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Les relations extérieures

Le commerce extérieur tient un rôle important : le coton (40 p. 100 de la valeur des ventes), le café (15 p. 100), la viande, les minéraux (or, cuivre, argent) sont exportés vers les États-Unis, l’Europe, le Japon. Les produits industriels nord-américains représentent la majeure partie des importations.

La création du marché commun centreaméricain a favorisé le développement de la part de l’industrie nationale dans les exportations. Le Nicaragua exporte vers ses partenaires des produits manufacturés textiles et alimentaires.

Toutefois, les échanges avec les pays voisins ne représentent pas le quart du commerce extérieur total. Celui-ci est régulièrement déficitaire. Le taux

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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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de couverture des importations oscille généralement entre 70 et 80 p. 100.

R. P.

L’HISTOIRE

À l’époque coloniale, le Nicaragua appartient à la capitainerie générale du Guatemala, région d’élevage extensif médiocre, peuplée de métis et de mu-lâtres. Epargnée par les guerres d’indé-

pendance de l’Amérique hispanique, cette région devient république indé-

pendante après la disparition des Provinces-Unies de l’Amérique centrale en 1837-38.

Le XIXe siècle

Aussitôt, le Nicaragua est l’objet des convoitises rivales des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Avant l’indé-

pendance déjà, l’Angleterre s’est inté-

ressée à la côte des Mosquitos, qui va du cap Honduras au fleuve San Juan ; elle travaille ensuite à ruiner l’unité centre-américaine et donne une fiction de monarchie aux Indiens Mosquitos pour tenir ainsi la côte atlantique du Honduras et du Nicaragua. En 1841 et 1848, les Anglais occupent San Juan (Greytown), et seule l’opposition des États-Unis les empêche d’annexer ce territoire à la Couronne.

Les États-Unis s’intéressent à la position stratégique du Nicaragua sur la route de l’isthme, si bien que les deux impérialismes concurrents pré-

fèrent tomber d’accord et conclure le traité Clayton-Bulwer en 1850. Les deux pays renoncent à monopoliser le futur canal interocéanique et à toute conquête territoriale dans la région.

C’est alors que l’aventurier américain William Walker (1824-1860), à la tête d’une armée internationale financée par Cornelius Vanderbilt, le patron de la navigation sur le fleuve San Juan, entreprend de se tailler un petit empire

en Amérique centrale. Avec sa « phalange américaine », il devient le maître du Nicaragua en 1855, rétablit l’esclavage et exproprie Vanderbilt, avant de passer à la conquête du Costa Rica.

Tant d’appétits provoquent la coalition de l’Angleterre, du Salvador, du Costa Rica et du Guatemala. Vanderbilt finance et arme les ennemis de Walker, qui est battu en 1857.

Le Nicaragua connaît alors, comme toutes les républiques latino-amé-

ricaines au XIXe s., la lutte entre les factions libérale et conservatrice, respectivement identifiées aux villes de Léon et de Granada. Managua, la capitale actuelle, est créée pour mettre un terme à la rivalité des deux belles villes coloniales. Les conservateurs restent au pouvoir de 1863 à 1893, tout en réalisant, chose originale, la séparation entre l’Église et l’État.

La propagation du libéralisme

s’effectuant du nord au sud à partir du Mexique et en passant par le Guatemala, la dictature libérale de José Santos Zelaya commence en 1893 et se signale par un conflit avec l’Angleterre (1894-95) à propos de l’ancien royaume des Mosquitos, où pénètre l’armée du Nicaragua. Les troupes anglaises débarquent, puis rembarquent et sont remplacées par les « marines »

américains : la Mosquitie revient au Nicaragua grâce à la pression de Washington. Les États-Unis comptent sur la gratitude du président Zelaya et attendent de lui qu’il leur donne le monopole d’un éventuel canal tran-sisthmique. Le refus indigné de Zelaya est aussitôt suivi d’un soulèvement financé par les États-Unis, en 1907, puis d’un débarquement de « marines ».

