L’erreur moyenne kilométrique
obtenue en cheminement varie de 2 à 10 mm selon le type de niveau utilisé.
Le nivellement indirect
Le nivellement indirect consiste à calculer la différence de niveau entre deux points A et B à partir de :
— la distance AB mesurée selon la pente ou de la distance horizontale AH
correspondante ;
— l’angle i que fait la direction AB
avec l’horizontale.
La distance AH, réduite à l’hori-
zon, peut être mesurée directement au moyen de stadimètres autoréducteurs ou calculée à partir des coordonnées de A et de B. L’angle de site i est mesuré au théodolite ou au tachéomètre. On a Le nivellement en
topographie
Une carte ou un levé topographique représentent les formes du terrain au moyen de courbes de niveau, chaque courbe de niveau étant le lieu des points de même altitude. On appelle équidis-
tance la différence d’altitude entre deux courbes de niveau successives.
Dans les plans à grande échelle, l’équidistance varie de 2 m à 0,50 m selon la nature plus ou moins accidentée du terrain. Dans la carte de base de la France au 1/25 000, l’équidistance est en géné-
ral de 5 m, exceptionnellement de 10 m dans les régions montagneuses.
Les opérations de canevas en
nivellement
À partir des cotes des repères du nivellement général et des points géodé-
siques, le topographe ou le stéréopré-
parateur détermine le canevas de points cotés en même temps qu’il exécute les opérations de détermination planimé-
trique correspondantes. Il utilise pour cela les procédés de l’intersection, du relèvement ou du recoupement altimétriques, dont le principe n’est autre que celui du nivellement indirect, les distances horizontales étant soit obtenues par le calcul, soit mesurées graphiquement.
Le levé des courbes de niveau
Le tracé des courbes de niveau est effectué en topographie en utilisant l’un des deux procédés suivants, tout aussi employés l’un que l’autre.
y La méthode des facettes et des
profils consiste à réaliser un semis de points cotés, de densité telle que la pente du terrain entre deux points voisins puisse être considérée comme constante. Les points de passage des courbes de niveau sont obtenus par interpolation, mais ensuite il y a lieu d’assurer la liaison entre les diffé-
rentes facettes en donnant aux courbes de niveau la courbure voulue sur les lignes de séparation des facettes.
y La méthode du filage de courbe
consiste à rayonner les points de courbe en calant la lunette de l’appareil utilisé à l’horizontale et en dépla-
çant le porte-mire jusqu’à lire sur le fil horizontal de la lunette une hauteur de mire ou de voyant bien déterminée.
R. d’H. et H.-M. D.
F Photogrammétrie / Tachéométrie / Topographie.
G. Durbec, Topométrie générale (Eyrolles, 1969 ; 2 vol.). / R. d’Hollander, Topographie générale (Eyrolles, 1970-71 ; 2 vol.). / J. J. Levallois, Géodésie générale (Eyrolles, 1970 ; 4 vol.).
Nixon
(Richard Milhous)
Homme d’État américain (Yorba
Linda, Californie, 1913).
Ses parents, des quakers d’origines modestes, s’étaient installés sur la côte pacifique dans l’espoir, vite déçu, de faire fortune. Richard, le deuxième de leurs cinq fils, fait ses études secondaires à Whittier — depuis lors un quartier de Los Angeles —, puis entre à l’université Duke en Caroline du Nord, où il suit les cours de l’école de droit.
En 1937, il est avocat. Le jeune Nixon n’a pas cessé de lutter contre sa timidité et sa gaucherie ; à force de volonté, il est devenu le meilleur « debater » de sa classe.
Pendant cinq ans, il exerce en Californie son métier d’avocat et noue d’étroits contacts avec les organisations sociales et politiques du comté.
En 1940, il épouse « Pat » Ryan, qui lui donnera deux filles. Après l’entrée en guerre des États-Unis, il revient dans l’Est, entre dans les services fé-
déraux chargés du contrôle des prix, puis s’engage dans la marine. Lorsqu’il quitte l’uniforme en 1946, il a atteint le grade de lieutenant de vaisseau ; il se présente aux élections législatives.
