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phoniques, d’importantes oeuvres de musique de chambre et de piano, de cantates et de motets, enfin de deux opéras, entrés au répertoire permanent des théâtres de son pays. Cependant, le peuple danois le connaît surtout par une infinité de chansons de caractère populaire, qui ont trouvé très vite le chemin du coeur des gens simples, auxquels elles sont destinées.

Les oeuvres principales de

Carl Nielsen

y opéras : Saül et David (1898-1901) ; Maskarade (1904-1906).

y orchestre : 6 symphonies : no 1 (1891-92) ; no 2, les Quatre Tempéraments (1901-

02) ; no 3, Sinfonia espansiva (1910-11) ; no 4, l’Inextinguible (1914-1916) ; no 5

(1922) ; no 6 Sinfonia semplice (1924-25).

Autres oeuvres : Petite Suite pour cordes (1888) ; ouverture Helios (1903) ; Saga-Drøm (1907) ; Pan et Syrinx (1917-18), Ouverture rhapsodique (1927).

y concertos : pour violon (1911) ; pour flûte (1926) ; pour clarinette (1928).

y cantates : Hymnus amoris (1895-96) ; Sommeil (1904) ; Printemps dans l’île de Fionie (1921) ; 3 motets a cappella (1928-29).

y musique de chambre : quintette à cordes (1888) ; quintette à vent (1922) ; 4 quatuors à cordes (1888-1906) ; 2 sonates pour piano et violon (1895-1912) ; pour violon seul : Prélude et thème varié (1923) ; Prélude et presto (1927-28).

y piano : Suite symphonique (1892-1894) ; Chaconne (1916) ; Thème et variations (1916) ; Suite (1919) ; trois pièces (1928).

y orgue : 29 Petits Préludes (1929) ; Commotio (1930-31).

H. H.

L. Dolleris, Carl Nielsen (Odense, 1949). /

R. W. L. Simpson, Carl Nielsen, Symphonist (Londres, 1952). / J. Balzer (sous la dir. de), Carl Nielsen. Centenary Essays (Copenhague, 1965).

Niemeyer

(Oscar)

Architecte brésilien (Rio de Janeiro 1907).

Oscar Niemeyer Soares Filho, di-

plômé de l’École nationale des Beaux-Arts de Rio en 1934, connaît très tôt la célébrité. Il a la chance d’approcher l’un des plus grands architectes de ce siècle et de travailler avec lui : c’est en 1936 que Lúcio Costa (né en 1902) réunit une équipe d’architectes chargés de la construction du ministère de l’Éducation nationale et de la Santé publique de Rio de Janeiro et qu’il fait appel à Le Corbusier* comme architecte consultant. À la tête de ce groupe, Oscar Niemeyer prendra bientôt la succession de Lúcio Costa.

Sa première oeuvre personnelle est un jardin d’enfants à Rio de Janeiro en 1937 — il y reprend certains thèmes du ministère de l’Éducation nationale et notamment le principe du brise-soleil à lamelles verticales. En 1942-1944, il réalise près du lac artificiel de Pampulha, dans le Minas Gerais, une série de constructions dont la nouveauté formelle est véritablement spectaculaire.

Le Yacht Club, avec son toit à pentes inversées, le restaurant — dont la piste de danse est cernée par un étonnant portique aux ondulations sinusoïdales que rien ne justifie, sinon la fantaisie

— et surtout l’église São Francisco

— mince coque parabolique en béton, dont les murs de clôture s’ornent de fresques ou d’azulejos — déconcertent tous une opinion habituée au purisme du style international des années 30 : Niemeyer apparaît alors comme le

représentant majeur d’une école sud-américaine comparable dans son inspiration au « nouvel empirisme »

scandinave. En réalité, cet abandon de l’esthétique puriste correspond moins à la prise de conscience de réalités autres

— le site, le matériau, les traditions culturelles (comme en Europe du Nord ou au Japon) — qu’à l’emprise d’un plasticisme sculptural dans le domaine de l’architecture : on ne peut négliger l’influence de Le Corbusier, peintre et sculpteur.

Pendant que Carlos Rául Villanueva, au Venezuela, s’attachera à l’intégration des oeuvres d’art dans l’architecture de son université de Caracas*, Niemeyer tentera de créer un « spectacle total » de l’architecture mettant en jeu tous les arts plastiques : le pavillon du Brésil à la Foire internationale de New York en 1939 (avec Lúcio Costa) ou l’ensemble de l’exposition pour le quatrième centenaire de São Paulo, à Ibirapuera (1951-1954, avec Zenon Lotufo, Hélio Uchoa et Eduardo Kneese de Mello) répondent à ces

préoccupations.

