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érîba, le Sennachérib de la Bible, et une partie de la « bibliothèque » (collection de tablettes inscrites en cunéiforme) d’Assourbanipal, qui était déposée dans cet édifice. De 1852 à 1854, son collaborateur et successeur, l’Irakien O. Rassam, élimine du site les fouilleurs français et découvre, outre un nouveau lot des tablettes de la « bibliothèque », le palais d’Assourbanipal, d’où il tire les fameux reliefs des chasses royales.

Si les fouilles s’interrompent après la mission de l’Anglais W. Kennet Loftus (1854-55), l’étude des tablettes de la collection d’Assourbanipal, qui révèlent une civilisation jusque-là inconnue et recoupent les données de la Bible, passionne les érudits. C’est ainsi que l’Anglais George Smith va fouiller le grand tell de Ninive (1873-74) dans l’espoir de compléter la tablette qui parlait du Déluge, et que Rassam, toujours au service de l’Angleterre, revient sur ce site (1878-1882) pour y découvrir de nouveaux textes. Ce sera encore le but essentiel des Britanniques E. Wallis Budge (1888-89), L. W. King et R. Campbell Thompson (1903-1905), ces derniers mettant la main sur le dépôt du temple de Nabou (le dieu des scribes). On arrive ainsi au total de 24 000 tablettes, qui ont pris le chemin du British Museum.

Finalement, de 1927 à 1932, la mission anglaise de R. Campbell Thompson, R. A. Hutchinson, R. W. Hamilton et M. E. L. Mallowan procède à une fouille étendue de Koyoundjik, couronnée par un sondage qui atteint le sol vierge à une profondeur de 27,50 m.

L’histoire de Ninive :

avant l’écriture

Le site du grand tell porte d’abord un village, qui naît au début du VIe millénaire, dans la première phase du Néolithique local, puis une véritable ville après 3500. Bien que les agglomérations qui se succèdent à Koyoundjik subissent l’influence de la basse Mésopotamie, très tôt plus évoluée que le reste du pays des Deux Fleuves, elles sont parmi les centres culturels de la haute Mésopotamie qui gardent leur originalité jusqu’au milieu du

IIIe millénaire.

La cité d’Ishtar

Ninive est incorporée dans l’Empire mésopotamien (XXIVe-XXIIIe s.), fondé par la dynastie d’Akkad*. C’est sans doute un roi de cette lignée qui dépose dans le temple d’Ishtar de Ninive, comme ex-voto, la tête masculine de cuivre trouvée en 1931 et qui est un des chefs-d’oeuvre de l’art du pays des Deux Fleuves. D’autre part, une inscription du XVIIIe s. nous apprend que Man-ishtou-shou (XXIIIe s.), troisième roi d’Akkad, a fondé ou restauré à Ninive un temple dans la zone qui est consacrée à Ishtar et qui est appelée É.Mash.Mash ; nous ne savons pas si ce souverain a introduit à Ninive la déesse d’Akkad, protectrice de sa famille, ou s’il a seulement honoré et gratifié d’un nom sémitique une déesse locale. En tout cas, le prestige d’Ishtar de Ninive ne cesse de croître, au point qu’à la demande d’Aménophis III son idole se déplace par deux fois jusqu’aux bords du Nil, sans doute pour rendre la santé à ce pharaon. Ville sainte sans dynastie locale connue, Ninive est incorporée dans les différents empires du IIe millé-

naire : celui de Shamshi-Adad Ier (début du XVIIIe s.), également maître d’Assour et de Mari* ; le royaume mésopotamien d’Hammourabi* de Babylone (1792-1750) ; le Mitanni* (XVIe-XIVe s.), dont les rois envoient la fameuse déesse guérir leur allié égyptien. À l’effondrement du Mitanni, la ville est annexée par Assour-ouballith Ier (1366-1330), vicaire du dieu Assour dans la ville d’Assour ; et cette conquête, jointe à celle des cités voisines entre le Tigre et le Zāb supérieur, transforme le domaine du vicaire d’Assour de cité-État en un royaume, l’Assyrie*. C’est alors seulement que Ninive, dont la population était, à l’époque mitannienne, hourrite dans une forte proportion, devient assyrienne.

