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brée avec ferveur : le grand-duc reçoit le tsar dans la place, où 120 000 Autrichiens ont dû capituler. En mai dé-

bouche la violente offensive allemande qui perce le front russe à Gorlice, reconquiert la Galicie et, conduite par 60 divisions, s’étend au cours de l’été à la Pologne entière et aux pays baltes.

Le grand-duc Nicolas, qui transfère en août son quartier général à Moguilev, réussit avec peine à replier d’environ 250 km l’ensemble des armées russes sur une ligne joignant l’ouest de Riga à la frontière roumaine.

L’ampleur de cette défaite est

vivement ressentie à Pétrograd. En mai, le néfaste ministre de la Guerre, Soukhomlinov, qui vouait une haine personnelle au généralissime, fut enfin destitué. Mais, au cours de l’été, les relations de ce dernier avec la Cour devinrent de plus en plus tendues. Dé-

sirant récompenser les meilleurs de ses soldats, qui, mal équipés et très insuffisamment armés, s’étaient battus dans des conditions effroyables, le grand-duc avait demandé au tsar que des terres leur soient attribuées. Cependant, le prestige et la popularité du grand-duc étaient peu appréciés en haut lieu, notamment de la tsarine et de Raspoutine.

Ne racontait-on pas qu’à ce dernier, qui avait demandé à visiter le front, le

grand-duc avait fait répondre : « Viens, je te ferai pendre ! » Aussi, dans le dé-

sarroi et l’atmosphère de complots qui régnaient à Petrograd, les adversaires du généralissime, profitant des revers de l’été 1915, réussirent à persuader le tsar de prendre personnellement le commandement de ses armées. Malgré l’intervention des Alliés, le grand-duc Nicolas fut nommé en septembre à Ti-flis vice-roi du Caucase et commandant du front méridional contre les Turcs, où il allait encore durant dix-huit mois faire la preuve de ses qualités de chef.

Assisté du général Nikolaï Nikolaïevitch Ioudenitch (1862-1933), il remporte en 1916 les victoires d’Erzurum (févr.), Bitlis (mars) et Trébizonde (avr.). À plusieurs reprises, il tente, au cours de cette année, d’éclairer son neveu, le tsar Nicolas II, perdu par son entourage. Avant d’abdiquer, celui-ci rend le commandement suprême au

grand-duc Nicolas, qui accepte et jure même fidélité au gouvernement provisoire (mars 1917) ; mais, à son arrivée à Petrograd et en dépit de l’intervention des Alliés, le prince Lvov (1861-1925) lui demande sa démission. Le grand-duc se retire alors dans son châ-

teau de Yalta, où il n’échappe que de justesse aux troubles de 1918. L’arrivée des Alliés en Crimée lui permettra downloadModeText.vue.download 269 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol.14

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de gagner la France en avril 1919. Il vivra dans la retraite au château de Choigny (Seine-et-Marne) et rejoindra en 1928 son frère, le grand-duc Pierre, dans une villa du cap d’Antibes. Avec lui disparaissait le dernier grand chef de l’ancienne Russie.

P. D.

F Guerre mondiale (Première).

L’armée russe de 1914

Neuf ans seulement séparent le désastre militaire subi par la Russie en Mandchourie de son engagement dans la Première Guerre mondiale. C’était peu pour refaire une armée dans un pays qui ne possédait pratiquement pas d’industrie de guerre,

où les stocks de matériels et de munitions étaient à moitié vides, où la quasi-totalité de l’équipement et des techniciens venait de l’étranger (surtout de France) et où les services de renseignements allemands étaient très actifs et bénéficiaient de nombreuses complicités. Après un effort de rénovation entrepris par le grand-duc Nicolas à la tête du Comité de défense nationale, l’armée fut pour son malheur confiée en 1909 à un ministre aussi incapable que sans scrupule, le général Soukhomlinov (1848-1926) ; après sa destitution, il sera traduit devant un jury qui ne retiendra contre lui qu’une « criminelle imprévoyance » : on découvrit notamment qu’une partie importante de crédits militaires n’avaient pas été dépensés et que le recomplètement en munitions avait été commandé aux usines Skoda alors autrichiennes.

Un grand effort de réorganisation avait été toutefois entrepris par l’état-major et devait porter en 1917 l’armée russe au niveau de l’armée allemande.

Les ressources humaines étaient inépuisables — le tiers seulement du contingent (450 000 hommes sur 1 200 000) était appelé sous les drapeaux —, le moral de la troupe était solide, les cadres étaient bons jusqu’à l’échelon de la division et comprenaient quelques têtes qui, tels Chapoch-nikov* et Toukhatchevski*, seront plus tard les créateurs de l’armée soviétique ; mais le haut commandement comprenait, à côté de chefs de qualité (Broussilov*, Ivanov, Ioudenitch), de nombreux incapables, tel Guilinski, imposé au grand-duc Nicolas comme commandant du groupe d’armées opposé aux Allemands en Prusse-Orientale. Le plan de campagne de l’état-major était bâti autour de deux impératifs : empêcher à tout prix l’écrasement de la France, dominer par l’offensive les forces autrichiennes. Mais l’immense étendue du territoire exigeait environ deux mois pour la mobilisation et surtout pour la concentration des armées aux frontières, alors que l’attaque allemande contre les Fran-

çais demandait au contraire le déclenchement d’opérations dans des délais aussi courts que possible. (En 1912, l’état-major russe s’était engagé à attaquer quinze jours après le début de la mobilisation.) En temps de paix, l’armée russe comprenait en 1914 1 400 000 hommes, soit la valeur de 79 divisions d’infanterie et de 29 de cavalerie formant 37 corps d’armée

disséminés de Varsovie à Vladivostok et d’Arkhangelsk au Caucase. À la mobilisation, 35 divisions de réserve seront en outre constituées. Leur arrivée au front s’échelonnera jusqu’à la fin de 1914, mais l’insuffisance de l’armement ne permettra pas de combler les vides, et, dès octobre, de nombreuses unités seront à 50 p. 100 de leurs effectifs. La crise des munitions sera la plus aiguë, surtout pendant la pénible retraite de Pologne en 1915 : « J’ai reçu un jour, écrit le général Golovine, l’ordre d’armer, faute de fusils, une partie de l’infanterie avec des haches montées sur de longs manches. Le général Letchitski, commandant la IXe armée, m’interdit heureusement de le diffuser. »

C. R. Andolenko, Histoire de l’armée russe (Flammarion, 1967).

nid

Ouvrage construit à l’aide de maté-

riaux divers par un animal dans le but de s’abriter lui-même ou d’élever sa famille.

La variété des nids que l’on rencontre dans le règne animal est si grande qu’il n’est pas possible de donner une définition qui tienne compte de toutes les situations. Du nid de branches du Gorille solitaire au nid de Termites qui abrite en permanence plusieurs centaines de milliers d’individus, il y a une infinité de cas, qu’il serait illusoire de vouloir classer de façon cohérente.

Si l’on restreint la notion de nid à sa fonction dans l’acte de la reproduction, on peut le définir comme un abri limité, naturel ou artificiel, dans lequel les oeufs ou les jeunes sont déposés, incubés ou surveillés par les parents, et dans lequel les jeunes accomplissent une partie au moins de leur développement.