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La vie urbaine est accrochée à la Loire ou aux collines qui la bordent au nord, parfois ancienne (romaine à Nevers, médiévale à Cosne, à La Charité-

sur-Loire), liée à l’essor de vignobles comme celui de Pouilly, aux expéditions sur le fleuve, à des activités industrielles (comme la faïencerie implantée au XVIe s.). Au XIXe s., l’exploitation du gisement houiller de La Machine et du minerai de fer d’Imphy permit le développement précoce de l’industrie sidé-

rurgique. L’insuffisance des ressources contraignit assez vite à se tourner vers les produits de qualité, et, dans ce domaine, les aciéries d’Imphy jouèrent un rôle essentiel en France. Tout autour, une zone industrielle se créait, de Fourchambault à Decize.

L’économie, il y a un siècle, pouvait ainsi apparaître remarquablement moderne : les grands propriétaires de la région entre Loire et Allier avaient créé un type efficace de spéculation animale, l’embouche, et contribué à modeler la race charolaise en lui donnant ses caractéristiques les plus originales.

À leur exemple, toutes les terres favorables à l’herbe, celles d’entre Loire et Allier d’abord, celles du Bazois, puis toutes celles du département prirent la même orientation. Les industries mé-

tallurgiques faisaient du pays un des points forts de la sidérurgie française.

L’économie d’embouche est exten-

sive et a sans doute largement contribué à libérer très tôt une main-d’oeuvre

importante aspirée vers la région parisienne, proche. Depuis une vingtaine d’années, la plupart des petites exploitations qui avaient adopté cette orientation sont en crise et disparaissent, ce qui accélère l’exode rural. Dans une bonne partie du département, dans la région de plateaux calcaires du Nivernais central, les peuplements forestiers finissent par occuper plus de la moitié de l’espace et il en va de même en Morvan : seuls le Donzyais, le Bazois, le Val de Loire et le pays d’entre Loire et Allier continuent à faire figure de régions agricoles prospères.

En matière industrielle, la localisation des entreprises sidérurgiques et métallurgiques est devenue de plus en plus médiocre avec l’épuisement des ressources locales. L’abandon de l’extraction de la houille à La Machine nécessite une reconversion de la main-d’oeuvre. Le réseau de communica-

tions, adapté aux relations légères, mais n’offrant pas de voies d’eau modernes, n’était pas fait pour faciliter le maintien de l’industrie lourde. Ainsi s’explique la crise qui frappe depuis le début du siècle la zone de peuplement urbain et industriel qui s’est articulée autour de Nevers. Depuis une quinzaine d’années, et grâce à des implantations nouvelles, celle de l’usine de pneumatiques Kléber-Colombes par

exemple, grâce à l’usine d’appareillage électrique Thomson-Houston à Nevers, aux établissements de métallurgie ou de confection, la reconversion se fait, renforçant le poids de Nevers au sein downloadModeText.vue.download 273 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol.14

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de la zone industrielle. Celle-ci groupe près de la moitié de la population du département, et Nevers le quart.

Avec la mise en place de liaisons rapides avec Paris (autoroute de Clermont-Ferrand) et le besoin nouveau d’environnements non saturés, la

Nièvre peut connaître un développement plus rapide au cours des prochaines décennies, et Nevers retrouver une partie des fonctions supérieures qui ont disparu avec la stagnation de

l’économie régionale.

P. C.

F Bourgogne / Nevers.

J. Boichard, la Vie rurale entre Loire et Allier (les Belles Lettres, 1971).

Niger

État d’Afrique occidentale ;

1 267 000 km 2 ; 4 304 000 hab. (Nigé-

riens). Capit. Niamey.

Le Niger est un produit de la colonisation. Bloc massif aux frontières rectilignes, il s’inscrit au coeur de l’Ouest africain. Cette république continentale projette un appendice vers le sud-ouest, entre Mali et Nigeria, comme pour aller chercher vie sur le fleuve qui lui a donné son nom, tandis qu’elle in-tègre, dans sa partie septentrionale, une importante portion de territoire aride.

Le « Niger utile » se réduit donc à une étroite bande de terres frangeant la frontière méridionale du pays. Aridité et enclavement sont les deux obstacles majeurs auxquels cet État se trouve confronté.

Un pays du sahel

Appartenant (au moins partiellement) au sahel, le Niger est un pays de contact entre les domaines tropical et aride, entre sédentaires et nomades.

Sa position le place sous la domination de la masse d’air sèche et chaude de l’harmattan pendant la plus grande partie de l’année et ne lui permet de bénéficier que des dernières effluves de la « mousson ». Le paysage végétal de cette zone bioclimatique de transition est une steppe herbacée dominée par un semis très lâche d’épineux. Sous le climat désertique (au nord des isohyètes de 150-200 mm), aucune pluie n’est assurée dans l’année, et le paysage est essentiellement minéral. Au sud des isohyètes 400-500 mm, la végétation devient progressivement plus dense et annonce la savane ; la saison pluvieuse s’étale au-delà de quatre mois : cette étroite bande soudanienne est appuyée sur la frontière méridionale. La sécheresse désorganise l’hydrographie : les notions de talweg et d’interfluve n’ont

plus de sens dans les basses terres du Sahara nigérien et notamment dans le désert du Ténéré (erg de 400 000 km2).

L’Aïr, massif cristallin coupé de profondes vallées, fait au contraire figure d’« Arabie heureuse » au sein des Ta-nezrouft : la ligne de séparation entre les bassins du Tchad et du Niger offrant les ressources abondantes de leurs nappes aquifères. La monotonie désolante des paysages au sud du 16e parallèle, du fleuve Niger au lac Tchad, est rompue par des vallées originales : les dallol, vallées fossiles de direction méridienne à l’ouest ; les goulbi, larges vallées alluviales aux sols riches au centre. Le contact est également pédologique : « au sud, la terre est faite de roc ou de sols fixés ; au nord règne la mouvance des sables » (G. Rougerie).

Ce pays du sahel est aussi le lieu de rencontre entre l’Afrique blanche et l’Afrique noire, la vie sédentaire et la vie nomade : quatre groupes ethniques rassemblent 80 p. 100 de la population.

Les Haoussas* (la moitié de la population) sont groupés dans le centre du Niger méridional et prêtent allégeance aux sultans du Nigeria septentrional.

Les Songhaïs* (ou Sonrhaïs) et les Djermas (ou Zarmas), groupes apparentés, occupent l’ouest du Niger. Les Peuls*, disséminés dans tout le pays, sont sédentaires ou nomades (comme les Bororos). Les Touaregs* voient leur société, très hiérarchisée, ébranlée par l’évolution récente tendant à l’émancipation des castes serves.

Les densités sont très variables. Les régions désertiques et la partie septentrionale du sahel portent une « humanité moléculaire », et ce n’est qu’au sud des isohyètes de 300-400 mm

que l’implantation humaine perd son caractère accidentel (densités de 5 à 10 dans le Niger utile). La solution du problème de l’eau est la condition première du peuplement, témoin la galerie humaine du fleuve Niger, où les densités atteignent de 20 à 50 habitants au kilomètre carré, même dans la partie sahélienne. Cette répartition de la population est le support de la diversification du territoire en espaces iné-

galement marqués par l’empreinte de l’homme : espaces parcourus par une

population très clairsemée dont la vie pastorale ne marque pas durablement le paysage (nord du sahel et régions dé-

sertiques) ; espaces aménagés par des paysanneries enracinées, qui ont créé, dans les savanes méridionales et la traî-