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Les célèbres Arènes datent du Ier s.

de notre ère. De forme elliptique, cet amphithéâtre mesure 133 m sur 101 m, et ses deux étages de soixante arcades s’élèvent à 21 m. Il est ouvert aux quatre points cardinaux. Deux taureaux sculptés soutiennent le fronton de sa porte nord.

Force et harmonie caractérisent cet incomparable monument, dont les trente-quatre gradins pouvaient accueillir près de 23 000 spectateurs.

Dédié à Caïus et Lucius, « princes de la jeunesse », petits-fils d’Auguste, le temple appelé Maison carrée, dont le charme naît de l’équilibre parfait des proportions, a 26,50 m de longueur, 13,50 m de largeur et 17 m de hauteur avec son stylobate. Ses trente colonnes cannelées de style corinthien, hautes de 7,35 m, se terminent par des chapiteaux à feuille d’acanthe de 1 m ; l’entablement comporte une frise de rin-ceaux très élégants. Une volée de quinze marches donne accès au péristyle de dix colonnes supportant le fronton. À l’inté-

rieur est installé un musée des Antiques, qui abrite notamment la Frise des aigles, reste de la riche décoration d’un monument disparu, la basilique plotine.

Sont également de l’époque romaine la porte d’Arles, dite « d’Auguste », la porte d’Espagne et le temple de Diane, construit sous Hadrien près de la fontaine Nemausus ; ce temple a conservé sa façade à trois portiques et une partie de sa voûte en plein cintre. De même la tour Magne, chantée par Mistral, du haut de laquelle on découvre un vaste panorama sur la mer, les étangs, la garrigue, les Cévennes, les Alpilles et les Pyrénées orientales.

À quelques kilomètres de Nîmes, l’aqueduc dit « Pont du Gard » témoigne du génie civil de Rome. Construit sur l’ordre d’Agrippa, gendre d’Auguste, pour amener à Nîmes l’eau des sources d’Eure et d’Airan captées près d’Uzès, il se compose de deux étages de grandes arcades en plein cintre surmontées d’un étage de petits arceaux portant le canal. L’ouvrage mesure 142 m sur 6 m au premier niveau, 242 m sur 4 m au niveau médian et 275 m sur 3 m au sommet ; un pont routier lui a été accolé au XIXe s.

Attraction majeure de la Nîmes moderne, le jardin de la Fontaine constitue

une réalisation exemplaire de l’urbanisme français du XVIIIe s. Il étale sur les pentes du mont Cavalier, couvert de pins et de cèdres, escaliers monumentaux, balustrades, vasques, statues d’une sobre beauté qui se reflètent dans les bassins pour l’enchantement du promeneur.

J. P.

R. Peyre, Nîmes, Arles, Orange (Laurens, 1902). / E. Espérandieu, l’Amphithéâtre de Nîmes (Laurens, 1934). / A. Dupont, Nîmes, le pont du Gard (Alpina, 1956). / A. Michel, Nîmes et ses rues (Libr. Sources, Aix-en-Provence, 1965).

Nimitz

(Chester William)

Amiral américain (Fredericksburg, Texas, 1885 - Yerba Buena, île de la baie de San Francisco, 1966).

Sa famille, d’origine allemande,

avait émigré après 1848 au Texas, où son grand-père avait été l’un des fondateurs de la communauté germano-amé-

ricaine de Fredericksburg. Dès l’âge de vingt ans, le jeune Chester Nimitz entre à l’école navale d’Annapolis et est nommé officier en 1907. Après avoir servi dans le Pacifique, il se spécialise dans les sous-marins, commande en 1912 la flottille des sous-marins de l’Atlantique et est affecté ensuite aux chantiers navals de New York City. En août 1917, quelques mois après l’entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale, il est nommé chef d’état-major de l’amiral Robinson, commandant la force sous-marine américaine dans l’Atlantique. À la fin de la guerre, il passe quelque temps au ministère de la Marine, puis est mis en 1920 à la tête de la base de sous-marins de Pearl Harbor. En 1926, il est détaché comme professeur à l’université de Californie, où il crée un centre d’instruction pour les officiers de réserve de la marine.