Zelaya est menacé du peloton d’exé-

cution pour avoir fait fusiller des mercenaires américains pris les armes à la main. Il ne doit son salut qu’à l’appui du président mexicain Porfirio Díaz, qui lui a dépêché un navire de guerre.

Les « marines » restent au Nicaragua jusqu’en 1924. En 1916, les États-Unis obtiennent l’autorisation de construire à leur gré un canal qui serait utilisé au cas où celui de Panama viendrait à manquer (traité Bryan-Chamorro

[du nom d’Emiliano Chamorro]). En échange, le Nicaragua reçoit 3 millions

de dollars, aussitôt dépensés pour ré-

gler la dette étrangère. Au lendemain du départ des « marines », la guerre civile éclate.

Sandino (1924-1934)

Augusto César Sandino (1895-1934) mène contre les États-Unis une guerre aussi glorieuse que celle des Costari-ciens contre le flibustier Walker ; mais beaucoup plus dure, puisque sans autre aide que celle des paysans, si l’on excepte un minuscule corps expéditionnaire mexicain venu sauver l’honneur du continent (1926). Sandino est une des plus grandes figures de l’histoire ibéro-américaine, car son combat n’est pas celui de la guerre civile, mais de la résistance nationale de David contre Goliath. Six années durant, ses gué-

rillas tiennent en échec le corps d’élite des « marines », qui seront enfin obligés, après l’arrivée de F. D. Roosevelt au pouvoir, de rembarquer. Sandino combat pour la libération du territoire national et pour l’abolition du traité Bryan-Chamorro. À la même époque, la conférence panaméricaine de La Havane n’ose pas condamner la doctrine interventionniste soutenue par les États-Unis, et les classes dirigeantes latino-américaines ont beau jeu de présenter Sandino comme l’agent des communistes et de Moscou.

La victoire de Sandino est sans lendemain, car celui-ci a cru pouvoir sceller la réconciliation nationale en accep-tant de collaborer avec les ennemis de la veille, les notables proaméricains et les officiers de la garde nationale formée par les États-Unis. Anastasio Somoza (1896-1956), chef de la garde, lait assassiner le héros à la fin d’un banquet. Depuis, le Nicaragua vit sous la domination des Somoza.

La dynastie des Somoza

Somoza, chef de la garde nationale mise sur pied par les conseillers militaires américains, après avoir éliminé Sandino, s’empare du pouvoir en

1937. Gérant la république comme une propriété privée, plaçant sa famille à tous les postes, exterminant toutes les oppositions, Somoza est l’« homme fort » qui perpétue par personne inter-

posée l’hégémonie américaine. La dictature permet la stabilité politique et la conquête économique du Nicaragua par la United Fruit.

Assuré de la loyauté de la garde

nationale, Somoza est politiquement invincible. En 1956, il sera assassiné, mais cet assassinat ne modifiera pas les données fondamentales de la vie du Nicaragua. Son fils Luis (1922-1967) lui succédera grâce à l’arbitrage des États-Unis, qui redoutent l’effondrement du régime.

De 1963 à 1966, le clan Somoza permet un intermède légaliste en laissant la présidence à René Schick (1910-1966), mais à la mort de celui-ci Anastasio Somoza junior (né en 1925) se présente aux élections de 1967. Il profite de l’émeute de janvier pour mater la résistance des grandes familles li-bérales et conservatrices, qui avaient espéré éliminer le clan. En 1972, il fait rédiger une nouvelle Constitution abro-geant celle de 1950, qui ne lui permet pas d’être de nouveau candidat aux élections présidentielles. Gardant la réalité du pouvoir, il cède la place à une junte militaire jusqu’aux élections de 1974. Quelques guérillas sporadiques n’ont jamais menacé sérieusement le régime, qui reste dans les meilleurs termes avec les États-Unis. Les problèmes structurels demeurent inchangés : dépendance à l’égard des grandes compagnies américaines, précarité du sort des ruraux, faiblesse du niveau de vie, analphabétisme à 60 p. 100, mortalité infantile très élevée.