La fin du XIXe s. est riche en monuments inspirés par l’esprit « Beaux-Arts » fran-
çais : New York Public Library (1898-1911),
Grand Central Terminal (1903-1913) ainsi que les nombreuses oeuvres de la firme Charles F. McKim, William R. Mead and Stanford White : Low Memorial Library de la Columbia University (1893-1897), Hall of Fame de l’université de New York (1896-1900), Washington Square Memorial Arch (1889-1892), enfin la très belle Pennsylva-nia Station (1906-1910), détruite en 1966
(et auj. souterraine).
À partir du début de ce siècle, les gratte-ciel* occupent une place de plus en plus importante dans l’architecture new-yorkaise : Bayard Building (L. H. Sullivan, 1898) et Flat-Iron Building (D. H. Burnham, 1902), qui sont des émanations de l’école de Chicago* ; puis des oeuvres spé-
cifiquement new-yorkaises, à tendances généralement néo-gothiques, telles que celles de Cass Gilbert (West Street Building, 1905 ; Woolworth Building, 1913), de McKim, Mead and White (Villard Houses, 1909), d’Ernest R. Graham, le successeur de Burnham (Equitable Building, 1915), de Helmle and Corbett (Bush Terminal Buildings, 1918), de Raymond Hood (American Radiator Building, 1924) ou d’Arthur L. Harmon (Shelton Towers Hotel, 1924).
Avec l’Empire State Building (Shreve, Lamb and Harmon, 1930-1932) et le Rockefeller Center (1931-1940) culmine cette première période de l’histoire du gratte-ciel new-yorkais, en même temps que se manifeste le rejet de l’esthétique néo-gothique (Daily News Building, par John Mead Howells et R. Hood, 1930).
Après la Seconde Guerre mondiale, un style renouvelé de gratte-ciel apparaît avec le Secrétariat de l’O. N. U. (1947-1953), par Wallace K. Harrison sur une idée de Le Corbusier*. La firme SOM se spécia-lisera dans cette nouvelle formule, dont son architecte en chef, Gordon Bunshaft, est le praticien particulièrement habile : Lever House (1952), Corning Glass Building (1959), Union Carbide Building (1960), Chase Manhattan Bank (1957-1960). Le Seagram Building de Mies* van der Rohe (1958) constitue l’aboutissement de cette tendance et sa plus belle expression.
Des architectes comme Walter Gro-
pius* (Pan Am Building, 1963) ou Eero Saarinen* (Columbia Broadcasting Society Building, 1965) tenteront une redéfinition de l’esthétique du gratte-ciel, mais leurs successeurs ne seront guère inspirés. Pa-
rallèlement, la tendance au gigantisme, également manifeste à Chicago, autorisera des constructions hors d’échelle, telles que le World Trade Center de Minoru Ya-masaki and Ass. et Emery Roth and Sons (1975) : deux gratte-ciel jumeaux de cent dix étages, sept fois la surface de planchers de l’Empire State, quatre fois celle du Pan Am Building.
L’architecture new-yorkaise, quand elle n’est pas celle des gratte-ciel, touche essentiellement au domaine culturel : Solomon R. Guggenheim Museum de
F. L. Wright* (1959), Begrisch Hall (1963) et Whitney Museum (1966) de Marcel Breuer*, Vivian Beaumont Theater (1965) d’Eero Saarinen, Ford Foundation Building downloadModeText.vue.download 251 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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(1967) de Kevin Roche et John Dinkeloo, les anciens collaborateurs de Saarinen.
Certaines de ces oeuvres tombent dans un monumentalisme vide de sens : le Philharmonie Hall (1962), le New York State Theater (1964) et le Metropolitan Opera House (1966), groupés dans l’ensemble du Lincoln Center, donnent une idée assez pessimiste de l’évolution contemporaine des courants architecturaux à New York.
