dentaires noirs fut la source de conflits perpétuels.
Le Damergou, initialement peuplé
de Haoussas, subit au XIVe s. les premières poussées des Touaregs. Mais les familles du Manga, du Mounio
et du Damaragam, que l’insécurité grandissante empêchait de cultiver leurs terres, émigrèrent vers le nord et vinrent s’y mettre sous la protection des Touaregs.
À l’extrême fin du XIXe s., la progression française du Niger vers le Tchad s’opéra dans un pays très morcelé et dont les possibilités de résistance étaient de ce fait affaiblies. Dès 1897, les militaires créaient des postes sur le Niger, et, en 1898, une colonne montant du Dahomey établissait ceux de Kirtachi et Dosso. La mission Voulet-
Chanoise partit de Sansanné-Haoussa au début de 1899. Ses exactions furent telles que la colonne Klobb se lança à sa poursuite (drame de Dankori, 15 juill.). Sous la conduite de Joalland, elle atteignit le Tchad en avril 1900.
La soumission des Touaregs s’opéra jusqu’en 1906 ; la pacification fut en fait très longue, et la révolte reprit pendant la Première Guerre mondiale à l’appel des Senousis, menée par Fi-rhoun, l’aménokal des Oullimindens de l’Ouest ; il fut vaincu à Andérambou-kane, le 9 mai 1916.
En 1900, le Niger prit en gros sa configuration actuelle sous la dénomination de « IIIe Territoire militaire », avec Zinder pour chef-lieu (transféré de 1903 à 1911 à Niamey). Il fut un certain temps intégré avec le Soudan français et la Haute-Volta dans la colonie du Haut-Sénégal-Niger. À partir de 1911, le territoire militaire du Niger releva directement du gouverneur
général de l’Afrique-Occidentale fran-
çaise. Il s’appela en 1921 « territoire du Niger », puis en 1922 « colonie du Niger », et ce n’est qu’en 1926 que Niamey redevint capitale.
En 1946, le Niger eut son assemblée territoriale ; il envoyait deux députés et deux sénateurs au Parlement français.
À la suite de la loi-cadre du 23 juin 1956, le parti sawaba, dirigé par Djibo Bakari, fut porté au pouvoir. Le Niger approuva la Constitution française de 1958 créant la Communauté lors du référendum du 28 septembre 1958 par 80 p. 100 des votes et devint république le 18 décembre. Aux élections législatives de la même année, le triomphe du Rassemblement démocratique africain (R. D. A.) fut général. D’abord membre de la Communauté, le Niger devint totalement indépendant le 3 août 1960
et, le 9 novembre de la même année, le leader du R. D.A., Hamani Diori (né en 1916), fut élu président de la Ré-
publique ; il fut réélu le 30 septembre 1965 et le 1er octobre 1970. Mais, le 15 avril 1974, son régime, qualifié par ses adversaires d’« oligarchie », fut renversé par le lieutenant-colonel Seyni Kountché (né en 1931), que la situation économique catastrophique créée par la sécheresse semble avoir incité à agir.
P. B.
F Afrique noire / Bornou / Empire colonial fran-
çais / Haoussas / Mali / Peuls / Songhaïs / Touaregs.
J. Rouch, Contribution à l’histoire des Songhay (I. F. A. N., 1953). / République du Nigeria Documentation française, « Notes et études documentaires », 1960). / B. Hama, Histoire traditionnelle d’un peuple, les Zarma-Songhay (Présence africaine, 1967) ; Recherches sur l’histoire des Touareg sahariens et soudanais (Présence africaine, 1967). / M. Crowder, West Africa under Colonial Rule (Londres, 1968). /
Le Marché nigérien, numéro spécial de Marchés tropicaux et méditerranéens (1970). /
P. Donaint et F. Lancrenon, le Niger (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1972).
Nigeria
État d’Afrique occidentale ;
924 000 km 2. Capit. Lagos.
