Le nickel s’emploie surtout pour la confection de très nombreux alliages, et plus de 60 p. 100 de sa production servent à des alliages à base de fer. Sa solubilité aussi bien dans le fer α que dans le fer γ et l’absence de formation de carbure modifient les points de transformation des aciers et de ce fait facilitent leurs traitements thermiques et améliorent leurs caractéristiques mécaniques.
y Les ferronickels titrant de 25 à 80 p. 100 de nickel sont utilisés suivant les compositions pour leurs caractéristiques physiques ou chimiques particulières :
— à partir de 25 à 30 p. 100 en nickel, les ferronickels ont une bonne résistance à la corrosion alcaline, à celle de certains acides et aux atmosphères humides ;
— à 36 p. 100 de nickel, l’alliage Invar possède un coefficient de dilatation pratiquement nul entre – 50 et
+ 100 °C, ce qui le fait employer en chronométrie et pour des appareils géodésiques ;
— à 46 p. 100 de nickel, l’alliage Pla-tinite, dont la dilatabilité est identique à celle du verre, est utilisé pour les lampes et tubes radioélectriques ;
— à 50 p. 100 de nickel, les alliages, présentant une perméabilité magné-
tique égale à dix fois celle du fer,
servent à confectionner des noyaux de transformateurs ;
— à 78 p. 100 de nickel, les alliages de type Permalloy 78 ou Mumetal, ayant une haute perméabilité, cinquante fois celle du fer, sont employés particuliè-
rement pour les câbles sous-marins.
y Les aciers inoxydables, dérivés de la composition de base à 18 p. 100 de chrome, 8 p. 100 de nickel et moins de 0,10 p. 100 de carbone, sont très appréciés en chaudronnerie, matériel de l’industrie chimique et alimentaire, stockage de liquides divers, appareillages domestiques, construction métallique, en raison de leur tenue aux atmosphères corrosives et à l’attaque de certains acides ; des compositions améliorées à plus forte teneur en nickel, jusqu’à 15 p. 100, et basse teneur en carbone, inférieure à 0,03 p. 100, avec addition de molybdène et de
stabilisants tels que le titane ou le niobium, permettent des tenues en milieux salins et acides oxydants.
y Les aciers à hautes caractéristiques mécaniques ont pour représentant le plus typique l’acier à durcissement structural appelé Maraging, titrant 18 p. 100 de nickel, 8 p. 100 de cobalt, 4 p. 100 de molybdène, 0,03 p. 100 de carbone et quelques additions (manganèse, titane, aluminium, silicium) ; le traitement de durcissement à une température modérée de 450-500 °C, après usinage, permet d’obtenir une résistance à la traction de 190 hbar avec 11 p. 100 d’allongement, ce qui explique le développement des utilisations de cet acier en construction aéronautique et spatiale, ainsi que pour la fabrication des réservoirs de gaz et l’appareillage chimique sous pression.
y Les aciers spéciaux au nickel ou au nickel-chrome de 2 à 6 p. 100 de nickel, 1 à 3 p. 100 de chrome, 0,1 à 0,4 p. 100 de carbone (additions de molybdène, vanadium) sont couramment utilisés en construction mécanique, automobile, aéronautique,
etc., tant pour leurs caractéristiques mécaniques que pour la facilité de leur traitement thermique (aciers autotrempants).
y Les aimants permanents contiennent de 15 à 30 p. 100 de nickel associé au fer, à l’aluminium, au cobalt, au cuivre et au molybdène (alliages de type Alnico).
y Les fontes au nickel ou au nickel-chrome, dont les structures et les caractéristiques sont améliorées par ces additions, sont employées pour la confection de chemises de cylindres de moteurs, d’engrenages, de pièces de fours électriques, de cylindres de laminoirs (fontes Ni-Hard et
Ni-Resist).
y Les alliages nickel-chrome, à
80 p. 100 de nickel, servent en
construction électrothermique pour la réalisation de résistances, de pièces de fours, de couples pyrométriques.
y Les alliages nickel-chrome-fer ont de nombreuses compositions avec 30
à 80 p. 100 de nickel, 10 à 20 p. 100
de chrome, 5 à 50 p. 100 de fer et des additions d’aluminium, de tungstène, de titane, de cobalt, de manganèse, de molybdène ; ils sont utilisés soit pour leurs propriétés réfractaires en construction aéronautique et thermique (alliages type Hastelloy, Nimo-nic), soit pour leur excellente tenue aux agents chimiques (Inconel), soit encore pour leur module d’élasticité invariable avec les variations de température, en horlogerie (Elinvar).
y Les cupro-alliages au nickel ont des applications variées : de 20 à 30 p. 100 en nickel, les cupronickels présentent une bonne malléabilité, une bonne conductivité thermique et résistent à la corrosion, particulièrement en milieu marin, d’où leur emploi pour ustensiles culinaires, monnaies et surtout tubes de condenseurs et pièces de construction navale ; à 50 p. 100 de nickel, l’alliage Constan-tan, malléable mais de faible conductivité électrique, est utilisé sous forme de fils pour fabriquer des résistances électriques.
Élaborés directement par traitement des minerais canadiens, les alliages de type Monel à 67 p. 100 de nickel, 30 p. 100 de cuivre, 3 p. 100 de fer et des additions de silicium possèdent une
excellente tenue à la corrosion marine, à la vapeur surchauffée et à l’attaque de certains acides, d’où leur emploi en construction navale et en chaudronnerie d’industrie chimique (pompes, hé-
lices, soupapes, condenseurs, éléments de cuves et robinetterie).
Dérivés des cupronickels, avec addition de zinc pour abaisser leur prix, les alliages de type Maillechort ont des compositions très étendues suivant leur destination : de 10 à 30 p. 100 de nickel, 55 à 65 p. 100 de cuivre et 15 à 30 p. 100 de zinc. Malléables, ce qui facilite leur mise en forme, résistants aux corrosions atmosphériques et marines, susceptibles de recevoir un bon poli, ces alliages ont des applications dans les pièces de mécanique fine, objets décoratifs, vaisselle et ustensiles culinaires (alliages Ruolz, Platinoïde, Argentan).
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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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Additionné aux cupro-alliages à
des teneurs inférieures à 10 p. 100, le nickel augmente leurs caractéristiques mécaniques et leur tenue à la corrosion (laitons et cupro-aluminiums spéciaux).
y Les alliages nickel-molybdène de type Chlorimet à 60 p. 100 de nickel, 20 à 30 p. 100 de molybdène et des additions de chrome, de fer, de silicium, de manganèse possèdent une excellente résistance aux acides ainsi qu’aux produits chlorés (acide chlorhydrique, chlore humide, chlorure de sodium).
y Les alliages d’aluminium voient leurs structures affinées et leurs caractéristiques améliorées par l’addition de 0,5 à 2 p. 100 de nickel.
R. Le R.
F Acier / Alliage / Chrome / Cuivre / Fonte /
Métallurgie / Revêtement de surface / Traitement thermique.
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nieur, 1970). / J. Dennis et T. Such, Nickel and Chromium Plating (New York, 1972).
Nicola et Giovanni
Pisano
Sculpteurs italiens dont l’activité se situe dans la seconde moitié du XIIe s. et au début du XIIIe.
Nicola Pisano
(dans les Pouilles v. 1220 - ? entre 1278 et 1284).
Dans les Vite, Giorgio Vasari insiste sur son activité d’architecte, qui prête actuellement à discussion. Il le considère en outre comme le novateur qui avait libéré la sculpture de la vieille et