Amended, 1728 ; Observations upon the Prophecies of Daniel, and the Apocalypse of St. John, 1733), qui lui coûtent sans doute autant d’efforts que les Principes, sans ajouter à sa gloire.
Newton dans sa
vie publique
Après la parution des Principes, Newton semble de nouveau abandonner
toute recherche scientifique. C’est l’époque de la fuite de Jacques II. En 1689, Newton va siéger à la Chambre des communes pour y représenter
l’université de Cambridge. On rapporte qu’il y reste étranger aux débats et n’y prend qu’une fois la parole, pour inviter un huissier à fermer une fenêtre. Le Parlement est dissous, et nous savons par Huygens que Newton tombe alors, en 1692, dans une sorte de prostration
— Biot parle même de folie —, cau-sée peut-être par l’excès de son ancien travail, par la mort de sa mère ou par l’incendie accidentel du laboratoire où il poursuit ses recherches d’alchimie.
Cependant, un de ses anciens élèves, Charles Montagu, devenu lord Halifax, occupe en 1694 le poste de chancelier de l’échiquier, et son premier acte est de nommer son illustre maître inspecteur, puis, en 1699, directeur de la Monnaie. Newton abandonne alors sa chaire de Cambridge pour s’acquitter avec soin de cette nouvelle charge, au demeurant assez lucrative. Sa notoriété est devenue très grande : Newton est compris parmi les huit premiers associés étrangers de l’Académie des sciences de Paris (1699) ; en 1703, il est élu président de la Royal Society
et le sera de nouveau chaque année jusqu’à la fin de sa vie ; enfin, en 1705, il reçoit de la reine Anne le titre de baronnet.
Newton, qui ne s’est jamais marié, meurt de la pierre après de vives souffrances à quatre-vingt-quatre ans, et il est inhumé en grande pompe à l’abbaye de Westminster, aux côtés des rois d’Angleterre.
Quelques opinions sur
Newton
« Le plus grand génie de tous les temps et tous les pays » (François Arago).
« Il n’exista que pour calculer et penser »
(Biot).
« Il révéla la plus ancienne, la plus pré-
cise, la plus simple, la plus générale de toutes les lois naturelles » (Henri Poincaré).
« Jamais dans la suite des siècles il ne fut donné à un autre de pénétrer le premier une mine plus abondante et plus riche »
(Joseph Bertrand).
« Il n’y a jamais eu un ouvrage de science positive ayant cette importance, et il est difficile de concevoir qu’il puisse y en avoir jamais un qui, sous le même volume, contienne autant de vérités neuves et de pareille valeur » (Jules Tannery, à propos des Principes).
« Il fallait être Newton pour apercevoir que la Lune tombe, quand tout le monde voit bien qu’elle ne tombe pas » (Paul Valéry).
R. T. et J. I.
F Analyse / Astronomie / Calcul numérique /
Couleur / Lumière.
P. Brunet, l’Introduction des théories de Newton en France au XVIIIe siècle (Blanchard, 1931). / E. N. Da Costa Andrade, Isaac Newton (Londres, 1950 ; 2e éd., 1954). / H. Guerlac, Newton et Épicure (Palais de la Découverte, 1964).
/ D. T. Whiteside, The Mathematical Papers of Isaac Newton (Londres, 1967-1971 ; 4 vol.). /
A. Koyré, Études newtoniennes (Gallimard, 1968). / A. Hayli, Newton (Seghers, 1970). /
G. W. Leibniz, Marginalia in Newton Principia mathematica (Vrin, 1973).
New York
Principale ville des États-Unis, sur l’Atlantique.
La géographie
Avec 7 867 760 habitants, la ville de New York (c’est-à-dire les 5 boroughs de Manhattan, Bronx, Queens, Brooklyn et Richmond) est la deuxième du monde (après Tōkyō). Quant à l’agglomération new-yorkaise, on peut la définir à plusieurs niveaux. La SMSA (Standard Metropolitan Statistical Area) de New York (les 5 boroughs et 4 comtés du New York) compte 11 529 000 habitants. Si l’on y ajoute 3 SMSA du New Jersey qui prolongent l’aire urbaine de New York sans solution de continuité autres que les baies et cours d’eau (celles de Jersey City [1 comté, 609 000 hab.], de Newark [3 comtés, 1 857 000 hab.] et de Paterson-Clifton-Passaic [2 comtés, 1 359 000 hab.]), le total de ces 15 comtés fournit le chiffre de 15 084 000 habitants.