GÉOGRAPHIE
Par l’importance numérique de sa
population, le Nigeria est le géant de l’Afrique : en 1973, les chiffres officiels lui accordaient 80 millions d’habitants (Nigérians), soit plus que tous les autres États de l’Afrique de l’Ouest réunis. Mais ce pays hétérogène, tout entier situé en dehors de la zone désertique et auquel la nature n’a pas mesuré ses dons, est un colosse aux pieds d’argile. Arbitrairement découpé par les Britanniques, il est le champ clos de tensions ethniques qui ont mené à downloadModeText.vue.download 276 sur 625
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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cation régionale. Pourtant, cet État est riche de potentialités qui doivent lui permettre d’accéder à un niveau supé-
rieur de développement et d’occuper la place qui lui revient en Afrique noire.
Une diversité latitudinale
L’extension du Nigeria sur 10 degrés de latitude détermine une zonation cli-matobiologique et humaine qui peut s’exprimer sans perturbations majeures à cause de l’insignifiance des contrastes topographiques.
Le complexe de base du Précambrien affleure largement et donne des paysages caractéristiques de plaines aux molles ondulations, dominées par des inselbergs et parcourues par le réseau hydrographique en amples vallées alluviales. Si la couverture sédimentaire n’a pas atteint un stade avancé de planation, les formes caractéristiques de ses paysages (buttes, côtes) manquent de vigueur. Deux ensembles peuvent être distingués de part et d’autre des deux branches du Y que dessinent les vallées du Niger et de la Bénoué avant leur confluence : au sud les « basses terres » (moins de 500 m) et au nord les « hautes terres » (plus de 500 m), au sein desquelles une différenciation s’opère en fonction des données de la structure. Les basses terres juxtaposent trois régions naturelles.
La région côtière, large de 70 km, est isolée de la mer par un cordon littoral, qui limite une série de lagunes ; le delta du Niger, région marécageuse de 25 000 km 2 que la mangrove contribue mer. Les plateaux cristallins du Sud-Ouest sont accidentés de vallons aux versants convexes et de reliefs résiduels, comme ceux qui dominent Ibadan. Le Sud-Est est un pays de collines dans les sables éocènes, au milieu desquels se dégagent des formes structurales, comme la côte crétacée d’Enugu.
Au nord du Niger et de la Bénoué, le tracé du réseau hydrographique re-flète la dissymétrie du socle. Le plateau de Jos, centre de dispersion des eaux, a une altitude moyenne de 1 200
à 1300 m et est entouré à l’ouest et au sud d’un escarpement de 600 m de commandement. Au nord, il se raccorde, sans accident notable, avec les hautes plaines du pays haoussa et du Bauchi (Baoutchi), que jouxtent les plaines de Sokoto à l’ouest et la région du lac Tchad, inscrites dans un matériel sédimentaire.
Le climat supplée aux accidents du relief pour différencier des paysages.
Les quantités de pluies décroissent vers le nord et le nord-est — de 3 500 mm sur le littoral à 375 mm au lac Tchad
—, et l’on distingue une région septentrionale recevant moins de 1 000 mm,
une région centrale recevant de 1 000
à 1 500 mm et une région méridionale recevant plus de 1 500 mm. Plus importante que le total annuel est la distribution à travers l’année, qui dépend du déplacement du front intertropical.
Au sud du plateau de Jos prévaut un régime équatorial à deux maximums, et l’intervalle entre ceux-ci va diminuant, jusqu’à ce qu’un seul maximum soit observable dans le régime tropical à longue saison sèche au nord du 11e parallèle. L’influence des pluies sur les températures (pratiquement jamais inférieures à 20 °C) se traduit par des fluctuations d’autant plus faibles que le littoral est plus proche. L’étirement latitudinal du Nigeria lui permet de réaliser tous les types climatiques inter-tropicaux, à l’exception du type aride, et ces transitions pluviothermiques se répercutent dans un cadre botanique.
La forêt ombrophile est la végétation naturelle des régions méridionales, où le total annuel excède 1 500 mm, mais elle ne subsiste à l’état de formation primaire qu’en lambeaux isolés dans le Bénin, le delta et la région de Calabar. Elle a été généralement éclaircie et « secondarisée ». La région centrale coïncide plus ou moins avec une aire de savanes boisées ou de forêts claires. Dans la zone soudanienne, la savane est plus ouverte, sans être dé-