Dès lors, les rois d’Assyrie s’honorent presque tous d’avoir restauré le temple d’Ishtar de Ninive, auquel Adad-nirâri Ier (1308-1276) ajoute des sanctuaires pour les dieux babyloniens Mardouk et Nabou. Shoulmân-asharêdou Ier (forme vulgaire : Salmanasar)

[1276-1246] construit pour son propre compte dans la cité du Tigre, et As-

sourbêl-kala (1075-1057) y réside un temps. À l’époque du nouvel Empire assyrien (Xe-VIIe s.), les rois conqué-

rants du IXe s. élèvent également des bâtiments sacrés et des édifices profanes dans la cité d’Ishtar, mais c’est seulement Sîn-ahê-érîba (705-680) qui en fait la capitale de l’Assyrie.

L’apogée de Ninive

Ce roi, pas toujours heureux à la guerre, consacre la majeure partie de son temps à de grands travaux dans la ville et sa région, et ses inscriptions fournissent d’amples renseignements sur ce sujet. À Koyoundjik, il remplace la demeure de ses prédécesseurs par un édifice qui la surpasse de beaucoup par la taille (près de 200 m de côté) et par le décor. Le « Palais sans égal »

comprend en effet deux palais de style assyrien (plan carré avec une ou deux cours centrales), un bît-hilani (bâtiment oblong, dont la façade, située sur le côté long, est ornée d’un portique), d’inspiration néo-hittite, et un parc botanique avec un kiosque. Ces bâtiments ont fourni une foule de reliefs (3 000 m de long), qui sont une des gloires du British Museum. Au nord-ouest du

même tell, Sîn-ahê-érîba élève un palais pour le harem royal et un autre, en contrebas, pour le prince héritier. À

Nebi Younous, la résidence royale, qui comprenait un arsenal et des écuries militaires, est rebâtie sur un plan beaucoup plus vaste et comprend désormais un palais de style assyrien et un bît-hi-lâni. À Ninive, soucieux d’urbanisme, Sîn-ahê-érîba élargit les rues, multiplie les places et assure la distribution de l’eau par un système hydraulique, dont l’origine se situe dans la montagne à 60 km de la capitale.

Le roi suivant, Assour-ah-iddin

(680-669), l’Assarhaddon de la Bible, doit être l’auteur du palais entrevu lors de la fouille limitée de Nebi Younous en 1954 et qui serait la reconstruction, sur de plus grandes dimensions, de l’Arsenal de son père. Le dernier grand roi assyrien, Assour-bân-apli (Assourbanipal) [669 - v. 627], ne se contente pas de remanier les palais de son père et de son grand-père (il loge sa collection de tablettes dans le palais de Sîn-ahê-érîba) ; il fait élever dans le

secteur nord de Koyoundjik un palais qui s’inspire, en plus petit, du « Palais sans égal » et qui a fourni au British Museum les fameux reliefs des chasses royales.

La fin de Ninive

Cette période glorieuse est de courte durée. Prise en 612 par Cyaxare, roi des Mèdes, qui met fin à l’Empire assyrien, Ninive est pillée et incendiée. Un moment déserté, le site est réoccupé aux époques hellénistique et parthe. Puis c’est la disparition totale de la vie urbaine, et les tells ne portent plus désormais que de modestes habitats ruraux. Enfin, à l’époque moderne, la gloire passée de Ninive et surtout la forte impression que la capitale du terrible Empire assyrien avait faite sur le peuple de la Bible lui valent une dernière catastrophe : les fouilles hâtives de Koyoundjik, conduites avec les mé-

thodes destructrices du XIXe s., gaspille-ront tous les vestiges d’un site unique, et jusqu’aux reliefs et aux tablettes, qui étaient leur seul objectif.

G. L.

F Akkad / Assyrie / Babylone / Mésopotamie.

R. C. Thompson et R. W. Hutchinson, A Century of Exploration at Nineveh (Londres, 1929).

/ A. Parrot, Archéologie mésopotamienne, t. I : les Étapes (A. Michel, 1946). / S. Lloyd, Foundations in the Dust. A Story of Mesopota-mian Exploration (Londres, 1947 ; 2e éd., Harmondsworth, 1955).

niobium

Corps simple métallique.

En 1801, l’Anglais Charles Hatchett découvrit dans un minéral du Connecticut appelé columbite un nouvel élé-

ment qu’il baptisa columbium. C’est l’Allemand Heinrich Rose qui, vers le milieu du XIXe s., distingua définitivement le columbium du tantale et rebaptisa alors niobium l’élément columbium. C’est ce nom de niobium qui est actuellement officiellement adopté. En fait, la columbite et la tantalite sont des minéraux de même type de composition : le premier plus riche en niobium, et le second plus riche en tantale.