Dans le même temps, Niemeyer

construira plusieurs édifices de

moindre importance, mais tous d’une égale qualité : l’ensemble d’habitations individuelles de São José dos Campos (1947-48), la banque Boavista (1946) à Rio et l’hôpital Sul America (1953), ainsi que sa maison personnelle à

Gávea (1953). Dans cette dernière oeuvre, l’imbrication des découpes de la dalle de plafond et de celle de la piscine avec la végétation réalise une unité émouvante, soulignant une relation que H.-R. Hitchcock avait déjà notée (dans Latin American Architecture since 1945, New York, 1955) avec l’art des jardins et principalement avec l’oeuvre du paysagiste brésilien Roberto Burle-Marx.

Mais l’oeuvre essentielle de Nie-

meyer restera tout de même sa contribution à la réalisation de Brasília*, sur un plan d’urbanisme dessiné par Lúcio Costa. Brasília a été créée par la volonté du président Kubitschek, élu en 1956 et que Niemeyer avait connu alors qu’il était maire de Pampulha. Dans cette oeuvre collective d’un homme politique et de deux plasticiens, la contribution personnelle de Niemeyer, difficilement détachable du contexte, est purement architecturale : c’est la réalisation de la place des Trois-Pouvoirs, bordée d’un côté par le palais de justice et le palais du gouvernement qui lui fait vis-à-vis, de l’autre par l’ensemble du Congrès, avec la coupole plate du Sénat et celle, inversée, de la Chambre des représentants, ainsi que les tours jumelles de l’administration. Si le formalisme est ici à son comble, dans les contrastes des verticales et des horizontales, des pleins et des vides, dans le renversement des coupoles (au symbolisme un peu trop marqué), dans la succession féerique des arcades inversées, légères comme des aiguilles, ou dans la spirale de la chapelle présidentielle et dans le bouquet de piliers incurvés de la cathé-

drale, il n’en reste pas moins que c’est là un spectacle d’une grande beauté plastique, à l’échelle des immenses étendues qui entourent la ville.

L’évolution politique contempo-

raine du Brésil a fait d’Oscar Niemeyer un exilé ; il a cependant donné de nouveaux édifices à Brasília, et à Rio de Janeiro (hôtel National). Ces oeuvres, ainsi que celles qu’il a réalisées dans divers pays, telles la France (notamment siège du parti communiste, Paris, 1971), l’Italie (siège des éditions Mon-dadori, Milan, 1973) et surtout l’Algé-

rie (notamment ensemble de l’université de Constantine, 1973), prouvent

que sa vitalité demeure aussi forte que par le passé.

F. L.

S. Papadaki, The Work of Oscar Niemeyer (New York, 1950) ; Oscar Niemeyer — Works in Progress (New York, 1956) ; Oscar Niemeyer (New York, 1960). / O. Niemeyer, Minha expe-riencia em Brasilia (Rio de Janeiro, 1961 ; trad.

fr. Mon expérience à Brasilia, Forces vives, 1963). / Oscar Niemeyer, numéro spécial de downloadModeText.vue.download 271 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol.14

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l’Architecture d’aujourd’hui (Boulogne-Billan-court, 1974).

Niepce

(Nicéphore)

Physicien français (Chalon-sur-Saône 1765 - Saint-Loup-de-Varennes 1833).

Issu d’une famille cultivée de la bourgeoisie bourguignonne — son

père était avocat, receveur des consignations et conseiller du roi —, Joseph Nicéphore Niepce se destine à la prê-

trise et enseigne même un temps chez les oratoriens d’Angers quand éclate la Révolution. Engagé dans l’armée en 1792, il embrasse la carrière d’officier, qu’il est néanmoins contraint d’abandonner assez rapidement, car sa vue est faible et sa santé délicate. Très attiré par la recherche scientifique, il dépose, en 1807, le brevet d’un remarquable moteur à combustion interne qu’il met au point avec la collaboration de son frère Claude. Véritable précurseur du moteur Diesel, le pyréolophore, dont le principe de base était fondé sur l’inflammation brusque de la poudre de lycopode — bientôt remplacée par du pétrole —, devait servir à propulser un bateau sur la Saône. Cependant, malgré les encouragements de Lazare Carnot et un essai d’association avec Claude Jouffroy d’Abbans (1751-1832), cette invention ne parvint jamais à être exploitée et n’eut d’autre effet que de ruiner temporairement son auteur, qui s’adonna alors avec une infatigable énergie à d’autres expériences, notamment sur les ersatz (sucre de betterave,