaut de maturation du caractère ou une fragilité affective d’un style particulier à chaque individu. Le névrosé n’a pas résolu (sinon d’une manière mutilante pour lui) les conflits psychiques entre désir et crainte, entre pulsions et interdits de son enfance.

D’où la culpabilité, l’angoisse plus ou moins endiguées, refoulées ou remaniées par des défenses dites « névrotiques ». Les mécanismes de défense qu’engendre l’angoisse sont inconscients, méconnus du sujet comme les conflits originels. Tout se passe dans l’inconscient du malade. Celui-ci ne perçoit que les symptômes gênants qui l’amènent à consulter : obsessions, phobies, hyperémotivité, anxiété, tendances dépressives, etc.

Les mécanismes de défense que le

névrosé utilise inconsciemment pour juguler (incomplètement le plus souvent) l’angoisse dérivée des conflits insolubles entre le Ça, le Surmoi et le Moi (les trois grandes instances psychanalytiques) sont archaïques, rigides, mal adaptés. Ils entraînent une perte d’énergie psychique, un défaut d’épanouissement affectif sexuel, socio-familial, etc.

Il faut souligner, dans la théorie psychanalytique, l’importance des complexes d’OEdipe et de castration, qui seraient au centre de toute névrose.

En résumé, pour Freud, les six ou sept premières années de la vie sont décisives dans l’évolution psychique affective de l’individu. Toutefois, des remaniements très appréciables peuvent s’opérer pendant la phase dite

« de latence » (entre six ans et la puberté) et surtout pendant l’adolescence.

Cette précocité dans les origines de la névrose, même lorsqu’elle se révèle à l’âge adulte, ne serait pas un obstacle à la psychothérapie psychanalytique.

Grâce au phénomène du transfert (relation particulière du patient vis-à-vis de l’analyste), à des prises de conscience successives, une nouvelle maturation se fait sur des bases plus saines vers un nouvel équilibre psychologique.

On peut souligner, pour complé-

ter ce rapide panorama des causes en matière de névrose, l’influence des facteurs sociaux, culturels, économiques. La structure du groupe social, les méthodes éducatives, les conditions matérielles de la vie interviennent certainement dans l’aspect, la tendance évolutive des névroses et dans leur ex-tériorisation ou leur décompensation.

Évolution et pronostic

des névroses

L’évolution et le pronostic des états névrotiques sont généralement très difficiles à préciser. Ils dépendent de chaque cas particulier, des possibilités de traitement, des aménagements qui se créent entre le névrosé et son entourage. Certaines névroses sont sévères et chroniques. Classiquement même, le terme de névrose implique la notion de chronicité. En fait, rien n’est plus capricieux dans son devenir qu’un état névrotique. Il existe des poussées évolutives, de longues rémissions, des guérisons apparentes complètes. Nombreux sont les petits névrosés dont l’existence n’est pas gravement entravée. Une aide médicale relativement simple permet à bien des névrosés de dépasser leurs moments pénibles.

Insistons sur la fréquence des états dépressifs authentiques de structure névrotique dans le cours de la plupart des névroses.

Traitement des névroses

On ne manque pas de moyens théra-

peutiques dans le domaine des né-

vroses, mais leur efficacité se révèle très inégale d’un patient à l’autre.

La psychothérapie*, qu’elle soit rigoureusement psychanalytique, le plus souvent freudienne, ou qu’elle soit une simple psychothérapie de soutien, de compréhension, de commentaire ou de suggestion, est toujours nécessaire.

La psychanalyse* classique, dans sa forme traditionnelle sur le divan, est beaucoup plus rarement indiquée qu’il n’est habituel de le croire. Elle exige des conditions très précises ; sa durée peut être très longue dans le dessein de traiter radicalement la névrose. Il faut

des malades très motivés, désireux de s’exprimer ou de communiquer, d’une fidélité à toute épreuve, stables mais non rigides et doués d’un Moi relativement fort. Il faut aussi trop souvent un niveau socio-économique suffisant.

En revanche, les psychothérapies

plus superficielles, d’inspiration psychanalytique fréquemment, en face à face, sont beaucoup plus utilisées.

Elles visent à atténuer ou à supprimer les symptômes les plus gênants, à dé-

tendre une situation anxieuse, à amé-

liorer l’adaptation. La personnalité du patient ne s’en trouve guère modifiée, mais une certaine maturation affective et des aménagements plus confortables peuvent être obtenus.

En fait, toute psychothérapie, psychanalytique ou non, repose sur la qualité de la relation médecin-malade et sur la personnalité du psychothérapeute.