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(CYO), qui se sépare de l’UGCC, et, le 12 juin 1949, c’est la naissance de son propre parti, le Convention People’s Party (CPP). À la suite de troubles ré-

pétés, Nkrumah est de nouveau arrêté le 21 janvier 1950, mais son parti est vainqueur aux élections municipales à Accra, à Koumassi et à Cape Coast.

En février 1951, aux élections fédé-

rales, le CPP obtient 34 sièges sur 80

et contrôle la majorité de l’Assemblée, et Nkrumah est triomphalement élu à Accra. Libéré, il devient Premier ministre en mars 1952 et lance dès 1953

la campagne pour l’indépendance de la Gold Coast au sein du Commonwealth.

Aux élections de juin 1954, le CPP

remporte 72 sièges sur 104, cependant que se constituent des groupes d’opposition, notamment, en pays achanti, le National Liberation Movement, animé downloadModeText.vue.download 291 sur 625

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol.14

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par le rival de Nkrumah, le docteur K. A. Busia. Les résultats sont identiques aux élections de 1956, et, le 6 mars 1957, la Grande-Bretagne accorde l’indépendance à la Gold Coast, qui va devenir le Ghāna*. Dès lors, Nkrumah fait figure de dirigeant pana-fricaniste, appelant à l’indépendance de toute l’Afrique (conférence des États africains indépendants en 1958

à Accra).

Le 24 décembre 1960, il proclame

l’union du Ghāna, de la Guinée et du Mali, dont l’existence sera précaire, mais il ne cessera d’oeuvrer pour l’unité et l’indépendance africaine (confé-

rence de Casablanca en janvier 1961) et, en 1963, il participe à la rédaction, à Addis-Abeba, de la charte de l’Organisation de l’unité africaine (O. U. A.).

Il adopte une politique neutra-

liste dans les affaires internationales, tout en opérant un rapprochement

avec le bloc communiste et en accusant les anciennes métropoles de

néo-colonialisme.

En 1960, un référendum concernant la nouvelle Constitution est approuvé, et Nkrumah est élu à la présidence de la République contre le docteur J. B. Danquah par 90 p. 100 des voix, fonction qu’il assumera avec celles de secrétaire général du CPP et de pré-

sident du Comité central de ce parti, devenant ainsi le seul maître du Ghāna.

Son action à l’intérieur vise essentiellement l’industrialisation massive et rapide du pays (aménagement du bassin de la Volta, port de Tema, etc.).

La planification, qui prend très vite une orientation socialiste, se heurte à de nombreux obstacles, et l’importance des dépenses de l’État (à l’indé-

pendance, la Grande-Bretagne laissait au Ghāna 500 millions de dollars, et, en 1966, la dette publique était de 250 millions de livres) entretient une opposition constante (nombreux attentats), durement réprimée, notamment vers 1964, au moment de la consécration du parti unique.

Cependant, en 1966, lors d’un

voyage de Nkrumah en Chine, le géné-

ral J. A. Ankrah s’empare du pouvoir.

Kwame Nkrumah accepte l’hospita-

lité de la Guinée et de Sékou Touré. Il meurt le 27 avril 1972 en Roumanie, où il était en traitement.

P.-B.

F Ghāna.

B. Timothy, Kwame Nkrumah (Londres, 1955). / K. Nkrumah, Ghana. The Autobiogra-phy of Kwame Nkrumah (New York, 1957) ; Neo-Colonialism, the Last Stage of Imperialism (Londres, 1965). / R. Segal, African Profiles (Harmondsworth, 1962). / J. Lacouture, Quatre Hommes et leurs peuples (Éd. du Seuil, 1969).

/ S. G. Ikoku, le Ghana de Nkrumah (Maspero, 1971).

F JAPON.

nobélium

F TRANSURANIENS.

noblesse

Classe dominante qui possède un statut juridique particulier, se perpétue par le sang et ne se renouvelle que selon des normes très parcimonieuses.

