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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14

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partager les raffinements de son goût et de sa sensibilité, il s’adonne à la poé-

sie, à la calligraphie et à la peinture.

Comme chez Mi Fu (Mi Fou*), dont il admirait le comportement, la manie de la propreté reflète une recherche de la pureté, poussée à l’extrême.

Vers l’âge de trente ans, la mort de ceux qui s’étaient chargés de son éducation — un demi-frère plus âgé et l’épouse légitime de son père — lui cause une affliction profonde. Ni Zan devient plus solitaire et montre un intérêt accru pour les pratiques médi-tatives du bouddhisme et du taoïsme.

En outre, il est tourmenté par des difficultés financières. À partir de 1341, il doit vendre progressivement ses terres ; puis les premiers soulèvements populaires dans la région du Bas-Yangzi (Bas-Yang-tseu), vers la fin de la dynastie mongole, le conduisent à se réfugier à plusieurs reprises, avec sa femme, sur les rives du lac Taihu (T’ai-hou). En 1356, après avoir été arrêté pour dette, Ni Zan décide d’abandon-

ner sa maison et ses biens. Dès lors, il mène une vie errante et austère, voya-geant dans une petite maison flottante sur les rivières et les lacs du sud-est du Jiangsu (Kiang-sou). L’année de sa mort, il retourne dans son village natal, car un certain calme s’est rétabli dans le Sud après l’installation des Ming.

La plupart de ses peintures durent être exécutées au cours des randonnées de la fin de sa vie. Ses paysages, généralement de petit format, peints sur papier sans adjonction de couleurs, mais complétés par la calligraphie d’un poème, se limitent à des compositions simples : un premier plan rocheux planté de quelques arbres graciles et peu feuillus, puis le vide immense d’une étendue d’eau, fermé à l’horizon par des collines basses. Toute figure humaine est bannie de cet univers de silence ; seul un pavillon évoque parfois la présence effacée de quelque solitaire. Ni Zan cherche à traduire les

« libres élans de son coeur », sans souci de ressemblance avec les paysages du Sud, qui lui sont pourtant familiers. Ne disait-il pas de ses peintures de bambous : « Les spectateurs les prennent qui pour du chanvre, qui pour des roseaux ; pour ma part, je ne saurais forcer personne à y reconnaître des bambous » ?

Ni Zan utilise l’encre « comme de l’or », avec une grande parcimonie. Sur un premier tracé d’encre pâle, étalée en touches légères et inclinées, il ajoute quelques ponctuations denses pour suggérer la végétation ou souligner les pentes montagneuses. Cette économie de moyens confère aux larges zones laissées en blanc une pureté visuelle particulièrement expressive. Le dé-

pouillement statique de l’oeuvre, son caractère apparemment « insipide »

dan (tan) et désinvolte cachent en fait une discipline rigoureuse et une formation solide. Cependant, chez Ni Zan, la leçon des prédécesseurs (les paysagistes du Xe s., Mi Fu et les premiers peintres Yuan) est si profondément assimilée qu’elle semble ne pas peser sur sa création personnelle.

Convoitée par les collectionneurs, inlassablement imitée bien qu’inimitable, la peinture du maître connut un

tel succès que, selon un dicton célèbre, les grandes familles du sud du Bas-Yangzi se divisaient en deux catégories : celles qui possédaient un Ni Zan et celles qui n’en possédaient pas.

F. D.

F Houang Kong-wang / Wang Mong / Wou Tchen.

Zheng Zhuolu, Ni Zan (en chinois, Shanghai, 1961).

niveau de vie

Si paradoxal que cela paraisse, il n’est rien de plus difficile à définir que la notion de niveau de vie : notion non seulement complexe, mais aussi disparate, parce que entrent dans son contenu une foule d’éléments aussi divers que l’alimentation*, les conditions d’hygiène*

et de santé*, le logement*, la sécurité*

sociale, les conditions de travail*, l’habillement*, les loisirs*, les services* à caractère culturel, etc.

Comme cette notion est utilisée en règle générale à des fins de comparaison, le problème essentiel posé par le concept de niveau de vie est celui de l’évaluation précise des éléments qui le composent : il s’agit d’exprimer par un chiffre la contribution de chacun d’eux au niveau de vie d’une personne, d’un groupe social ou d’une population donnée. En conséquence, à travers la définition du niveau de vie se trouvera indiquée la répartition (quantitative et qualitative) de chacun des composants du niveau de vie. Compte tenu de ces remarques, la définition et la mesure du niveau de vie ne peuvent être qu’assez arbitraires.

Au-delà du quantitatif

Si on mesure le niveau de vie en fonction de la quantité de biens* et de services fournis à une population donnée, il semble qu’on pénètre dans un cercle vicieux, car l’on décide, dès lors, a priori, que ne rentrera dans le concept de niveau de vie que ce qui est réductible à la quantité. Le niveau de vie est souvent défini en fonction des statistiques disponibles, ce qui amène souvent à laisser de côté certains aspects

qualitatifs extrêmement importants.

Afin de tenir compte de cette ob-

jection, on s’est efforcé, depuis 1960

environ, de compléter la détermination purement quantitative du niveau de vie (à travers un nombre exprimant par exemple le revenu* ou le salaire), jugée appauvrissante et insuffisante, par une description socio-économique de toutes les consommations* pouvant intervenir de manière concrète. De toute façon, les définitions communément acceptées, étant davantage fonction de conventions entre instituts nationaux de statistiques que d’une élaboration proprement théorique, diffèrent non seulement d’un pays à l’autre, mais souvent aussi d’une période à l’autre au sein d’un même pays.

Les comparaisons internationales, comme l’étude de l’évolution propre à un pays, sont rendues difficiles, les renseignements statistiques disponibles ne couvrant, en réalité, qu’une fraction des ressources, de véritables ressources invisibles n’étant pas citées : la sous-estimation des avantages en nature et des services collectifs est, notamment, fréquente. Pour la plupart des pays, les revenus entrant en ligne de compte dans les statistiques de niveau de vie ne permettent donc pas, à eux seuls, de dégager une idée précise du niveau de vie réel et de son évolution. Il faut prendre en considération quelques élé-

ments significatifs non mesurables, comme les loisirs, l’agrément et l’attrait de la vie professionnelle, que Jean Fourastié groupe sous le nom de genre de vie, éléments souvent subjectifs et dépendant des goûts et des aptitudes de chacun, et, par conséquent, difficiles à évaluer. Dans ces conditions, la notion de niveau de vie recouvrant l’ensemble des besoins et des aspirations de tous ordres doit être prise dans un sens très large, et, le niveau de vie ne peut être évalué au moyen d’un simple indicateur ou d’une méthode purement statistique.

Dépassement du revenu

et du salaire

Par exemple, le niveau de vie ne peut pas être convenablement exprimé par le revenu moyen. En effet, si l’on ramène

le niveau de vie à cette notion, la réalité se trouve faussée par le fait qu’est négligée la diversité des types de répartition et de consommation, notion qui, seule, est constructive, parce que seule concrète, et qui n’apparaît qu’au travers d’une classification en rubriques (catégories socio-professionnelles, étude de budgets familiaux, etc.).