Son dynamisme, son agressivité, son goût pour les débats publics font merveille : Nixon est un vigoureux candidat qui construit sa victoire sur le désenchantement des Américains à
l’égard de l’Union soviétique. Il entre à la Chambre des représentants, dans laquelle les républicains sont majoritaires ; il sera réélu en 1948. Il appartient au camp des conservateurs. Il participe à la commission qui prépare le plan Marshall et figure au nombre de ceux qui élaborent la loi Taft-Hartley afin de limiter les activités des syndicats (il s’oppose sur ce point à un autre représentant, le démocrate John F. Kennedy*). Son heure de gloire
survient en 1948. Membre du comité d’enquête sur les activités anti-américaines, Nixon démontre à ses collègues que l’un des hauts fonctionnaires du Département d’État, Alger Hiss, est un espion soviétique et que la politique d’entente russo-américaine a trahi les véritables intérêts des États-Unis. La mise en accusation et la condamnation de Hiss annoncent le maccartisme.
En 1950, Nixon est élu sénateur de Californie. Jeune loup du parti républicain, très bien vu par le clan des républicains orthodoxes, de mieux en mieux connu par l’opinion publique grâce à ses activités au Congrès, il est, pour les professionnels de la « machine » politique, le coéquipier idéal du candidat à la présidence en 1952, le général Eisenhower*. À six semaines des élections, on lui reproche d’avoir constitué un fonds privé pour ses campagnes électorales et ses besoins personnels : sa candidature et sa carrière sont menacées. Nixon vient alors s’expliquer devant les caméras de la télé-
vision ; dans un discours larmoyant, il évoque son enfance difficile et son chien « Checkers ». Sa sincérité lui redonne la confiance de l’opinion. Le voici à quarante ans vice-président des États-Unis.
Ses relations avec Eisenhower sont complexes. Le président se méfie de cet homme ambitieux, qui représente l’appareil du parti ; il songe même, en 1956, à se défaire de lui, puis renonce à cette idée. À la Maison-Blanche, on ne confie au vice-président qu’un minimum de tâches. Tout en manifestant sa déférence et son respect, Nixon souffre profondément de n’être pas reconnu immédiatement comme l’héritier naturel. Mais les crises cardiaques du président, de 1955 à 1957, lui donnent l’occasion de jouer, avec tact et discré-
tion, un rôle de premier plan. Nixon reçoit quelques missions à l’étranger : en 1958, il visite l’Amérique latine, qui lui réserve, notamment à Caracas, un accueil agité ; l’année suivante, il rencontre Khrouchtchev dans sa dat-cha. Interlocuteur des Grands, Nixon finit par apparaître en 1960 comme le seul candidat possible, du côté républicain, à la succession. Mais les Américains veulent sortir de la torpeur dans laquelle les a plongés la présidence
d’Eisenhower. Malgré son acharnement, Nixon est battu par Kennedy —
de peu, il est vrai : 100 000 voix sur 69 millions de suffrages exprimés.
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La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 14
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En 1962, il tente de faire sa ren-trée politique, mais ne parvient pas à être élu gouverneur de Californie. Les observateurs politiques, les dirigeants de son propre parti, lui-même, enfin, jugent que cette défaite est sans appel, qu’il ne jouera plus sur la scène politique un rôle de premier plan. Il faut que survienne l’échec retentissant de Barry Goldwater en 1964 pour que les républicains se mettent à la recherche d’un leader modéré. Nixon reprend espoir, voyage infatigablement, rencontre des milliers de cadres du parti, annonce sa candidature à la présidence dès 1967. Il rallie autour de lui des républicains et bat le candidat démocrate Hubert Humphrey, en novembre 1968. Cette victoire, acquise difficilement, se transforme en un véritable triomphe en 1972 contre un adversaire trop radical, qui n’a pas su convaincre la majorité silencieuse.