La noblesse en tant qu’ordre n’apparaît qu’à une date assez tardive, puisque c’est seulement en 1010 que l’évêque Adalbéron de Laon distingue au sein de la société trois ordres : ceux qui prient (les clercs), ceux qui combattent (les nobles), ceux qui travaillent (les autres). Et ce n’est qu’au XIIe s. que l’institution se précise et qu’au XIIIe s.

qu’elle se fixe.

Les origines

En réalité, le fait a précédé le droit, et le noble la noblesse. Traduction litté-

rale du latin nobilis, employé souvent sous la forme comparative nobilior, le mot noble désigne tout naturellement toute personne que ses qualités morales, intellectuelles ou autres rendent célèbre, placent hors du commun : ce sont donc les meilleurs (meliores, optimates) que distinguent en 990 les membres du concile de Charroux. Par là, ces derniers semblent bien distinguer tous ceux que leur genre de vie, leurs activités et leurs richesses situent au-dessus des autres à condition qu’ils disposent de la liberté totale ; en cela ils diffèrent de la masse des paysans, qui sont toujours plus ou moins dépendants d’un seigneur et ne peuvent donc, en aucun cas, faute de temps, accorder la moindre aide militaire ou judiciaire à ce dernier. À condition auss que la fixité de leur état social (Robert Fossier) consacre définitivement leur supé-

riorité héréditaire au sein de la société.

En fait, il s’agit là d’une aristocratie qui s’institutionnalise, qu’il y ait ou non continuité biologique et idéologique entre les principes de Tacite, qui se distinguaient du reste de la population par le sang et par le statut, et les nobiles du haut Moyen Âge, et quelle que soit la source première de l’excellence de cette aristocratie : militaire (Francs), palatine (Goths) ou foncière (Gaulois, Italiens).

La noblesse de fait

Originelle ou non, la possession de biens fonciers apparaît comme inhé-

rente à la condition nobiliaire. Sans les revenus de la terre, il est impossible, en effet, d’assurer l’éducation coûteuse du jeune noble, impossible surtout de pratiquer les dispendieuses « occupations » qui confirment sa dignité : la chasse, la guerre, les tournois, qui sont les substituts apparemment pacifiques de cette dernière.

Classe terrienne, la noblesse se

confond donc d’abord avec la classe seigneuriale. Elle englobe des proprié-

taires alleutiers ou des hommes engagés dans les biens de dépendance de la vassalité. Elle dispose non seulement de la richesse, mais aussi des pouvoirs de commandement ; ceux-ci orientent ses activités vers la guerre, dont, à partir du milieu du XIIe s., les lois finissent par lui réserver le monopole exclusif, en tentant de restreindre à son seul profit le port d’armes.

En fait, toujours secondé par des soldats d’occasion (contingents ruraux ou mercenaires), le « noble » est avant tout un miles qui a pour fonction propre de se battre.

Véritable et seul guerrier professionnel, il ne se déplace et ne combat, en général, qu’à cheval, en utilisant un armement complet, à la fois offensif (lance, épée, parfois masse d’arme) et défensif (heaume protégeant la tête, haubert en tout ou partie métallique recouvrant le corps, bouclier rond ou triangulaire : l’écu). Le métier des armes, qui est acquis au terme d’une éducation militaire très poussée, consacrée par l’adoubement, entraîne l’identification naturelle du noble au chevalier.

Seigneuriale, féodale et chevale-

resque, la noblesse constitue finalement un groupe aristocratique, doté d’un statut juridique et détenteur, à des niveaux divers, de ces privilèges de fait que sont la fortune, la force et la justice. Désireuses de s’en réserver la jouissance et donc préoccupées, avant tout, d’assurer l’unité de leur patrimoine et de renforcer leur cohésion, facteurs qui conditionnent également leur survie économique et politique, les familles (ou lignages) nobles pra-

tiquent une double politique d’association et de restriction des mariages qui leur permet de lutter contre les consé-

quences successorales désastreuses du croît démographique entre le XIe et le XIIIe s.