Selon d’autres définitions plus larges encore, la région new-yorkaise rassemble 17 comtés (16 135 000 hab.) et même 22 (17 887 000 hab.) ou 23 comtés (18 191 000 hab.).
Site et situation de
l’agglomération
Le site portuaire est un des éléments fondamentaux de la localisation et du développement de New York.
C’est celui d’une baie abritée (Upper New York Bay), séparée du large par un détroit (The Narrows) et une rade extérieure (Lower New York Bay),
elle-même protégée par la pointe de Rockaway et la flèche de Sandy Hook.
L’amplitude de la marée y est faible (1,5 m), et les profondeurs suffisantes, du moins au centre, pour les bateaux ne tirant pas plus de 15 m. Le port primitif s’est établi en amont de l’Upper Bay, près des eaux profondes de l’East River (désavantagée cependant par de forts courants de marée) et surtout de l’Hudson : de la Batterie (The Battery) à la 72e rue, la rive du fleuve est restée jusqu’à nos jours une des principales zones portuaires.
À mesure que s’étendait l’agglomération urbaine et que s’accroissait le trafic maritime, d’autres espaces d’eau se sont successivement intégrés au site. Au XIXe s., les hauts-fonds de l’Upper Bay à l’est (Brooklyn) et à l’ouest (Jersey City, Bayonne) ont été soit dragués, soit remblayés et amé-
nagés en quais et zones d’entrepôts, tandis que sur la rive new-jersaise de l’Hudson la profondeur du fleuve, associée à un terre-plein naturel au pied des Palisades, créait un site favorable à l’installation de piers et de terminaux ferroviaires. Avec l’expansion des industries pétrolières et chimiques, le port a annexé la baie de Newark et le Kill Van Kull, aux eaux suffisamment profondes, puis l’Arthur Kill, qu’il faut constamment draguer. Par suite des progrès des transports par conteneurs et de l’encombrement de certains secteurs portuaires, de nouveaux éléments potentiels du site entrent en jeu : rive ouest de la baie de Newark (espaces aménageables par remblaiement), fa-
çade de Staten Island sur les Narrows (eaux profondes de 20 à 30 m), East River entre Queens et Bronx (terrains disponibles sur les rives).
Aux nappes d’eau qui forment le site portuaire sont associés des espaces terrestres qui constituent le site urbain.
L’île de Manhattan, coeur de New
York, fait partie du massif précambrien de gneiss et micaschistes bordé par le fleuve Hudson et le détroit de Long Island. Long Island (occupée à l’ouest par Brooklyn et Queens et progressivement incorporée à l’aire urbanisée dont le front progresse vers l’est) et le New Jersey au sud de la baie de la Raritan (banlieue lointaine et « frontière » industrielle de New York) appartiennent à la Plaine côtière, le détroit de Long Island formant la dépression périphé-
rique ennoyée entre un massif ancien et un bassin sédimentaire. Un troisième élément morphologique du site est le bassin triasique de Newark, qui constitue une zone basse excavée dans les grès et schistes marneux tendres entre le socle précambrien à l’ouest et la Plaine côtière New Jersey-Long Island à l’est. Le trias contient cependant un filon-couche épais de diabase (300 m) qui forme une falaise (les Palisades) dominant l’Hudson et, localement,
l’étroite plaine alluviale mentionnée plus haut (routes et voies ferrées doivent franchir la falaise, qui s’abaisse d’ailleurs vers le sud, par des rampes ou des tunnels). À l’exclusion de la baie de Newark, partiellement surcreusée par les glaciers, la zone basse triasique est occupée par des chenaux peu profonds (Arthur Kill), des rivières au cours paresseux (Passaic, Hackensack) et des marécages qui, après remblaiement, sont le site d’aéroports, de zones industrielles, d’entrepôts à conteneurs.