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Uptown commence à la 59e rue,

comme Central Park, qui se poursuit, jusqu’à la 110e rue, entre les 5e et 8e avenues, séparant ainsi un West Side et un East Side. Dans le West Side, près de Broadway, le Lincoln Center rassemble tout ce qui concerne les arts

(Philharmonie, Metropolitan Opera) ; plus au nord se situent des quartiers d’habitation en blocs collectifs, l’université Columbia, puis Washington Heights avec ses résidences luxueuses.

Au-delà de l’« avenue des millionnaires » (la 5e avenue en bordure de Central Park jusqu’à la 81e rue), l’East Side garde la trace d’anciens quartiers ethniques (allemand, mais rapidement assimilé à Yorkville, hongrois vers la 95e rue, italien vers la 102e) et en abrite de nouveaux (noir à Harlem entre la 110e rue et la rivière d’Harlem, portori-cain à East Harlem). Manhattan, qui a compté plus de 2 millions d’habitants en 1910 (soit 39 000 hab. au km2), n’en a plus qu’un million et demi.

Brooklyn (2 602 000 hab.) est également en régression. Il est caractérisé par une grande diversité ethnique et sociale et une immensité qui, associée à son plan régulier (deux types de damiers), le rend inhumain. Une partie des Brooklyn Heights a gardé son cachet vieillot et bourgeois, mais elle est cernée par des secteurs en voie de transformation en taudis (South Brooklyn, Green Point, Williamsburg) et les installations de l’US Navy. Il y a des quartiers bien entretenus, comme Bay Ridge, occupé par des Scandinaves, des quartiers juifs, italiens, slaves, parfois dégradés, et aussi un vaste ghetto noir de 230 000 habitants qui s’étend en tache d’huile entre Prospect Park et Queens.

Queens (1 974 000 hab.) est un borough peuplé plus récemment, plus aéré et qui poursuit sa croissance. À côté de secteurs pauvres et de quartiers riches, peu étendus, Queens, quoique formant un borough de New York, se présente plutôt comme une banlieue de classe moyenne, avec ses maisons groupées en secteurs socialement homogènes.

Au contraire, le Bronx

(1 472 000 hab.) est très diversifié socialement ; il comprend des quartiers riches au bord de l’Hudson, des quartiers anciennement blancs au centre, abandonnés aux Noirs et aux Portoricains, et un nouveau quartier de classes moyennes entre Bronx Park et Pelham Bay Park. C’est un borough principale-

ment résidentiel.

Les banlieues prolongent New

York dans toutes les directions et de plus en plus loin. Vers le nord, elles atteignent Tarrytown sur l’Hudson, Stamford et Norwalk au Connecticut. Elles se développent surtout dans Long Island, à l’est de Queens, dans le comté de Nassau (1 423 000 hab.) et, depuis peu, dans celui de Suffolk, où le taux de croissance est le plus élevé (1 117 000 hab.). Aux portes de New York, mais accessible de Manhattan et de Brooklyn depuis 1964

seulement (pont Verrazano), Staten Island s’ouvre à la suburbanisation : le borough de Richmond ne compte pas encore 300 000 habitants. Dans le New Jersey, les anciennes banlieues, Jersey City, Hoboken, Newark, et les zones industrielles anciennes, comme Paterson, sont devenues des centres urbains à fonctions diversifiées ; n’y résident guère que des ouvriers, surtout des Américains de fraîche date (Italiens) et, dans une proportion croissante, des Noirs. La nouvelle frontière du peuplement atteint le nord des comtés de Passaic et de Bergen ainsi que les comtés de Morris, de Somerset et de Middlesex, et elle se trouve ainsi en bien des points plus proche de la Pennsylvanie que de la baie de Newark.

Problèmes new-yorkais

Une croissance extraordinaire, et sans doute trop rapide, dont on n’entre-voit ni le terme dans le temps ni les limites dans l’espace, pose une série de problèmes.