F. L.
Les principaux musées
d’art de New York
THE METROPOLITAN MUSEUM OF ART
Fondé en 1870, il occupe (5e avenue, en bordure de Central Park) un bâtiment de style éclectique, dessiné en 1877 par Richard M. Hunt, mais agrandi à plusieurs reprises.
C’est un musée encyclopédique, dont le programme embrasse cinq millénaires, depuis l’Égypte et l’Orient anciens. Le dé-
partement des arts de l’Occident européen, consacré à la sculpture et aux arts décoratifs des Temps modernes, est le plus vaste. On y remarque notamment des reconstitutions d’ensembles servant souvent de cadre à des meubles et objets des mêmes époques (« period rooms ») : patio espagnol du château de Vélez Blanco, « studiolo » marqueté de Gubbio, boiseries de la chapelle
de la Bastie d’Urfé, chambre vénitienne du palazzo Sagredo, salon parisien de l’hôtel de Tessé, salle à manger de Landsdown, oeuvre de Robert Adam. Le département des peintures européennes, des origines au début du XXe s., possède des oeuvres parmi les plus célèbres de Titien, G. de La Tour, Rembrandt, Goya, Monet, etc. The American Wing (« l’aile américaine ») est consacrée à la peinture nationale et au décor de la vie sur le sol des États-Unis depuis le XVIIe s.
(nombreuses « period rooms »). Le cabinet des Dessins et le cabinet des Estampes du musée organisent des expositions par roulement, tandis qu’un important département éducatif complète l’animation de cet ensemble. La célèbre collection Lehman a été donnée au musée en 1969.
THE CLOISTERS (« LES CLOÎTRES »)
Annexe du Metropolitan Museum, ce musée d’art médiéval s’est formé à partir de la collection de George Grey Barnard et grâce aux libéralités de John D. Rockefeller. Dans le cadre magnifique de Fort Tryon Park, au-dessus de l’Hudson, il occupe depuis 1938 un bâtiment conçu comme une sorte de monastère fortifié et englobant des éléments anciens, français ou espagnols, tels que l’abside de l’église de Fuentidueña, les cloîtres de Saint-Michel-de-Cuxa, de Saint-Guilhem-le-Désert, de Bonnefont et de Trie. Les collections comprennent des sculptures, des tapisseries (tentures des Preux et de la Licorne), le cé-
lèbre triptyque de Mérode attribué à Robert Campin, des orfèvreries et des ivoires.
THE FRICK COLLECTION
La somptueuse collection d’Henry Clay Frick, magnat de l’acier (1849-1919), occupe un palais de la 5e avenue, bâti pour elle en 1913 et où l’on a préservé l’ambiance particulière à l’habitation d’un grand amateur d’art. Meubles, bronzes, émaux, etc., accompagnent de nombreux chefs-d’oeuvre de la peinture européenne, notamment de la Renaissance italienne (Giovanni Bellini), du XVIIe s. (Van Dyck, Rembrandt), du XVIIIe s. (Fragonard) et de la première moitié du XIXe s. (Goya, Ingres).
THE PIERPONT MORGAN LIBRARY
Outre la bibliothèque proprement dite, le bâtiment contient les riches collections
du banquier John Pierpont Morgan (1837-1913) : tableaux et sculptures, notamment de la Renaissance italienne, dessins, émaux, tapisseries, etc.
THE MUSEUM OF MODERN ART
Fondé en 1929, il est installé depuis 1939
dans un bâtiment très fonctionnel de la 53e rue, agrandi et modernisé en 1963. Le jardin est aménagé en musée de sculpture.
Les salles offrent un panorama, fréquemment renouvelé, des grands mouvements de la peinture européenne et américaine depuis l’impressionnisme. Avec ses départements d’architecture, de design, de photographie, sa bibliothèque, sa cinéma-thèque, son auditorium, son école d’art, sans parler des expositions temporaires, le musée constitue un centre culturel dédié à toutes les formes de l’art contemporain. Tributaire en grande partie du mécénat privé, il exerce une action à l’échelle des États-Unis entiers.