Relevé de ses fonctions, Nivelle est mis en disponibilité, puis comparaît en octobre devant un conseil d’enquête, composé des généraux Foch*, Gou-raud* et Henri Brugère (1841-1918), qui reconnaît qu’aucune véritable faute ne pouvait lui être imputée. À Noël 1917, il est mis à la tête du 19e corps à Alger ; en 1920, il entre au Conseil supérieur de la guerre, et une décision de 1921 le maintient en activité sans limite d’âge. Excellent commandant d’armée, plus « mécanicien » que
psychologue, Nivelle, grisé par les incontestables succès qu’il avait remportés à Verdun, s’était enfermé dans ses propres conceptions : il fut victime des circonstances mêmes qui l’avaient surhaussé.
P. D.
F Guerre mondiale (Première).
nivellement
Technique scientifique ayant pour but de définir l’altitude (ou cote) des points à la surface du globe terrestre et de les comparer au niveau moyen des mers.
Introduction
En géodésie, seules les altitudes d’un canevas fondamental sont déterminées.
Le nivellement géométrique de pré-
cision donne les cotes d’un réseau de repères matérialisés.
Le nivellement géodésique ou trigonométrique étend ce réseau, avec une moindre précision, aux bornes géo-désiques et à des repères permanents naturels.
L’extension de ces mesures isolées se fait ensuite à tous les points de la surface terrestre par des techniques qui dépendent de la topométrie, de la topographie et de la photogrammétrie.
Les altitudes et la représentation des formes du terrain par des courbes de niveau constituent des renseignements essentiels des cartes topographiques.
y Définition des altitudes. En toute rigueur, la géodésie moderne définit l’altitude d’un point M en deux étapes.
La cote géopotentielle C(M) est le travail qu’il faut faire contre la pesanteur pour passer de l’altitude 0 à l’altitude du point M considéré.
L’altitude au sens courant du terme h(M) se déduit de C(M) par une formule conventionnelle [par exemple l’altitude normale HN(M) définie en géodésie]. Elle représente approximativement la distance verticale de M au géoïde.
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En pratique, les canevas de 1er ordre de nivellement géométrique sont établis en termes de cotes géopotentielles.
Tous les réseaux dérivés utilisent l’altitude au sens courant du terme h.
Le nivellement
géométrique de précision
Le Service du nivellement de précision (qui constitue l’une des branches de la géodésie) a pour mission :
— de placer des repères de nivellement (scellés) sur des itinéraires réguliers (routes, rivières, voies ferrées) et d’assurer leur conservation (des repères spéciaux, dits repères séculaires, sont placés en profondeur dans des régions géologiquement stables) ;
— de déterminer les altitudes de ces repères relativement à un repère fondamental (en France, le point zéro du marégraphe de Marseille) ;
— de mesurer simultanément le niveau moyen des mers et de le comparer
aux altitudes côtières du réseau, cette opération étant exécutée par des maré-
graphes (enregistreurs continus du niveau) et des médimarémètres (donnant seulement le niveau moyen) placés sur le littoral en des points sélectionnés.
L’opération métrique fondamentale consiste dans la mesure des dénivelées au moyen d’un niveau à lunette, dont la pièce maîtresse est une nivelle, fiole en forme de tore gradué, contenant un mélange d’alcool et d’éther.
Une bulle de vapeur se place toujours d’elle-même par gravité au point le plus haut du tore. La nivelle est dite calée lorsque les deux extrémités de la bulle coïncident avec deux gradua-tions symétriques ; la directrice de la nivelle (tangente en la graduation centrale) est alors horizontale. Le niveau est dit réglé lorsque cette directrice est parallèle à l’axe optique de la lunette du niveau, que l’on dirige successivement vers une mire arrière et une mire avant. La bulle étant calée dans chaque position, la dénivelée entre les pieds des mires placées en A et B s’obtient par la formule
À la portée suivante, la mire avant devient mire arrière ; la mire arrière est déplacée d’environ 150 m de A en C et
devient mire avant, etc.
Dans le cas du nivellement de
1er ordre, on mesure aussi au gravimètre l’intensité g de la pesanteur.
Le réseau du nivellement de précision français, désigné souvent sous le nom de réseau de nivellement géné-
ral, comporte 14 000 km de réseau de 1er ordre et 300 000 km de réseaux de 2e, de 3e et de 4e ordre, le long desquels on dénombre 400 000 repères de nivellement, dont la description, l’emplacement et l’altitude sont donnés dans des
« répertoires », édités en général par demi-feuilles au 1/50 000. La précision obtenue est de l’ordre de 0,04 m pour 1 000 km. Elle permet de mettre en évidence la variation séculaire du niveau moyen des mers, les affaissements locaux et la surrection des chaînes montagneuses. Ce réseau de nivellement constitue le canevas indispensable pour le nivellement géodésique, pour les opérations topographiques de la carte de France au 1/25 000 et pour toutes les opérations de nivellement nécessaires dans les travaux de génie civil, de génie rural, etc.
Le nivellement
géodésique ou
trigonométrique
Ce nivellement est exécuté en même temps que les opérations géodésiques ; on mesure en une station géodésique A la distance zénithale z relative à une mire géodésique B. La différence
de cote entre A et B est donnée par la distance horizontale Dh étant obtenue par le calcul de la triangulation. Cette dénivelée doit subir deux corrections, l’une due à la sphéricité terrestre, l’autre à la réfraction atmosphérique entre A et B. Le nivellement géodésique s’appuie sur les repères du nivellement général et permet de coter les bornes et les points géodésiques distants de quelques kilomètres avec une incertitude relative de l’ordre de 0,10 m.
Le nivellement en
topométrie
En topométrie, on distingue essentiellement le nivellement direct, ou nivellement géométrique, dont le principe est identique à celui du nivellement de précision, et le nivellement indirect, qui s’apparente au nivellement géo-désique, mais avec des portées plus courtes.
Le nivellement géométrique
Si entre deux repères du nivellement général, R1 et R2 on effectue un cheminement au niveau, la fermeture du cheminement consiste à comparer la cote de R2 obtenue de proche en proche par le cheminement, à partir de la cote de départ R1, à la cote de R2 donnée par le nivellement général.
y Les niveaux utilisés sont de plusieurs types.
Les niveaux à double visée permettent d’effectuer sur la mire deux lectures dans des positions différentes de la nivelle par rapport à la lunette.
Les niveaux-blocs comportent une
lunette et une nivelle invariablement liées l’une à l’autre ; à cette catégorie appartiennent généralement les niveaux de chantier.
Les niveaux automatiques permettent d’effectuer sur la mire des pointés automatiquement corrigés d’un léger défaut d’horizontalité de la lunette. Le dispositif qui permet cette correction automatique s’appelle le compensateur, qui est souvent à pendule et amorti par un système pneumatique.
y Les mires généralement utili-
sées en nivellement comportent des plages centimétriques alternativement rouges (ou noires) et blanches, sur lesquelles on apprécie le millimètre à l’estime. Certains niveaux sont munis d’un micromètre optique qui permet de faire un pointé sur une graduation ronde d’une mire de précision à traits, downloadModeText.vue.download 289 sur 625
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grâce à la rotation d’une lame à faces parallèles. L’amplitude de la rotation de la lame fournit l’appoint en millimètres et en dixièmes de millimètre.