Promu capitaine de vaisseau en 1927, il commandera successivement une flottille de sous-marins (1929), le cuirassé Augusta (1933), puis, après sa nomination de contre-amiral en 1938, la 1re division de cuirassés. Quand éclate la Seconde Guerre mondiale, il dirige le bureau de la navigation à l’état-major de la Marine.

Le 17 décembre 1941, au lendemain du désastre naval de Pearl Harbor, qui déclenche l’entrée des États-Unis dans le conflit, le président Roosevelt lui confie le commandement en chef de la flotte du Pacifique, qu’il conserve jusqu’en 1945. C’est à ce poste qu’aux côtés de MacArthur* Nimitz va donner toute la mesure de son énergie et de son sens stratégique, qui font de lui le grand vainqueur de la flotte japonaise. Les premiers mois de son commandement sont marqués par l’avance foudroyante des forces nippones dans le Pacifique, et le grand mérite de Nimitz sera de bloquer cette progression par deux grandes victoires. Celle de la mer de Corail, en mai 1942, sauve l’Australie ; un mois plus tard, celle des îles Midway, où Nimitz détruit quatre porte-avions d’une force navale japonaise commandée en personne

par l’amiral Yamamoto*, rétablit la situation dans le Pacifique Nord. C’est ensuite la longue bataille pour Guadal-canal, dont la flotte du Pacifique assure le soutien naval d’août à novembre 1942 au cours d’engagements très

sévères. Mais, si cette victoire achève de détruire la légende de l’invincibilité japonaise, Nimitz estime que « Pearl Harbor ne sera complètement vengé qu’une fois anéantie la puissance navale du Japon ». C’est à cette mission qu’il va se consacrer au cours des années 1943 et 1944, durant lesquelles la flotte du Pacifique sera considérablement renforcée, notamment en porte-avions. Épaulant MacArthur sur son flanc nord-est dans le Pacifique central, les forces aéronavales de Nimitz, qui dispose en outre de neuf divisions de marines, se portent successivement sur les îles Gilbert (nov. 1943), les Marshall (janv. 1944), l’île de Wake, les Mariannes et Palaos (mai-sept. 1944).

Installant ensuite à Guam son poste de commandement, Nimitz entame la conquête des avancées de l’empire nippon et livre les deux grandes batailles d’Iwo Jima (févr. 1945) et d’Okinawa (avr. 1945), où les navires américains subissent la dure expérience des attaques menées par les kamikazes, les fameux avions-suicides japonais. Le 2 septembre 1945, en rade de Tōkyō, après MacArthur, commandant su-prême des forces alliées, Nimitz promu

amiral de la flotte en décembre 1944, signe au nom des États-Unis l’acte de capitulation du Japon. Chef d’état-major de la marine américaine à la fin de 1945, il prend sa retraite deux ans plus tard. Il milite alors pour l’organisation de la paix par les Nations unies : c’est en leur nom qu’il accomplit sa dernière mission officielle en préparant le plé-

biscite organisé au Cachemire en 1949.

P.-A. V.

F Guerre mondiale (Seconde).

Nimroud

F ASSYRIE.

Ninive

Du sémitique NINOUA, v. du Tigre

moyen, capit. de l’Assyrie au VIIe s. av.

J.-C.

Située sur la rive gauche du fleuve, elle se compose essentiellement de deux tells (Koyoundjik ou Qouyounjiq, le plus grand, et Nebi Younous), sépa-rés par un affluent du Tigre, le Khoser.

Les fouilles

Grâce à la Bible, qui fait de Ninive, dans le Livre de Jonas, la « grande ville » par excellence, ni le souvenir de cette ville ni la connaissance de downloadModeText.vue.download 283 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol.14

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l’emplacement de ses ruines ne se sont jamais perdus.

Pour cette raison, Ninive fut le

premier site fouillé en Mésopotamie, du moins au tell de Koyoundjik, car celui de Nebi Younous (« Tombeau de Jonas »), protégé par un village et surtout par la mosquée qui rappelle le souvenir du prophète Jonas, a été à peine effleuré (1849, 1850, 1852, 1954).

Le Français P. E. Botta consacre à Koyoundjik quelques semaines (1842-43), sans grand succès. Au contraire, l’Anglais A. H. Layard, de 1845 à 1851, y trouve le palais de Sin-ahê-