Le premier est relatif à l’encom-

brement des voies de communication.

Les plans d’eau, utilisés comme une immense aire de triage par les bacs chargés de rames de train et par les al-lèges de transbordement, sont encombrés, notamment l’Upper Bay entre Brooklyn et Manhattan, d’une part, et la rive du New Jersey, de l’autre, par des navettes incessantes entre piers et terminus ferroviaires, trafic qui porte sur 40 Mt ; le coût d’exploitation s’en trouve alourdi ; les surfaces d’eau, qui constituaient un avantage à l’origine, apparaissent maintenant comme un

handicap.

L’encombrement à l’intérieur du tissu urbain n’est pas moindre. Il est impossible de stationner librement dans la plus grande partie de Manhattan ; les camions qui assurent la desserte des zones portuaires contribuent à obstruer la circulation. Les accès et sorties des voies rapides sont des goulots d’étranglement. Toute nouvelle artère de dégagement (l’écheveau

d’autoroutes se complique d’année en année) attire immédiatement le trafic et ne tarde pas à être saturée à son tour.

L’extension de la surface affectée au transport aérien ne suit pas le même rythme de progression que celui-ci.

New York est victime au premier chef de national arteriosclerosis.

Après avoir fonctionné normalement pendant la plus grande partie du XIXe s., le melting-pot new-yorkais s’est trouvé submergé, et le processus d’assimilation bloqué par l’entrée d’immigrants originaires d’Europe orientale et méditerranéenne à la fin du XIXe s. et au début du XXe s., puis par l’arrivée de Noirs après la Première Guerre mondiale et de Portoricains après la Seconde. Les laissés pour compte de l’assimilation se groupent en îlots culturels et sociaux qui sont souvent des îlots de pauvreté.

Chez les Italiens de la première et de la deuxième génération, la structure familiale retarde la promotion individuelle, principal facteur d’assimilation.

Chez les Noirs, la barrière de couleur, la sous-éducation, le sous-emploi et la vie en ghetto se conjuguent avec la désagrégation de la famille pour créer une situation sans espoir, source de délinquance. Officiellement classés comme Blancs et citoyens américains, les Portoricains sont cependant linguistiquement des étrangers ; l’école les déracine plus souvent qu’elle ne les sort d’une situation comparable à celle des Noirs.

La disette d’eau, le déficit en courant électrique, l’entretien de milliers de kilomètres de voirie, l’évacuation des détritus, l’intégration scolaire, la pollution, la drogue et la criminalité, autant de problèmes qui rendent la cité ingouvernable. Aussi New York downloadModeText.vue.download 250 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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est-elle mentionnée dans la presse internationale sous des titres évoca-teurs : « Métropole en faillite », « A City Destroying Itself », « Tod einer Weltstadt ? ».

P. B.

New York’s New Architecture (New York, 1964). / G. Tauber, The New York City Handbook (New York, 1960). / J. H. Thompson (sous la dir. de), Geography of New York State (Syracuse, N. Y., 1966). / L. M. Alexander, The Northeastern United States (Princeton, 1967). /

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L’architecture à New York

S’il reste peu de témoignages des siècles précédents, les bâtiments du XIXe s. sont encore nombreux, particulièrement l’hôtel de ville (1811), le Federal Hall National Memorial (1842) ou l’ensemble de Colonnade Row (1836), ainsi que divers édifices néo-gothiques, comme la Trinity Church (1846) ou l’entrée du Greenwood Ceme-tery (1861). On doit noter l’importance de la construction en fonte, dont un quartier entier — le « Cast-Iron District » de Manhattan — reste le témoignage, regroupant des édifices aussi significatifs que les Laing Stores (1849), seul bâtiment de James Bogardus (v. fer) encore existant à New York, ou le Haughwout Building de John P. Gay-nor, construit en fonte par Daniel Badger, le rival de Bogardus, et équipé dès l’origine (1857) du premier ascenseur des États-Unis, réalisé par Elisha Graves Otis.